Politiques publiques

Réduire la consommation de boissons sucrées: quelles sont les interventions les plus efficaces?

Le 27 juillet 2017

Les programmes destinés à susciter un changement de comportement pour diminuer la consommation de boissons sucrées sont d’une efficacité limitée qui varie selon les groupes d’âge, révèle une vaste étude.

Pour parvenir à ces conclusions, des chercheurs ont recensé les résultats de 40 études, réalisées dans 15 pays et englobant 16 500 participants, dans le cadre d’une méta-analyse. Résultat : les enfants recrutés dans ces programmes visant à modifier leur comportement avaient réduit leur consommation de boissons sucrées de 30 %. Dans le cas des adolescents, cette diminution n’était que de 10 %, tandis qu’elle s’est révélée non significative chez les adultes.

Les interventions les plus prometteuses

Les chercheurs ont découvert que les interventions en milieu scolaire – qui visent à sensibiliser les jeunes aux quantités de sucres contenues dans les boissons et aux dangers liés à leur surconsommation, ainsi qu’à l’importance de boire plus d’eau – sont moins efficaces que celles qui se déroulent en milieu familial. Pour obtenir de meilleurs résultats, l’étude suggère le jumelage des 2 types d’intervention.

D’autre part, les interventions qui semblent avoir donné les meilleurs résultats reposaient sur des exemples de comportements sains (moins de boissons sucrées, plus d’eau) offerts par des « personnes modèles » que les enfants aiment et admirent, comme, par exemple, leurs parents.

Des stratégies intégrées

Le fait que les adultes demeurent plutôt insensibles à ces programmes de sensibilisation inquiète les chercheurs. D’autant plus que, tous groupes d’âge confondus, les gens consomment de 2 à 3 fois trop de sucre dans une journée. Les chercheurs rappellent que la prévalence de l’obésité et la hausse des cas de diabète posent d’énormes problèmes de santé publique.

Devant l’urgence d’agir, les auteurs de l’étude constatent que les interventions qui portent sur les changements de comportement ne suffisent pas à elles seules. Elles doivent s’accompagner de mesures propres à modifier les environnements dans lesquels les gens évoluent. Les chercheurs recommandent ainsi de rendre les boissons gazeuses moins accessibles et moins attrayantes par l’imposition de taxes. Ils prônent aussi une réglementation plus sévère de la publicité qui en fait la promotion. Enfin, ils suggèrent de rendre l’eau potable encore plus accessible.

Selon les chercheurs, il est du devoir des scientifiques, des autorités de santé publique et des décideurs de travailler ensemble afin de tout mettre en œuvre pour que l’eau potable devienne plus accessible, tout particulièrement dans les écoles, ainsi que leur voisinage, et de taxer les boissons sucrées.

Source : Eurekalert