Nouvelle recherche

15 groupes d’aliments scrutés à la loupe pour leurs effets sur la santé humaine et planétaire

Le 1 novembre 2019

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Des chercheurs britanniques et américains viennent tout juste de publier une étude qui arrime les effets des aliments sur la santé et l’environnement. Cette analyse détaillée, qui rejoint les conclusions du rapport Alimentation Planète Santé publié en mars dernier, image les données recueillies d’une façon remarquable.

Depuis quelques décennies, la consommation excessive de la viande rouge passe bien mal le test de la santé, et, depuis quelques années, rate celui de l’impact environnemental. Les données colligées par les auteurs de l’étude Multiple health and environmental impacts of foods vont plus loin en présentant le rapport santé/environnement de 15 groupes d’aliments : grains entiers, légumes, fruits, légumineuses, viande rouge, poulet, œufs, etc.

5 impacts sur la santé 

Les chercheurs présentent les impacts de ces groupes d’aliments sur la santé en se basant sur les résultats de 19 méta-analyses ayant scruté le risque relatif de la consommation des aliments sur :

  • la mortalité totale ;
  • la maladie cardiaque coronarienne ;
  • le cancer colorectal ;
  • le diabète ;
  • l’accident vasculaire cérébral (AVC).

5 impacts sur l’environnement

L’évaluation du cycle de vie des 15 groupes d’aliments ciblés repose sur l’impact environnemental de leur production, y compris celle des éléments entrant dans la production, la fabrication et l’utilisation des intrants agricoles, des semences, de la machinerie et des terres cultivées*. Les chercheurs ont classifié ces impacts ainsi :

  • l’empreinte hydrique pondérée en fonction de la disponibilité locale de l’eau ;
  • l’acidification du milieu ;
  • l’eutrophisation du milieu** ;
  • l’utilisation du sol ;
  • les émissions de gaz à effet de serre.

Un portrait comparatif détaillé  

La figure ci-dessus illustre de façon précise comment chaque groupe d’aliments se situe par rapport aux dix points retenus par les chercheurs. Il met en évidence le fait que les aliments associés à une meilleure santé ont aussi, à l’exception du poisson, la plus faible empreinte environnementale. Inversement, ce schéma indique clairement que la consommation de viande rouge (transformée ou pas) est associée à des effets néfastes sur la santé humaine et à une lourde empreinte environnementale.

Les auteurs de l’étude souhaitent que ces données permettent aux décideurs politiques, aux entreprises agroalimentaires et aux consommateurs de mieux comprendre les impacts de leurs choix alimentaires sur la santé humaine et planétaire.

* Le transport, la transformation, la distribution et la préparation des aliments ne sont pas inclus dans cette donnée.

** L’eutrophisation est un apport excessif d’éléments nutritifs dans les eaux, entraînant une prolifération végétale (par exemple des algues), un appauvrissement en oxygène et un déséquilibre de l’écosystème.

Source : Michael A Clark, Marco Springmann, Jason Hill, and David Tilman. Multiple health and environmental impacts of foods, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), October 28, 2019.



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Viande rouge et transformée : une étude controversée fait la manchette

Le 30 septembre 2019, une étude menée par un panel de chercheurs internationaux a jeté tout un pavé dans la mare : les auteurs de cette revue systématique ont conclu qu’il n’était pas nécessaire de réduire la consommation de viande rouge et de viande transformée, parce que les données analysées indiquent que ce changement entraîne très peu d’effets sur la santé.

Cette publication a été l’objet de nombreuses et vives critiques. Voici un aperçu des arguments avancés par des chercheurs de l’École de santé publique de l’Université Harvard, pour désavouer la méthodologie utilisée par les auteurs :

  • Les recommandations de cette étude ne sont pas justifiées, parce qu’elles contredisent les preuves fournies par les études analysées dans cette synthèse.
  • La publication de ces données et de ces recommandations sur la consommation de viande dans une revue médicale majeure est regrettable, car elles pourraient nuire à la santé des individus, des populations et de la planète. En outre, elle risque de nuire à la crédibilité de la science de la nutrition et de réduire la confiance du public envers la recherche scientifique.
  • Le battage autour de cette étude démontre que les journalistes, les professionnels de la santé et les chercheurs doivent voir plus loin que les manchettes sensationnalistes et ne pas se contenter des résumés des études.
  • Les conclusions de cette étude ne doivent pas modifier les recommandations actuelles concernant les régimes alimentaires sains et équilibrés qui préviennent les maladies chroniques. Pour améliorer la santé des humains et la viabilité de la planète, il est important d’avoir une alimentation riche en aliments d’origine végétale et relativement faible en viande rouge et en viande transformée.

Source :  Harvard T.H. School of Public Health