Budget provincial

Consultations prébudgétaires : mobilisons-nous pour la prévention en santé

Le 9 février 2021

La période des consultations prébudgétaires bat son plein ! Jusqu’au 14 février, le gouvernement invite la population à s’exprimer en prévision du prochain budget qu’il déposera en mars. Il s’agit d’une occasion à saisir pour insister sur l’importance d’investir en prévention et d’instaurer une taxe sur les produits nuisibles à la santé comme les boissons sucrées, les produits de vapotage et le tabac.

Après une année marquée par la pandémie, le gouvernement planche sur un important plan de relance économique. Or, la COVID-19 a justement mis en relief la vulnérabilité des personnes atteintes de maladies chroniques, beaucoup plus à risque de connaître des complications sévères en cas d’infection. Cela nous rappelle, plus que jamais, l’importance d’une population en santé pour assurer la résilience de notre société. Car, une population en santé est une source de dynamisme, d’innovation et de richesse dont la province ne peut se passer.

Faites entendre votre voix citoyenne

Pour réduire la pression sur le système de santé et assurer l’avenir des générations futures, je vous invite fortement à participer aux consultations prébudgétaires en remplissant le court questionnaire du ministre des Finances, Éric Girard. En moins de deux minutes, vous pourrez contribuer à faire reconnaître l’importance d’investir en prévention. Et ne soyez pas surpris si la prévention ne fait pas partie du questionnaire : vous devrez l’ajouter dans l’espace « autres commentaires ».

Ces consultations prébudgétaires ne sont pas futiles. Elles permettent au gouvernement de solliciter des avis d’experts et de la société civile afin d’établir les meilleures politiques fiscales possibles. Cela dit, le secteur de la santé est souvent faiblement représenté lors de ces consultations, la place étant laissée surtout aux secteurs de l’entreprise et de l’économie. C’est pourquoi votre voix citoyenne peut contribuer à faire changer les choses ! Nous avons tous le droit, et le devoir, en tant qu’individus, de contribuer aux réflexions. Ceci n’engage que vous, et se fait de façon anonyme.

Boissons sucrées, tabac et produits de vapotage : faire d’une pierre trois coups !

Cette année, j’aimerais que nous soyons nombreux à suggérer au gouvernement d’oser en matière de prévention. Pour ce faire, avec le fardeau économique actuel engendré par la pandémie, il aura évidemment besoin de revenus. Voilà donc une occasion en or pour faire progresser des idées plus audacieuses comme la taxation des boissons sucrées, qui a fait ses preuves à l’international. Selon les données de consommation disponibles au Québec, la Coalition Poids estime qu’une taxe de 20 ¢ le litre permettrait de générer des revenus de plus de 100 millions de dollars, dans la première année, que l’État pourrait réinvestir en prévention. Il s’agit là de sommes non négligeables utilisées au bénéfice de la population.

Du côté du tabac, selon la Société canadienne du cancer, une hausse de la taxe sur les cigarettes pour arriver au niveau de celle de l’Ontario, deuxième plus basse au pays, permettrait de recueillir près de 1,9 milliard de dollars sur cinq ans. D’autres provinces ont aussi mis en place une taxation sur les produits de vapotage. L’Alberta, par exemple, anticipe qu’une taxation de 20 % sur ces produits générera un revenu potentiel de 8 millions de dollars. Ce ne sont donc pas les options qui manquent pour relancer le Québec !

Imaginez, en plus d’être efficaces pour réduire la consommation de ces produits, comme en témoignent plusieurs études et l’expérience internationale, les sommes recueillies par ces taxes permettraient également d’investir dans des programmes ou des actions de prévention comme la mise en place d’un programme universel de fruits et légumes dans les écoles ou l’accès aux fontaines d’eau. Taxer les produits nuisibles à la santé entraîne des économies substantielles en plus de générer rapidement des revenus à investir en prévention.

Pour une relance économique favorable à la santé

Pour atteindre ce but, plusieurs organismes tels que Capsana, la Coalition québécoise sur la problématique du poids, le Conseil québécois sur le tabac et la santé, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et la Société canadienne du cancer recommandent donc de taxer ou de hausser les taxes sur les produits nuisibles à la santé et non essentiels comme le tabac, les produits du vapotage et les boissons sucrées.

L’état des finances publiques du Québec ne nous permet pas d’ignorer cette option. Faites partie du mouvement et demandez au gouvernement de taxer ces produits afin de les réinvestir en prévention. Remplissez le questionnaire d’ici le 14 février, sans oublier de mobiliser vos réseaux de partenaires et vos réseaux sociaux. Cette année, souhaitons-nous une population en santé !

Pour en savoir plus sur la taxation des boissons sucrées, voyez notre infographie.

Consultez également les mémoires de la Coalition Poids et de la Société canadienne du cancer.

Ce blogue a été rédigé en collaboration avec :

  • Kevin Bilodeau, directeur, relations gouvernementales – Québec, Fondation des maladies du cœur et de l’AVC
  • Guy Desrosiers, chef de la direction, Capsana
  • Annie Papageorgiou, directrice générale, Conseil québécois sur le tabac et la santé
  • David Raynaud, analyste, défense d’intérêt public, Société canadienne du cancer