Transport actif

Le vélo quatre saisons s’apprête-t-il à connaître un hiver record ?

Le 11 novembre 2020

Depuis le début de la pandémie, la bicyclette a connu un essor remarquable en s’imposant comme un mode de déplacement aussi efficace que sécuritaire. Mais, à l’approche de l’hiver, beaucoup de cyclistes risquent de ranger leur monture, frileux à l’idée de pratiquer un sport extrême. Pourtant, le vélo d’hiver est à la portée de tout un chacun.

Au Québec, 180 000 personnes déclarent avoir utilisé au moins une fois leur vélo entre décembre et mars. Tous ne sont pas des cyclistes quatre saisons, cela montre qu’il y a beaucoup de gens qui, pour se déplacer, préfèrent brûler des calories plutôt que du pétrole et profiter des joies du plein air en toutes saisons. Que l’on soit étudiant, parent ou professionnel, il suffit de bien s’habiller et d’adapter sa monture tout comme sa conduite pour rouler à longueur d’année.

Vélo d’hiver 101

Vélo Québec, fournit sur son site web toute une série de trucs pratiques et de conseils pour la pratique sécuritaire du vélo d’hiver. Et surtout, l’organisme déboulonne certains mythes. Par exemple, nul besoin de dépenser une fortune en « vêtements techniques ». Le bon agencement de vêtements ordinaires, selon le principe des pelures d’oignon, suffit amplement pour affronter la froidure hivernale.

Autre mythe. Dans bien des cas, il n’est nécessaire de faire l’acquisition d’un autre vélo ni même d’un « fat bike » aux pneus surdimensionnés. On peut très bien adapter sa monture en la chaussant de pneus à clous ou de pneus à crampons. Et, dernier mythe : nul besoin d’être un athlète de haut niveau. D’ailleurs, en conduite hivernale, on recommande fortement de rouler plus lentement. Un conseil qui vaut d’ailleurs pour les automobilistes.

Lutter contre la COVID-19 à vélo

Les conseils de Vélo Québec prennent une pertinence toute particulière alors que l’on s’apprête à passer un hiver marqué par le confinement. On se souviendra d’ailleurs que le printemps dernier, au plus fort du confinement, alors que les commerces étaient fermés (sauf les épiceries, les pharmacies, les dépanneurs et la SAQ…), des voix s’étaient rapidement élevées pour que le gouvernement considère les magasins de vélos et les ateliers de réparation comme des services essentiels.

Au même moment, à Bogota, la capitale de la Colombie, on aménageait à toute vapeur de nouvelles pistes cyclables. Le but était de diminuer le nombre d’utilisateurs des transports collectifs, afin de ralentir la propagation du coronavirus, et d’améliorer la qualité de l’air. D’ailleurs, la mairesse Claudia López déclarait que la bicyclette est un moyen de locomotion très hygiénique parfaitement adapté aux premières phases de la pandémie. Comme nous tous, elle ignorait bien sûr que cette pandémie allait perdurer si longtemps.

Par la suite, partout à travers la planète, les villes se sont mises à retrancher des espaces qui « appartenaient » aux voitures pour les réallouer aux piétons et aux cyclistes afin de les aider à respecter les consignes de distanciation physique. Paris, Budapest, Dublin, Londres, Milan, Rome, Berlin, New York ont ainsi multiplié les mesures du genre, au nom de la crise sanitaire, et souvent en ne cachant pas leur intention d’en rendre plusieurs permanentes.

Bref, tout donne à penser que le vélo est désormais un mode de déplacement à part entière et qu’il est là pour demeurer. Et cela, à longueur d’année. D’ailleurs, à Montréal, plus des trois quarts du réseau cyclable sont déneigés, ainsi que l’entièreté du réseau express vélo (REV). Et cet hiver, la fameuse piste cyclable du pont Jacques-Cartier sera enfin praticable, sans oublier celle du nouveau pont Samuel-De Champlain. Alors, cyclistes, à vos vélos !