Persévérance scolaire

Récréations obligatoires pour les écoles primaires dès la rentrée d’automne

Le 12 février 2019

Télécharger le PDF

Les écoles primaires du Québec seront tenues, à compter de l’automne prochain, de mettre à leur programme deux périodes consacrées à la récréation de 20 minutes chacune, le matin et l’après-midi.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, dans le cadre d’une conférence de presse donnée aujourd’hui à l’école primaire Montagnac, à Lac-Beauport, a annoncé son intention de modifier le Régime pédagogique actuel de manière à spécifier la durée des récréations pour que les écoles soient obligées de les offrir à tous les enfants. « Cette mesure, a-t-il déclaré, témoigne de notre volonté de favoriser la réussite scolaire en tenant compte de tous les aspects qui l’influencent. Les enfants ont besoin de jouer dehors, de bouger et de se détendre pour bien réussir à l’école. »

Pour le kinésiologue Félix Berrigan, professeur à l’Université de Sherbrooke, voilà une bonne nouvelle. Un pas dans la bonne direction. Il se réjouit, entre autres, de constater que l’on met de l’avant des périodes de récréation « standard » où les enfants seront libres de jouer dans la cour d’école. « Les études le montrent, précise-t-il : les jeunes sont beaucoup plus actifs physiquement lorsqu’ils sont à l’air libre plutôt que confinés à l’intérieur. Et, autre aspect à ne pas négliger, le fait d’être dehors permet aux élèves de plus facilement tisser des liens, de mieux socialiser. C’est un autre bienfait non négligeable ! » 

La ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, quant à elle, a déclaré que : « des récréations d’au moins 20 minutes favoriseront la mémoire, l’attention des enfants, sans parler de leur motivation et de leur plaisir d’aller à l’école ». En effet, précise Félix Berrigan : « notre capacité d’attention, lorsqu’elle est fortement sollicitée, diminue avec le temps. Alors, le fait de passer d’une activité formelle, à une autre plus informelle, permet de relâcher une partie de la pression, et d’être en de meilleures dispositions pour se concentrer de nouveau. »

Retour vers le futur ?

Quand on fait remarquer à Félix Berrigan que, jadis, les récréations, sauf exception, se déroulaient toujours à l’extérieur, il explique que, avec le temps, le milieu scolaire s’est retrouvé soumis à toutes sortes de pressions. « Je pense par exemple à des pressions d’abord sur les jeunes, mais aussi sur les enseignants en matière de rendement de leurs élèves, et qui à la longue en sont venus à empiéter sur le temps alloué aux récréations. En plus, très souvent, le temps mis pour les changements de vêtements était inclus dans la période de 15 minutes, ce qui fait que tout cela devenait inutile et qu’on en venait à le remplacer par d’autres activités. Or, dans l’annonce d’aujourd’hui, je comprends que les 20 minutes excluent justement le temps pris par l’habillage. »

Toutefois, Félix Berrigan reconnaît que l’implantation de ces périodes de récréation risque de poser quelques défis supplémentaires à plusieurs établissements scolaires, notamment en matière de réaménagement des horaires, mais aussi, et surtout, en ce qui concerne l’entretien des cours d’école qui, avec notre climat changeant, peuvent vite devenir impraticables. D’ailleurs questionné à ce propos, le ministre de l’Éducation a affirmé que son gouvernement débloquera bientôt des fonds pour « le réaménagement et l’entretien » des cours d’école. À suivre…



Télécharger le PDF