Milieu scolaire

Programme Farm to School: des retombées positives sur l’économie locale

Le 1 novembre 2017

En plus de favoriser l’adoption de saines habitudes alimentaires chez les jeunes, le programme américain Farm to School a des effets positifs sur la santé de l’économie locale.

Deux études préliminaires récentes ont donné des résultats positifs quant aux retombées économiques locales du programme Farm to School (FTS). L’intérêt de ces résultats repose sur le fait que les chercheurs ont utilisé des données et des méthodes de calcul plus probantes qu’auparavant pour évaluer ces retombées.

Pour comprendre le contexte, il faut savoir que FTS poursuit des objectifs de santé publique, mais a également des visées économiques. Les repas sains, les activités éducatives et les jardins scolaires font partie de sa mission, mais le programme vise aussi à permettre aux petites et moyennes fermes d’avoir accès au marché institutionnel. Mentionnons qu’aux États-Unis, 42 600 écoles ont participé à au moins un des volets du programme durant l’année 2013-2014, ce qui a généré 790 M$ US en achats alimentaires locaux.

Quels sont les effets économiques des achats générés par ce programme par rapport à ceux d’un approvisionnement traditionnel? Voilà la question que se sont posée les chercheurs de l’Université d’État du Colorado.

Minneapolis et la Géorgie

Les chercheurs se sont penchés sur le cas de la commission scolaire de Minneapolis (MPLS), où 63 écoles s’approvisionnent localement, et sur celui de la Géorgie où 112 écoles publiques sur 180 font de même. Les résultats, résumés dans le tableau suivant, sont positifs, particulièrement au chapitre de l’emploi.

Que reste-t-il dans l’économie locale?

Comme le montre le graphique ci-dessous, sur 100 $ dépensés dans le cadre du programme FTS à Minneapolis, 82 $ restent dans la région, contre 70 $ dans le cas d’un approvisionnement traditionnel. L’effet est moins marqué dans le cas de la Géorgie, soit 82 $ contre 79 $.

Une méthodologie plus fiable

Jusqu’à présent, la méthodologie des quelques études publiées sur les effets économiques du programme FTS laissait à désirer. Le National Farm to School Network et l’Université d’État du Colorado ont donc uni leurs efforts pour mettre au point des outils de mesure plus rigoureux.

Prendre en compte le maximum de facteurs

En se basant sur deux guides publiés en 2016 et 20171,2 les auteurs du rapport ont mis au point des outils adaptés au programme Farm to School afin d’en mesurer adéquatement tous les effets économiques locaux, soit :

  • Les effets directs, c’est-à-dire les revenus additionnels des fermiers et des distributeurs locaux qui sont générés par les achats des écoles.
  • Les effets induits, c’est-à-dire l’augmentation des dépenses locales générée par les revenus supplémentaires des employés et des propriétaires de fermes ou d’entreprises de distribution.
  • Les effets indirects, c’est-à-dire les achats additionnels des fermes ou des distributeurs auprès de leurs fournisseurs (intrants, équipements, semences, etc.).
champ avoine

Les calculs des chercheurs sont poussés et tiennent compte, par exemple, de l’effet de « déplacement » des achats : lorsqu’une école ou une commission scolaire change ses politiques d’achats, certains distributeurs et fermes qui ne font plus partie des fournisseurs perdent des revenus.

Un bon outil de promotion

Les auteurs du rapport considèrent que cette méthode d’évaluation, basée sur des données plus fiables qu’auparavant, est un très bon outil pour promouvoir le déploiement à plus grande échelle du programme FTS.

Le rapport contient une mine d’autres informations qui valent le détour et a fait l’objet d’un récent webinaire.

Source : Christensen L.O., Jablonski B.B.R., Stephens L., Joshi, A. (2017). Economic Impacts of Farm to School: Case studies and assessment tools. National Farm to School Network.



D’autres effets positifs du programme Farm to School

Dans un sondage mené en 2015 par le Département de l’Agriculture des États-Unis, 75 % des écoles qui participaient au programme FTS ont rapporté qu’elles avaient profité d’au moins une des 5 retombées positives suivantes :

  • une diminution des aliments gaspillés dans les assiettes des écoliers;
  • une diminution de 17 % des coûts d’approvisionnement en denrées alimentaires;
  • une augmentation de 28 % dans l’adoption, par les jeunes, des repas santé;
  • une participation accrue de 39 % des parents et des membres de la communauté pour l’amélioration des repas à l’école.

Crédits photos : page Facebook de Farm to School