Transport actif

Le gouvernement du Québec dévoile sa toute première Politique de mobilité durable

Le 17 avril 2018

Télécharger le PDF

Aujourd’hui, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, André Fortin, ont dévoilé la Politique de mobilité durable : Transporter le Québec vers la modernité. Compte-rendu de 100º.

Dans son allocution, le premier ministre a dit souhaiter que le Québec, d’ici 2030, devienne un leader nord-américain de la mobilité durable et intégrée. D’ailleurs, a-t-il souligné, le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions avec un budget de 9,7 milliards de dollars. En effet, plusieurs des cibles visées par cette Politique sont ambitieuses.

  • Réduction de 20 % du temps de déplacement moyen domicile-travail
  • Réduction de 20 % des dépenses brutes des ménages allouées au transport
  • Diminution de 20 % des déplacements effectués en auto solo
  • Accès, pour 70 % de la population à au moins 4 services de mobilité durable
  • Réduction de 40 % de la consommation de pétrole en transport sous le niveau de 2013
  • Réduction de 37,5 % des émissions de GES en transport sous le niveau de 1990
  • Réduction des coûts associés à la congestion pour les entreprises des régions métropolitaines de Montréal et de Québec

Des mesures structurantes

Toujours selon le premier ministre, l’augmentation de l’efficacité et de l’offre de transport devrait permettre de réduire de 25 % le nombre d’accidents mortels ou avec blessés graves. « En améliorant la mobilité des personnes, on a une action véritablement structurante sur le Québec, en toute cohérence avec une économie prospère et des communautés saines, a ajouté monsieur Couillard. » Il a ensuite soutenu que : « Nous allons transformer la manière dont les gens se déplacent au Québec (…) tant en région qu’en milieu urbain. (…) et tous ces grands projets seront la Baie-James de notre époque ! »

Promouvoir le transport actif

André Fortin, le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports a quant à lui tenu à remercier tous les acteurs du milieu qui ont été partie prenante de la cocréation de cette Politique de mobilité durable pour qu’elle soit justement à l’image de l’ensemble des Québécois. Il a rappelé que nous ne sommes plus à l’époque du ministère de la Voirie, mais que nous sommes maintenant à l’ère de la mobilité intelligente qui permet de combiner plusieurs modes de transport différents pour assurer les déplacements rapides et sécuritaires des personnes.

«D’abord, a expliqué André Fortin, il faut améliorer l’accessibilité à la mobilité durable pour tous les Québécois (…). Nous devons donc offrir plus d’options à de plus faibles coûts. Il faut améliorer les connexions entre les différents modes de transport, s’assurer que les réseaux se complètent, et surtout que l’utilisateur s’y retrouve facilement et puisse payer son passage rapidement et simplement. »

Le ministre Fortin, en plus d’insister sur l’importance de l’électrification des transports pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, a aussi plaidé pour l’amélioration des infrastructures de transport actif. « Fini l’époque où on planifiait une nouvelle route et où, 10 ans plus tard, on se demande pourquoi il n’y a pas de piste cyclable. Il faut le faire pour notre santé, pour notre environnement. (…) Difficile de trouver un meilleur moyen de transport que le transport actif. Mais pour que plus de citoyens l’adoptent, il faut le promouvoir. Il faut le développer avec des infrastructures additionnelles et des infrastructures qui sont sécuritaires. »

Une vision intégrée

Christian Savard, de Vivre en Ville, ne cache pas sa satisfaction à l’endroit de cette première Politique de mobilité durable qui s’articule autour d’une vision intégrée des différents modes de transport. Il salue en outre une approche qui vise à diminuer nos besoins de déplacements. « Et ça passe notamment à travers l’aménagement du territoire, précise-t-il. Comment on construit nos villes… car c’est la source de nos déplacements. Si les lieux qu’on fréquente sont près l’un de l’autre, on peut marcher, prendre son vélo ou le transport collectif. »

En ce qui concerne d’ailleurs le transport collectif, Christian Savard se dit enchanté de constater que le gouvernement s’est fixé pour objectif d’en augmenter la part modale afin de diminuer l’utilisation de l’auto solo. Il s’agit selon lui d’une des cibles les plus ambitieuses de cette approche qu’il juge cohérente. Par ailleurs, il se réjouit des forums qui seront tenus chaque année sous l’égide du ministère. « J’ai participé au comité consultatif, et c’était un de nos soucis de s’assurer que les objectifs fixés soient réellement atteints. Avec ces rendez-vous annuels, on espère pouvoir faire le suivi de la mise en application de la Politique. »

Une politique ambitieuse… à suivre

Pour Jeanne Robin, porte-parole de Piétons Québec, c’est une journée qui fait date. « On se donne des objectifs ambitieux à réaliser en 12 ans, ce qui est somme toute assez court. Des objectifs à la hauteur des besoins, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais, maintenant, c’est aujourd’hui que le travail commence. On vient de se donner une vision : il va falloir la mettre en œuvre ! Ce qui va impliquer la mobilisation de nombreux acteurs. »

Le fait que cette Politique ait été présentée par le premier ministre est un signe encourageant, souligne Jeanne Robin. Même si ce n’est pas véritablement une surprise, car c’est une Politique majeure. « La mobilité, ça touche quand même beaucoup de domaines, aussi bien la santé que le secteur économique… En fait, toute la société est concernée. Alors la présence du premier ministre envoie un bon message. » D’ailleurs, elle constate, avec satisfaction que, au chapitre de l’augmentation de l’offre de service en transports collectifs, les montants prévus sont conséquents.

100º va bien sûr suivre attentivement la mise en application de cette Politique.



Télécharger le PDF