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Activité physique des adolescents: nouvelles données québécoises

Le 24 mars 2020

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C’est un portrait en demi-teinte que brosse l’Institut national de santé publique du Québec sur les niveaux d’activité physique des jeunes Québécois de 12 à 17 ans durant leurs loisirs. Et c’est la preuve qu’il faut maintenir, voire augmenter les efforts pour que nos jeunes soient physiquement plus actifs.

Cette étude de l’INSPQ se base sur les informations fournies par l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC). Son objectif était de quantifier la pratique d’activités physiques aérobies, ce qui se traduit dans le langage courant par des activités « cardio » ou d’endurance, comme la marche rapide, le jogging, la natation ou la bicyclette. Et d’établir la proportion de jeunes qui satisfont aux recommandations établissant à 60 minutes la pratique quotidienne d’activités physiques d’intensité moyenne à élevée.

Selon les données recueillies, près de 41 % des jeunes de 12 à 17 ans atteignaient le niveau recommandé. Environ 22 % étaient moyennement actifs et 37 % étaient peu ou pas actifs. L’étude permet par ailleurs de constater que les garçons (46 %) étaient plus actifs que les filles (35 %) et que les filles peu ou pas actives étaient plus nombreuses (42 %) que les garçons (33 %).

Évolution de 2003 à 2013-2014

Lorsque l’on compare les niveaux d’activité physique sur la période de 2003 et 2013-2014, on constate que la proportion d’actifs chez les 12-17 ans est demeurée stable. Par contre la proportion des « moyennement actifs » a diminué, pour passer de 28 % à 22 %. Et donc, celle des « peu ou pas actifs » a augmenté, pour passer de 31 % à 37 %.

Sans être alarmants, ces résultats déçoivent quand on songe à tous les programmes qui ont été mis en place au cours de ces mêmes années. L’INSPQ mentionne par exemple le Programme gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie « Vas-y, fais-le pour toi ! » (2004), le Défi Santé (2005), le Grand Défi Pierre Lavoie (2005), et le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique (2006).

D’autre part, la Politique de l’activité physique, du sport et du loisir «  Au Québec, on bouge ! »1 et la Politique gouvernementale de prévention en santé 2  souhaitent toutes deux augmenter de 20 % la proportion de jeunes qui atteignent le volume recommandé d’activité physique durant leurs temps libres d’ici quelques années. Un défi de taille si on en juge l’évolution observée au cours de la dernière décennie. À cet égard, l’INSPQ soupçonne que le temps-écran rogne trop souvent celui consacré aux activités physiques des jeunes.

Enfin, si l’INSPQ reconnaît quel des efforts importants ont été réalisés au cours des dernières décennies afin d’augmenter la pratique chez les filles, ce qui s’est d’ailleurs traduit en des améliorations intéressantes à la fin des années 1990, force est de constater que l’écart persiste avec les garçons. Et donc que les programmes qui s’adressent spécifiquement aux filles doivent non seulement être maintenus, mais sans doute bonifiés.

Source : Institut national de santé publique du Québec

1 Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

2 Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

 



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