Côte-du-Sud

L’éducation à l’écocitoyenneté: au cœur de la mission du Semoir

Le 22 juin 2020

Outiller nos enfants pour qu’ils développent leur résilience et leur capacité à faire face à la crise climatique, c’est la mission dans laquelle s’est engagé Le Semoir. Mise sur pied par la coopérative de solidarité Arbre-Évolution, cette initiative d’écoéducation a permis, l’an dernier, la création d’un répertoire d’une cinquantaine d’ateliers pour sensibiliser les jeunes Québécois à l’importance de protéger l’environnement et la biodiversité.

Fort de cette réussite, Le Semoir lance un nouveau programme intitulé Verger de l’Évolution. Ancré dans le cursus scolaire québécois, ce programme pédagogique veut offrir aux élèves de la Côte-du-Sud, qui s’étend de Montmagny à Kamouraska, une véritable expérience agroécologique immersive sur trois ans. Une initiative unique en son genre pour développer des écocitoyens engagés, prêts à relever les défis environnementaux qui se dressent à l’horizon !

Du reboisement social à l’écoéducation

Située dans la MRC de L’Islet, Arbre-Évolution est une coopérative de solidarité spécialisée dans la plantation d’arbres, la restauration des écosystèmes et l’aménagement comestible. On lui doit entre autres le Programme de Reboisement Social qui permet à des entreprises de compenser leur empreinte carbone en finançant la plantation d’arbres dans des communautés. Comme l’explique Simon Côté, l’instigateur de ce programme innovant, le reboisement social mise sur l’organisation de plantations participatives pour maximiser les retombées positives de chaque arbre planté. « Un des critères pour qu’on choisisse un projet, dit-il, c’est la mobilisation de la communauté. Les gens se réunissent pour planter des arbres qui vont leur survivre. C’est un acte de foi dans l’avenir. »

Dès l’organisation des premières plantations participatives, Simon Côté a été surpris de la forte participation des écoles. « Ça a commencé tranquillement, puis c’est devenu quasiment systématique, raconte-t-il. Dès qu’on arrivait dans une municipalité, les enseignants nous demandaient de venir rencontrer les jeunes en classe. On faisait un atelier avec eux et on sortait tous ensemble planter. » Tout en réalisant l’immense intérêt des écoles pour l’environnement, Simon Côté prend alors conscience du manque de ressources pour aborder le sujet en classe. Il n’en fallait pas plus pour faire germer l’idée du Semoir.

Le Semoir : répertoire d’ateliers écoéducatifs

En février 2019, après plus d’un an de travail, Arbre-Évolution lance Le Semoir, un répertoire inédit d’ateliers destinés aux enfants et aux jeunes dans un contexte d’apprentissage. Cette initiative, qui regroupe plus de 35 formateurs spécialisés, offre aux écoles primaires et secondaires du Québec l’accès à plus d’une cinquantaine d’activités d’éducation à l’environnement sous les thèmes du climat, de l’écologie, de la consommation et de l’écocitoyenneté. Autant d’occasions pour les élèves de se sensibiliser à l’importance de la biodiversité, comprendre les relations entre les espèces d’un écosystème, découvrir le rôle des pollinisateurs, participer à des projets de verdissement ou s’initier à la survie en forêt.

En 2019, plus de 1500 jeunes à travers la province ont pu recevoir un atelier d’éducation environnementale, animé par un des nombreux formateurs du Semoir. Les ateliers sont offerts gratuitement aux écoles grâce à la contribution d’entreprises privées qui ont à cœur l’éducation et la protection de l’environnement. Depuis son lancement, Le Semoir connaît un grand succès, mais l’offre est actuellement limitée à un atelier par classe. Aussi Arbre-Évolution travaille au développement d’une stratégie de financement pour poursuivre son expansion et permettre aux écoles de bénéficier d’un plus grand nombre d’ateliers dès la prochaine année.

Le Verger de l’Évolution : un programme enraciné dans le parcours de l’élève

Bénéficiant d’un grand capital de sympathie dans la région de la Côte-du-Sud, Arbre-Évolution se voit alors léguer un immense verger comprenant plus de 2000 arbustes fruitiers. « À la base, c’était un projet technologique et scientifique pour développer le nouveau créneau des produits forestiers non ligneux, particulièrement les petits fruits comme l’aronia ou le sureau, explique Simon Côté. Mais l’entreprise n’était pas viable et on nous a approchés pour reprendre le verger situé à Sainte-Louise sur une magnifique terre agricole de 14 hectares. » Arbre-Évolution y voit rapidement l’occasion de développer un projet unique d’écoéducation à ciel ouvert dans un endroit idyllique.

Avec l’appui financier de plusieurs partenaires privés et organismes, dont le Fonds de développement des territoires de la MRC de L’Islet, la Caisse Desjardins du Nord de L’Islet et le Fonds d’initiative jeunesse de L’Islet, Arbre-Évolution remet à niveau le verger actuellement en pleine production, construit un bâtiment pour accueillir les élèves et développe les bases d’un programme pédagogique immersif adapté au cursus scolaire québécois. « Le programme a été conçu avec des professionnels de l’enseignement et des éducateurs spécialisés, poursuit Simon Côté. Il ne s’agit donc pas d’un calendrier d’activités parascolaires, mais bien d’un programme scolaire enraciné dans le parcours de l’élève. » Le cœur du programme, qui répond à la progression des apprentissages dans les disciplines des sciences, des technologies et des arts, réside dans l’aménagement d’une forêt nourricière de 25 mètres carrés par chaque classe participante.

« Les élèves vont avoir leur propre lopin de terre de 25 mètres carrés et suivre l’évolution de leur plantation sur trois ans, de manière à réaliser qu’ils peuvent avoir un impact concret sur leur environnement. Le but, c’est vraiment de leur faire vivre une expérience d’accomplissement écologique pour qu’ils gagnent confiance en leurs actions. » – Simon Côté

Le Verger de l’Évolution vise donc à intégrer les jeunes dans un cycle de formation de trois ans, de la 4e à la 6e année du primaire, durant lequel les élèves participeront à neuf présentations en classe et à six sorties sur le terrain. Sur cet horizon, tout en abordant des thèmes comme la santé des sols, la gestion de l’eau, les besoins des plantes ou l’interrelation végétale, les jeunes pourront prendre le temps d’observer les différentes étapes de croissance de leur aménagement et finalement cueillir les fruits de leur labeur.

Former les Greta Thunberg de demain

« Ce qu’on veut offrir, c’est une expérience immersive qui transformera les élèves, souligne Simon Côté. Nous voulons que nos jeunes soient mieux préparés à relever les défis des changements climatiques. À la blague, on dit souvent qu’on veut générer les Greta Thunberg de demain. » La dernière année du programme, destinée aux élèves de 6e année, sera par ailleurs axée sur les communications pour leur permettre de devenir des écocitoyens engagés et des leaders en environnement capables d’imaginer des solutions et d’agir pour préserver leur milieu de vie.

L’an 1 du Verger de l’Évolution, qui s’adresse aux classes de 4e année des écoles situées entre Montmagny et Saint-Pascal-de-Kamouraska, doit débuter (sous toutes réserves) dès la rentrée 2020. Les écoles intéressées à soumettre la candidature de leur groupe peuvent télécharger le contenu de la programmation et s’inscrire dès maintenant sur le site du Semoir. Financé à 90 % par les entreprises, le projet suscite des réponses enthousiastes et Simon Côté rêve déjà de développer l’initiative sur d’autres sites agroécologiques à travers le Québec. Pour ce pionnier, qui croit fermement que notre passage sur terre doit faire une différence, rien n’est plus urgent aujourd’hui que de redonner confiance aux jeunes en les outillant pour préparer la suite du monde.

« Nos enfants auront à relever des défis historiques afin d’atténuer les dérèglements climatiques et, surtout, s’adapter aux nouvelles réalités écologiques qui définiront leur univers. Pour que cet univers en soit un d’ambition et d’espoir, nos jeunes doivent avoir une boîte à outils remplie de pistes de solutions, de savoir-faire et de connaissances. » – Simon Côté