Santé et services sociaux

Enquête canadienne : bouger, même un peu, c’est bon pour la santé

Enquête canadienne : bouger, même un peu, c’est bon pour la santé
Françoise Ruby

Françoise Ruby

JOURNALISTE | 100º

On sait que bouger plus est une bonne chose pour notre santé. Toutefois, comme il n’y a que 24 heures dans une journée, vaut-il la peine de remplacer du temps de sommeil ou de divan par une activité physique peu intense ?

Oui, pour pour les 50 ans et plus, ainsi que pour les personnes en surpoids, conclut le rapport publié aujourd’hui par Statistique Canada et intitulé « Répartition du temps entre le sommeil, la sédentarité et l’activité ».

C’est le mot répartition qui caractérise cette publication, car, comme le précise Didier Garriguet, un des auteurs de l’étude : « Les avantages associés à différentes activités dépendent non seulement de l’activité en particulier, mais aussi de l’activité qu’elle remplace Donc, au lieu de considérer l’impact indépendant de chaque comportement sur la santé, nous avons plutôt analysé les effets liés à la répartition du temps entre tous ces comportements chez les adultes. »

Quitter son divan pour bouger juste un peu chaque jour

Le résultat le plus intéressant de cette enquête concerne les adultes obèses ou faisant de l’embonpoint, ainsi que les adultes de 50 à 79 ans. En effet, pour ces personnes, le fait de remplacer un comportement sédentaire, ou le sommeil, par des mouvements d’intensité légère est associé à de plus faibles mesures de l’obésité.

« Chez les personnes plus jeunes ou qui ont un poids santé, l’activité physique d’intensité légère n’a pas cet effet, souligne Didier Garriguet, qui travaille pour la Division de l’analyse de la santé à Statistique Canada. Ce résultat peut s’expliquer par le fait que, lorsqu’on est plus âgé ou que notre masse corporelle est plus importante, nos mouvements sont moins fluides et demandent plus d’énergie accrue pour une même intensité. »

Moins de sédentarité = une meilleure santé mentale

En plus de se présenter à un centre d’examen mobile où des mesures physiques ont été prises, les participants ont répondu à un questionnaire concernant leur état de santé général et sur leur santé mentale. L’analyse de ces autodéclarations révèle que la sédentarité est clairement associée à une santé mentale peu satisfaisante. Plus précisément, les points suivants sont ressortis :

  • Les répondants sédentaires ont déclaré plus souvent que leur santé mentale était mauvaise ou passable, plutôt qu’excellente.
  • Une hausse de 30 minutes de la sédentarité a été associée à une probabilité supérieure de déclarer une santé générale et mentale mauvaise ou passable plutôt qu’excellente.
  • Une hausse de 30 minutes de l’activité physique d’intensité légère (APIL), ou du sommeil, a été associée à une probabilité inférieure de déclarer une santé générale et mentale mauvaise ou passable plutôt qu’excellente.

Activité physique vigoureuse = effet bénéfique accru pour les personnes en surpoids

Comme d’autres recherches, l’enquête de Santé Canada confirme que l’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) est associée à une meilleure santé. Les résultats indiquent aussi que l’ampleur de l’effet de l’APMV sur l’indice de masse corporelle est de 2,7 à 5,2 fois plus élevée chez les adultes obèses ou faisant de l’embonpoint que chez les adultes ayant un poids insuffisant ou santé.

Les résultats de cette étude s’ajoutent au nombre croissant de travaux de recherche indiquant que le simple fait d’éviter les comportements sédentaires est bénéfique pour la santé. Ils sont fondés sur les données recueillies de 2007 à 2015 auprès de 10 621 adultes âgés de 18 à 79 ans, dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS).

Pour lire l’étude : Répartition du temps entre le sommeil, la sédentarité et l’activité : liens avec l’obésité et la santé chez les adultes canadiens