Rentabilité des interventions

Transport actif vers l’école: les programmes «Safe Routes to School» sont rentables

Le 4 mai 2015

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Les programmes Safe Routes to School (SRTS), qui favorisent le transport actif des écoliers, peuvent offrir un excellent retour sur l’investissement, révèle une étude.

Aux États-Unis, il serait possible de réaliser des économies de 100 à 500 millions $ US par année, estiment des chercheurs américains, simplement en éliminant une partie du transport scolaire par autobus grâce à l’implantation de SRTS. Ces programmes, qui reposent sur des aménagements plus sécuritaires des trajets, permettent aux élèves du primaire et du secondaire de marcher ou de pédaler pour se rendre à l’école.

marcher vers l'ecole

Les effets bénéfiques des SRTS sur la santé physique des enfants sont déjà bien documentés. Mais, jusqu’à maintenant, aucune étude ne s’était penchée sur les réductions de dépenses que ces programmes peuvent engendrer.

Les chercheurs ont spécifiquement analysé les cas de « hazard busing », que l’on pourrait traduire par : transport préventif par autobus. Ce type de transport est offert aux élèves qui habitent dans des zones où le transport actif n’est pas sécuritaire, même s’ils habitent à moins d’un mile (1,6 km) de leur école. Selon cette étude, l’aménagement de trajets scolaires sécuritaires, en réduisant le transport par autobus, voire en l’éliminant à l’intérieur du fameux périmètre d’un mile, réduirait les dépenses du secteur public, des familles et de la collectivité.

Estimation des coûts réels totaux

À l’intérieur de ces zones de « hazard busing », les chercheurs ont, entre autres, décortiqué les coûts des habitudes de vie des parents, qui, à l’occasion ou très souvent, vont eux-mêmes reconduire en voiture leurs enfants à l’école. Ils ont calculé que, chaque année, ces déplacements représentaient 1,5 milliard de miles supplémentaires en conduite automobile privée.

Ces trajets motorisés entraîneraient des coûts, en termes de congestion routière, d’au moins 15 millions $ US. Les chercheurs ont aussi évalué à 15 millions $ US les coûts de santé entraînés par la pollution atmosphérique et à 30 millions les coûts environnementaux des gaz à effet de serre.

enfants à vélo

Des exemples probants

Dans l’État de Washington, la ville d’Auburn a mis en place des infrastructures permettant à 20 % des écoliers de se déplacer à pied ou à vélo. Résultat : des économies en transport par autobus de 240 000 $ US par année.

La ville d’Austin a investi 750 000 $ US dans la construction d’une passerelle piétonnière reliant un quartier défavorisé à son école, ce qui se traduit par des économies annuelles en transport de 130 000 $ US.

Bien sûr, les économies engendrées par les programmes SRTS vont varier selon les contextes locaux, font remarquer les chercheurs. Règle générale, ils seront plus grands là où la proportion d’élèves vivant dans les zones de « hazard busing » est la plus élevée. Ils ajoutent que si leurs constatations se basent sur une réalité américaine, elles sont toutefois applicables ailleurs, là où les secteurs publics et privés doivent financer le transport scolaire dans des zones non sécuritaires.

Note : Le texte complet de cette étude n’est pas accessible gratuitement dans internet, mais nous l’avons obtenu auprès d’un des auteurs.    Pour lire le résumé et la première page.

 



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