Aménagement urbain

10 pistes d’action concrètes pour encourager le jeu libre dans la rue

Le 21 mai 2021

Vous travaillez dans une municipalité et souhaitez encourager le jeu libre dans la rue, pour les enfants et toute la communauté ? Bravo ! Voici quelques stratégies pour soutenir votre démarche.

Le jeu libre désigne une « activité initiée par l’enfant de manière spontanée, sans planification ou intervention d’un adulte »[1]. Ses bienfaits sont si nombreux, notamment sur la santé physique et mentale, l’apprentissage, les habiletés sociales et la capacité d’adaptation, que les Nations Unies ont reconnu à tous les enfants le droit de se livrer au jeu et à des activités récréatives.

Les municipalités peuvent encourager le jeu libre dans les parcs, mais aussi favoriser la mobilité indépendante des enfants, c’est-à-dire leur la liberté de se déplacer de manière autonome et sécuritaire. Aux avantages du jeu libre s’ajoutent alors l’apprivoisement de l’environnement, l’orientation et la prise de risques.

velo enfant

Bien entendu, décloisonner le jeu libre pour l’amener dans la rue invite à repenser le partage de l’espace public. Sommes-nous habitués à voir les enfants jouer uniquement dans des lieux hyper sécurisés ? La rue est-elle perçue surtout dans une optique de déplacements automobiles ? À cet effet, le code de la sécurité routière permet maintenant aux municipalités d’autoriser le jeu libre dans certaines voies publiques.

Par où commencer ? Voici quelques pistes d’action pour vous outiller.

1- Déterminer le rôle de la municipalité

Celle-ci peut porter le projet ou agir à titre de facilitatrice, de partenaire ou d’ambassadrice. Cette posture aura évidemment un impact sur le niveau d’engagement attendu chez les citoyens ou les organismes locaux impliqués.

2- Adapter la réglementation municipale

Adopter une résolution et modifier la réglementation pour permettre le jeu libre, ou encore, octroyer des permis de fermeture temporaire de rues aux groupes de citoyens qui en font la demande. D’ailleurs, si vous êtes une municipalité amie des enfants ou une municipalité amie des aînés, ces actions seront cohérentes avec votre vision et vos politiques.

3- Prioriser le jeu libre en permanence

Le projet-pilote « Dans ma rue, on joue ! » a vu le jour à Belœil en 2015 et a inspiré une foule de municipalités à faire de même. Certaines rues sont désignées pour donner la priorité au jeu libre et encadrées par de la signalisation appropriée et un code de conduite.

jeu dans la rue

Ville de Belœil | Crédit photo: Studio PInk

4- Inviter les citoyens à choisir eux-mêmes les rues les plus propices

Toujours à Belœil, certains critères doivent être respectés pour qu’une rue soit éligible au programme et le 2/3 des propriétaires résidents doivent donner leur appui au projet.

5- Fermer certains tronçons à la circulation automobile de manière temporaire

Cette formule vise à créer des rues ludiques lors d’une fête de voisins ou tous les dimanches de l’été, par exemple. Durant cette période, les citoyens sont invités à occuper la rue. En Belgique, le concept s’étend à toute la durée des vacances scolaires, au cours desquelles plusieurs rues sont réservées au jeu de 14 h à 20 h. Des parrains et marraines sont responsables d’installer et de retirer la signalisation en conséquence.

6- Fournir ou permettre la signalisation et le mobilier urbain

La signalisation peut varier selon les projets, de l’affiche permanente « priorité au jeu libre » aux bollards rétractables, en passant par des installations mises en place par les résidents eux-mêmes (barrières, cônes, poubelles, pots de fleurs, etc.). Une fois la rue barrée, les possibilités d’aménagement sont infinies. Le mobilier peut être permanent (tables à piquenique, carré de sable, bacs à jardinage, balançoires) ou temporaire (buts de hockey, panier de basketball, craie, tables et chaises pliantes, parasols).

7- Aménager une rue-école

Cela consiste à fermer une rue bordant l’école durant les plages horaires correspondant à l’arrivée et au départ des élèves. Un projet rassembleur à mener en partenariat avec l’école, les parents et la communauté. À Édimbourg, en Écosse, la Ville a implanté onze « School Streets », dont la formule inclut une étude d’impact sur la mobilité, la sensibilisation des citoyens et la présence de la police pour faire respecter la nouvelle signalisation.

8- Débuter par un projet-pilote

Changer la vocation d’une rue peut faire peur. Y aura-t-il des citoyens mécontents ? Des problèmes de logistique auxquels nous n’aurions pas pensé ? La formule et l’horaire sont-ils bien choisis ? Est-ce que les petits et grands s’approprieront réellement la rue ? Voilà à quoi sert un projet-pilote : tester, consulter, s’ajuster, améliorer !

9- S’inspirer de ce qui se fait ailleurs 

Le mouvement de jeu libre dans les rues est aussi bien implanté en Europe. Que ce soit pour consulter des exemples ou pour surmonter une embûche, ce ne sont pas les ressources qui manquent. Le Centre d’écologie urbaine de Montréal a d’ailleurs réalisé une revue des exemples inspirants de rues ludiques et de rues-écoles.

10- Inaugurer en grand

La rue étant un espace public, sa réappropriation mérite d’être festive et rassembleuse ! Pourquoi ne pas convier les citoyens de tous âges, les élus, les partenaires et les médias à venir y jouer librement pour marquer le coup ?

En terminant, n’oublions pas que des milieux de vie aménagés pour le jeu libre ne bénéficient pas qu’aux enfants ! Tous bénéficieront de rues plus sécuritaires où il fait bon se déplacer à pied et à vélo, jaser avec le voisinage, respirer l’air frais et sentir que le quartier est bien vivant.

[1] https://urbanismeparticipatif.ca/sites/default/files/upload/document/tool/clrdj_fiche_vf.pdfc

Jeu de craie dans la rue

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