Cultivé à Côte-Saint-Luc

Charte alimentaire pour des aliments sains et abordables

Le 15 juin 2015

La Ville de Côte-Saint-Luc a adopté en 2013, une charte alimentaire qui favorise l’accès à des aliments sains et abordables pour tous les résidants.

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Coordonnatrice en agriculture urbaine à Côte-Saint-Luc, Laurence Fauteux a présenté la démarche et les bons coups de la municipalité le 4 juin, au cours d’un forum sur le thème de l’accès à une alimentation saine, organisé par Vivre en ville1.

La charte alimentaire de Côte-Saint-Luc est une initiative de la directrice de la ville et de la directrice de la bibliothèque, qui s’intéressent de près aux pratiques alimentaires innovantes. Celles-ci ont décidé de passer à l’action, car aucun organisme communautaire n’œuvrait en sécurité alimentaire et il n’existait pas de table de concertation dans la municipalité.

Faire collaborer les services municipaux

Après avoir notamment assisté au Sommet de l’agriculture urbaine de Toronto, en 2012, les deux femmes ont créé un groupe de travail formé d’un représentant de chacun des services municipaux suivants :

  • Travaux publics;
  • Aménagement urbain;
  • Loisirs et parcs;
  • Communications;
  • Bibliothèque.

Appuyé par une consultante de l’organisme Alternatives, ce comité a élaboré la charte alimentaire de la ville, ainsi qu’un plan d’action qui a été approuvé et financé par la municipalité. « La charte donne une légitimité à tous les projets reliés à l’agriculture urbaine, comme l’initiation des résidants au jardinage ou le soutien des cultivateurs locaux », a expliqué Laurence Fauteux.

Des réalisations qui répondent à des besoins diversifiés

Parmi les réalisations « alimentaires » de Côte-Saint-Luc, on compte :

  • La création de 2 jardins communautaires, avec l’objectif d’en implanter un dans chacun des 9 districts de la municipalité.
  • Un jardin de démonstration très populaire, situé derrière la bibliothèque. La ville y organise des ateliers gratuits de jardinage, dont certains sont destinés spécifiquement aux enfants, aux personnes âgées et aux femmes. Ce jardin accueille aussi des écoles et des garderies.
  • Un marché fermier où la municipalité offre des activités pour les enfants et des démonstrations culinaires.
  • Des points de chute pour les produits de la ferme Lufa et du regroupement d’achats Bonne Boîte Bonne Bouffe.
  • Des aménagements paysagers comestibles à vocation éducative situés sur des terrains publics non utilisés. Ces aménagements permettent aux résidants de goûter à de nouveaux aliments et sont munis d’écriteaux qui sensibilisent les gens au jardinage et à l’agriculture urbaine.
  • Des ateliers de jardinage avancés.
  • Une distribution annuelle de plants de tomate gratuits.

« Pour que les citoyens passent à l’action, il faut, avant tout, leur montrer comment faire. Très souvent, ils n’ont besoin que d’un petit coup de pouce, a souligné Laurence Fauteux. Toutes nos initiatives visent à améliorer l’offre alimentaire, mais aussi à les sensibiliser à l’alimentation et au cycle alimentaire en général ».  Elle a également montré, cartes à l’appui, que les projets grignotaient peu à peu les déserts alimentaires de la municipalité, dont la population compte 28 % de citoyens âgés de 65 ans et plus et près de 11 % de personnes nouvellement immigrées.

Des aspects à renforcer

Avec l’expérience acquise depuis 2013, la ville de Côte-Saint-Luc a pu constater que certains aspects de la démarche alimentaire gagneraient à être améliorés.

« Nous fonctionnons actuellement par projets, mais nous prévoyons adopter une démarche plus systémique en intégrant l’agriculture urbaine dans la législation municipale. Nous voulons aussi consulter les citoyens plus tôt dans notre processus décisionnel et faire plus de réseautage », a précisé Laurence Fauteux.

Les projets en alimentation de Côte-Saint-Luc ont du succès. « Le nombre de citoyens qui s’impliquent dans les projets augmente, ainsi que le nombre de résidants impliqués dans plusieurs projets », s’est réjouie Laurence Fauteux. La municipalité a aussi prévu de financer l’évaluation des effets de cette démarche alimentaire.

1. L’organisme Vivre en ville a tenu un forum sur le thème de l’accès à une alimentation saine. Intitulé Placer l’alimentation au cœur des quartiers montréalais, cet événement a rassemblé plus de 150 personnes le 4 juin, à la Grande Bibliothèque. Vivre en Ville, organisme d’intérêt public, travaille depuis 1995 au développement de collectivités viables. Elle a pour mission d’accompagner les décideurs en matière d’urbanisme, de mobilité, de verdissement, de design urbain, de politiques publiques et de développement durable.



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