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Les impacts collatéraux de la pandémie sur les sentiers du Québec

Les impacts collatéraux de la pandémie sur les sentiers du Québec

Ressource

Dès l’été 2020, les parcs nature du Québec ont été pris d’assaut par des citoyens assoiffés de grand air. Ce qui s’est traduit par des taux d’achalandages inédits. Or, revers de la médaille, cet engouement est vite devenu un véritable casse-tête pour les gestionnaires. Rando Québec les a sondés afin d’établir un état de la situation. En voici les faits saillants.

François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

Randonnée pédestre

La ruée des sentiers pédestres

Les chiffres confirment ce que les randonneurs d’expérience et les gestionnaires de parcs ont pu constater : une augmentation considérable de l’achalandage sur les sentiers de 54 % en 2020, comparé à l’année 2019, et de 63 % en 2021, toujours comparé à 2019. Ce dont on aurait pu se réjouir, en d’autres circonstances, d’autant plus que le nombre de randonneurs débutants s’est accru de 80 %, celui des jeunes familles de 73 % et celui des jeunes adultes de 64 %. Bref, la pandémie aura réussi à mousser la popularité des parcs nature mieux que n’importe quelle stratégie de marketing.

Randonnée pédestre

La rançon du succès

Toutefois, un tel bond de l’achalandage entraîne son lot de problèmes. Un nombre accru de visiteurs est susceptible d’entraîner une dégradation du milieu, surtout si, de ce nombre, on compte un afflux considérable de nouveaux visiteurs parfois peu familiers avec les codes de conduites, même élémentaires. À cet égard, le sondage révèle une hausse de 57 % en matière d’« outrepassement des réglementations sur les sentiers », tels que : ne pas camper; ne pas faire de feu; tenir son chien en laisse…
 
Les dommages collatéraux de ces achalandages massifs se sont fait sentir, non seulement sur le territoire même des parcs (hausse de la dégradation des infrastructures de 33 %), mais aussi dans leur voisinage par une augmentation de 39 % du stationnement non autorisés par les usagers et par le non-respect des propriétés privées en hausse de 31 %.

Les leçons à retenir

À la lumière de ces constatations, Rando Québec, à titre de porte-parole de tous les gestionnaires de sentiers de la province, plaide évidemment en faveur d’efforts soutenus afin de mieux éduquer et sensibiliser le grand public aux bonnes pratiques en randonnée pédestre. Du même souffle, l’organisme réclame un financement conséquent pour assurer la pérennisation et le développement des lieux de pratique.
 
D’autre part, afin de maintenir cet engouement soudain pour la randonnée pédestre, et accroître la qualité de l’expérience en évitant le surachalandage, Rando Québec recommande de favoriser l’accès à de nouveaux territoires afin d’augmenter l’offre. Il importe, pour l’organisme, de bâtir sur les acquis un peu inespérés de la pandémie pour protéger nos sentiers et en créer de nouveaux afin que tous puissent en profiter le plus longtemps possible. 
 
Source : Rando Québec

Ce sujet vous intéresse ?

Rando Québec offre différentes ressources, telles qu’un répertoire gratuit de sentiers, Balise Québec, un programme de formation pour ses instructeur·rice·s certifié·e·s, un guide pour préparer une sortie de randonnée et, bien sûr, un Code d’éthique du randonneur

Visionnez également notre webinaire Plein air de proximité : leçons à tirer après 12 mois de pandémie, disponible pour visionnement en différé sur le site Apprendre de 100°.

Consultez aussi notre dossier Plein air pour tous: comment faciliter l'accès des citoyens à la nature?

De plus, les gestionnaires de sentiers que préoccupe la question de l’achalandage peuvent consulter l’article sur le site Le pointeur : Plein air de proximité en milieu municipal : comment gérer l’achalandage accru ? qui résume un webinaire, tenu en juin 2021, animé par Isabelle Bérubé, directrice du développement et spécialiste en gestion de l’achalandage à la Société pour la nature et les parcs du Canada – section Québec (SNAP Québec) et Estelle Paulhus, coordonnatrice en loisir, culture, tourisme, événementiel et social au Service de développement économique et forestier de la Ville de La Tuque.