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Concevoir un mode de vie sain: plaidoyer de l’administratrice en chef de la santé publique

Le 1 novembre 2017

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Une nouvelle voix s’ajoute à toutes celles qui plaident en faveur d’environnements plus favorables à la santé, comme en fait foi le rapport « Concevoir un mode de vie sain » que vient de publier l’administratrice en chef de la santé publique du Canada.

jouer dehors

Dans son mot d’introduction, la Dre Theresa Tam tient à rappeler que les maladies chroniques comme le diabète, le cancer et les maladies cardiovasculaires sont les principales causes de décès au Canada. Elle souligne en outre que l’augmentation des taux de diabète de type II peut être considérée comme un signal d’alarme de l’état de santé des Canadiens. Or, cette tendance peut être renversée par l’adoption d’un mode de vie sain, d’autant plus si les environnements sont favorables à la pratique d’activité physique et à une alimentation équilibrée.

L’amélioration de la santé publique et la prévention des maladies par la modification de notre milieu est solidement fondée, soutient la Dre Theresa Tam. Et c’est l’une des raisons d’être de ce rapport : sensibiliser les Canadiens à cette réalité. De plus, le rapport a pour objectif de favoriser le dialogue entre les nombreuses disciplines appelées à participer à la conception de nos quartiers.

Des quartiers vivants

Après avoir réalisé une imposante revue de la littérature, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada conclut que la modification du milieu bâti peut être un moyen rentable d’accroître l’activité physique. D’ailleurs, les preuves ne sont plus à faire. Les quartiers denses où l’on peut vivre, travailler, s’approvisionner et jouer à distance de marche sont synonymes de populations actives et en santé, aussi bien physique que mentale.

D’autre part, si les facteurs qui ont une influence sur les choix alimentaires des individus sont nombreux et plus complexes à analyser, il ne fait pas de doute que l’accessibilité d’aliments frais et sains à des prix abordables contribue nettement à de meilleures habitudes alimentaires.

Enfin, de tels quartiers favorisent l’adoption de saines habitudes de vie chez les jeunes, que ce soit grâce au transport actif vers l’école, au jeu libre dans les parcs ou dans les rues et à leurs interactions avec les membres d’une communauté dont le milieu de vie est propice à l’épanouissement de tous.

La santé au cœur de toutes les politiques

Concevoir des collectivités qui favorisent un mode de vie sain exige que les responsables de la santé publique collaborent étroitement avec des urbanistes, des ingénieurs de la circulation, des architectes et des décideurs de tous les niveaux et que tous adoptent une approche axée sur la santé de la population.

Pour l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, seule une collaboration multisectorielle sera en mesure de parvenir au point d’équilibre permettant d’améliorer la santé de tous les Canadiens, de réduire les iniquités en matière de santé et de prévenir les comportements malsains qui nuisent à la santé mentale et physique.

Si une bonne partie des interventions en ces matières peuvent être réalisées à l’échelle locale, le rapport souligne toutefois que le concours des lois, politiques et règlements provinciaux, territoriaux et fédéraux, sera requis dans des secteurs comme les transports publics ou pour l’adoption de politiques en matière de planification municipale.

À ce chapitre, le rapport cible tout particulièrement l’étalement urbain auquel il est urgent de s’attaquer. D’ailleurs, 3 grandes villes canadiennes sont citées en exemple pour avoir mis en place des initiatives visant à intégrer un mode de vie sain dans l’aménagement de leur collectivité : Vancouver, Toronto et Montréal. Cette dernière se distingue, peut-on lire, par ses réseaux de transport structurants, efficaces et bien intégrés au tissu urbain, par un patrimoine bâti, archéologique et naturel valorisé, ainsi que par un environnement sain.

Appel à l’action

L’administratrice en chef de la santé publique termine son rapport en insistant sur l’importance de saisir chaque occasion afin de concevoir des environnements favorables à l’adoption de saines habitudes de vie. Et elle invite tous les acteurs du milieu à mettre en application les 6 mesures suivantes :

  • Tenir compte de la santé des populations
  • Éviter d’accentuer les iniquités en matière de santé
  • Évaluer les effets sur la santé
  • Renforcer les approches existantes, partager les leçons apprises et les pratiques exemplaires
  • Collaborer en vue de la collecte de données normalisées et de la mobilisation des citoyens
  • Innover pour faire en sorte que les choix santé deviennent les choix les plus faciles

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