Alimentation durable

Agriculture urbaine et de proximité : 5 pistes d’action pour les municipalités

Le 23 mars 2017

Les municipalités et les MRC, quelle que soit leur taille, sont des acteurs de premier plan dans le développement de l’agriculture urbaine et de proximité.

Télécharger le PDF

Les avantages de ce type d’agriculture, pour une municipalité, sont très nombreux puisqu’ils contribuent à améliorer la santé et la qualité de vie des citoyens, à renforcer l’activité économique locale, à embellir les quartiers, à réduire les îlots de chaleur, etc.

Ce secteur d’activité connaît un essor important, ici comme ailleurs, car les élus et les citoyens sont de plus en plus sensibles aux enjeux en matière de hausse des prix des aliments, d’autonomie alimentaire et de développement durable.

Les municipalités devraient s’intéresser de près à l’agriculture urbaine, car elle constitue un approvisionnement alimentaire complémentaire qui profite au mieux-être de la collectivité de multiples façons. Le développement d’une agriculture urbaine permet d’atteindre plusieurs objectifs avec une seule action.
Éric Duchemin, PhD, professeur associé, Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM

Voici comment les municipalités peuvent agir :

  1. Soutenir l’agriculture urbaine pratiquée par les citoyens et les institutions

Pour inciter les citoyens à jardiner, une municipalité peut mettre en place plusieurs mesures simples :

  • Informer et former les citoyens en organisant des ateliers de sensibilisation au jardinage, ou en soutenant les organismes communautaires qui offrent déjà ce type de rencontres.
  • Stimuler la création et l’expansion des jardins communautaires et collectifs, en fournissant de l’espace, des équipements et du soutien organisationnel (guide de démarrage, par exemple).
  • Protéger des pressions immobilières les terrains consacrés à l’agriculture urbaine et de proximité.
  • Permettre aux citoyens et aux institutions (écoles, hôpitaux, foyers pour personnes âgées, groupes communautaires) de cultiver les terrains municipaux vacants, de façon traditionnelle ou à l’aide de bacs hors-sol.
  • Planter des arbres fruitiers dans les parcs et les terrains municipaux et permettre aux citoyens et aux groupes communautaires d’en faire la récolte.
  1. Favoriser l’implantation de fermes et de jardins urbains commerciaux

Les municipalités disposent de plusieurs leviers pour favoriser les activités des fermiers urbains :

  • Modifier le règlement d’urbanisme pour autoriser l’exploitation de fermes urbaines commerciales au sol ou sur les toits.
  • Dresser un inventaire des lots vacants, des toits et des terrains publics favorables à l’agriculture urbaine, afin d’en évaluer le potentiel de production.
  • Offrir des incitatifs fiscaux aux fermiers urbains.
  • Réduire les taxes foncières des propriétaires qui dédient leur terrain à l’agriculture urbaine pendant au moins 5 ans.
  1. Créer des liens avec les producteurs locaux et régionaux

Actuellement, l’agriculture urbaine ne permet pas à une ville, quelle que soit sa taille, de s’autosuffire en matière de produits frais. Toutefois, de plus en plus de municipalités sont engagées dans des projets visant un approvisionnement plus local (zone urbaine et périurbaine), notamment en soutenant la création de marchés publics, mobiles et solidaires et en aménageant leurs abords pour en faciliter l’accès de différentes façons :

  • apaisement de la circulation ;
  • amélioration du service de transport en commun ;
  • mise en place de voies piétonnières et de pistes cyclables sécuritaires et bien éclairées.
  • installation de supports à vélo ;
  • permettre l’accès des marchés mobiles à la voie publique.

Les municipalités peuvent aussi faciliter la livraison des paniers hebdomadaires du réseau de l’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) en mettant des lieux à la disposition des producteurs : parvis de la bibliothèque, local de l’écoquartier, etc.

  1. Intégrer l’agriculture urbaine aux projets d’aménagement et de développement

Tous les experts de l’agriculture urbaine s’entendent sur le fait qu’elle doit être, par défaut, être intégrée aux politiques et outils de planification d’une municipalité, par exemple :

  • le plan de développement durable
  • le plan d’urbanisme et même le schéma d’aménagement et de développement
  • la politique de développement social
  • la politique de la famille et des aînés
  • la politique familiale
  1. Améliorer le système alimentaire local et régional

L’agriculture urbaine et de proximité est un des éléments du système alimentaire d’une municipalité ou d’une région. Pour favoriser une réflexion et des actions cohérentes visant à rendre le système alimentaire plus local, durable et axé sur la santé, les élus peuvent :

  • Adopter une charte ou une politique alimentaire.
  • Créer un comité permanent, présidé par un élu, qui traite des enjeux alimentaires.
  • Soutenir la création d’un conseil de politique alimentaire.

 

NDLR : Cette fiche est une adaptation de la fiche « Agriculture et saine alimentation: les municipalités et les OBNL au cœur de l’action », à l’origine publiée sur le portail Veille Action, aujourd’hui devenu 100°.



Télécharger le PDF