Milieu scolaire / Éducation

Comptoir à salade à l’école: zoom sur 2 expériences canadiennes

Comptoir à salade à l’école: zoom sur 2 expériences canadiennes
Françoise Ruby

Françoise Ruby

JOURNALISTE | 100º

Miser sur l’aménagement d’un comptoir à salade pour encourager les élèves à manger des légumes frais : plusieurs écoles canadiennes ont osé l’expérimenter, grâce au programme De la ferme à l’école – Une terre fertile. Une directrice et une enseignante ont présenté leur expérience lors d’un webinaire présenté le 11 octobre.

C’est grâce à une subvention de 10 000 $ accordée par le programme De la ferme à l’école – Une terre fertile, que Janie Roberge, enseignante à l’école Franco-Nord en Colombie-Britannique et Josée Bernier directrice d’une école au Nouveau-Brunswick, sont passées à l’action. Voici leur histoire.

École Eastdale, Ontario

Le projet Franco-Ferme en Colombie-Britannique

Il n’y a pas de cafétéria à l’école Franco-Nord de Prince-George, en Colombie-Britannique. Toutefois, pour financer certains projets, des repas chauds sont servis 2 fois par mois par le comité de parents et des élèves vendent occasionnellement des gâteaux et des pizzas. « Comme ces initiatives ne font aucune place aux aliments sains, je me suis lancée dans un projet de comptoir à salade offert 2 fois par mois », explique Janie Roberge, qui enseigne dans une classe de 4e et 5e année à l’école Franco-Nord, à Prince George.

École Open Roads, Ontario

Cette initiative lui a demandé temps et énergie, mais elle ne s’est pas découragée. « La première année a été très exigeante, a-t-elle souligné. La direction de l’école ne s’est pas investie dans le projet et l’initiative de servir des légumes locaux deux fois par mois dépendait de l’implication d’une seule maman bénévole, et de la mienne. Il était impossible de tenir ce rythme à long terme. »

L’enseignante a toutefois pris le temps de sensibiliser la direction de son école, ce qui a débouché sur l’allocation d’une aide pédagogique assignée au projet à raison de 2 ou 3 périodes par semaine pour accompagner des élèves à besoins particuliers.

École St-Dominic, Ontario

En 2016-2017, le projet s’est concrétisé par les activités suivantes :

  • Comptoir à salade offert 2 fois par mois : les légumes sont cultivés en Colombie-Britannique et les pousses sont fournies par le « Jardin intérieur » de l’école.
  • Sorties à la ferme pour planter et récolter des patates.
  • Participation de l’école au mois « de la ferme à l’école » (octobre).

Nouveau-Brunswick : des légumes produits à l’école!

« Dans notre école, les enfants jetaient les légumes cuits offerts par la cafétéria, a raconté Josée Bernier directrice de l’école Notre-Dame, à Edmundston, au Nouveau-Brunswick. Le comptoir à salade a été mis en place pour lutter contre ce gaspillage. »

École Notre-Dame, Nouveau-Brunswick

Depuis 3 ans, le comptoir à salade est offert 2 fois par semaine, comme 3e choix au menu de la cafétéria. Les légumes sont variés : laitue romaine, céleri, tomate, carotte, brocoli, oignons, fèves germées, piments. Ils sont accompagnés d’œufs, de poulet ou de jambon comme source de protéines, et les vinaigrettes sont concoctées par les employés de la cafétéria.

École Notre-Dame, Nouveau-Brunswick

Comme l’a souligné Josée Bernier, l’école a dû relever quelques défis pour arriver à ses fins, notamment pour acheter l’équipement nécessaire. « La subvention de 10 000 $ n’était pas suffisante pour acheter le comptoir à salade et les autres équipements, mais un appel à la communauté a permis d’acheter un comptoir d’occasion », a-t-elle précisé.

La cafétéria, qui est gérée par un comité de parents, a aussi dû embaucher une cuisinière de plus, à raison de 2 jours par semaine, pour la préparation et le service. Elle a également dû installer un panneau de plexiglas sur le comptoir pour se conformer aux normes de la santé publique.

École secondaire Reynolds, Colombie-Britannique

Le projet a eu du succès au début, mais la directrice voulait attirer plus d’élèves et maintenir l’intérêt des jeunes, ce qui a mené à la construction d’une serre. « Les élèves de 4e année faisaient déjà des semis en classe et la serre présentait un potentiel éducatif très intéressant », a souligné Josée Bernier. Ce sont les parents et la communauté qui ont financé ce projet.

« Tout le monde y croyait et nous sommes très fiers de nos réalisations, s’est réjouie Josée Bernier. Les enfants sont très heureux de manger les légumes qui viennent de leur serre et environ la moitié des élèves qui achètent un repas choisissent le comptoir à salade lorsqu’il est au menu. »

École Robb Road, Ontario

Appels de propositions à venir au Québec et en Ontario

Coordonné par le réseau De la ferme à la cafétéria Canada, le projet De la ferme à l’école - Une terre fertile vise à soutenir, financer et encourager des écoles et campus à mettre en œuvre au moins 3 activités liées à l’alimentation saine :

  • Éducation, par exemple en créant un jardin scolaire ou en organisant des ateliers culinaires.
  • Conception et adoption d’une politique d’approvisionnement local.
  • Mise en en place d’un comptoir à salade présentant une variété de fruits et légumes locaux.

L’appel de propositions devrait être annoncé à la fin du mois d’octobre.

Toutes les photos, sauf celles de l'école Notre-Dame au Nouveau-Brunswick, proviennent du site internet de Farm to Shool Canada
Photo de couverture : École Robb Road, Ontario