Montréal

Conseil des politiques alimentaires: une première au Québec

Le 1 septembre 2016

À la suite d’un processus de consultation publique, le Comité exécutif de la Ville de Montréal a récemment donné son aval à la création d’un conseil des politiques alimentaires « dont la raison d’être serait le droit de tous les Montréalais à une alimentation saine ».

Un conseil de politique alimentaire (CPA) est généralement une organisation bénévole qui rassemble tous les acteurs du système alimentaire. Sa mission : examiner le fonctionnement d’un système alimentaire et fournir des idées, des moyens et des recommandations sur la façon de l’améliorer1. Un CPA permet d’avoir une vision globale et de mettre en place des actions concertées.

« C’est une très bonne nouvelle, se réjouit Ghalia Chahine, coordonnatrice du Système alimentaire montréalais (SAM). Au cours de l’examen public, plus de 30 mémoires ont été déposés, ce qui démontre l’intérêt porté aux enjeux alimentaires de Montréal. »

14 recommandations et 3 enjeux prioritaires

C’est la Commission permanente sur le développement social et la diversité montréalaise qui a mené le dossier concernant la pertinence pour Montréal de se doter d’un conseil des politiques alimentaires (CPA). Elle a soumis 14 recommandations, dont la plupart ont été acceptées par le Conseil exécutif.

Le CPA commencera son mandat en abordant 3 enjeux prioritaires :

  • la sécurité et la solidarité alimentaires des personnes vulnérables;
  • l’accès à une saine alimentation pour tous;
  • le système alimentaire montréalais.



Le rôle du conseil des politiques alimentaires

Le CPA de l’agglomération montréalaise jouera un rôle d’expert-conseil auprès des décideurs municipaux de l’agglomération montréalaise. Il aura pour mission de « proposer des politiques, des orientations, des principes directeurs, des modifications réglementaires ou des programmes qui favorisent le développement d’un système alimentaire plus équitable, durable et collectif ».

Le CPA sera composé de représentants de l’ensemble des acteurs du système alimentaire dans les domaines social, économique et de santé publique. Les secteurs privé, communautaire et universitaire seront aussi parties prenantes. « Le conseil exécutif a aussi insisté sur l’importance d’une représentation citoyenne », précise Ghalia Chahine.

Des arguments de poids pour un CPA montréalais

Parmi les points soulignés pour recommander la création d’un CPA, la Commission permanente a mentionné l’adhésion de Montréal, en 2015, au Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan.

De plus il y a eu quasi unanimité parmi les 30 participants experts à la consultation, qui sont convaincus que les enjeux alimentaires de Montréal doivent être abordés de façon concertée plutôt qu’en silos.

Et le SAM?

Jusqu’à présent, 35 partenaires travaillaient sur une vision commune et cohérente dans le cadre du Système alimentaire montréalais (SAM). « Pour éviter les dédoublements, les acteurs actuels du SAM considèrent qu’une fusion avec le CPA montréalais serait tout à fait envisageable », explique Ghalia Chahine.

Le CPA de l’agglomération montréalaise est une première au Québec. Des CPA sont déjà actifs dans une trentaine de villes et régions du Canada, dont celui de Toronto, créé en 1991.

 

1. Définition d’un CPA proposée par le Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé (CCNPPS).