Espaces collectifs

La Pépinière lance Vivace, un programme de soutien aux initiatives urbaines

Le 23 janvier 2019

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Plus de 150 citoyens engagés se sont réunis, malgré le froid mordant, mardi soir 22 janvier, dans la grande salle du Comité social Centre-Sud pour assister au dévoilement du programme Vivace, de La Pépinière | Espaces Collectifs, et en savoir plus sur l’appel de projets qui vient d’être lancé.

D’entrée de jeu, Jérôme Glad, cofondateur de la Pépinière, s’est réjoui de l’intérêt suscité par ce lancement qui marque justement un jalon important dans la jeune histoire de l’OBNL qu’il codirige. Il a retracé les grandes étapes de cette aventure dont les premières graines ont été plantées, il y a cinq ans, avec l’éclosion du Village éphémère au Bassin Peel.

« C’était pour nous l’occasion d’animer un espace urbain, de se le réapproprier, sans attendre des commandites de la ville. Et l’impact a été tel que les gens ont exprimé le souhait de voir se multiplier ces espaces reconquis sur une base, non pas strictement événementielle, mais plus permanente. La Pépinière a ainsi développé l’expertise nécessaire pour gérer, administrer, programmer et commercialiser, pendant deux mois, un premier espace, le Village au Pied-du-Courant. »

De la friche à la zone franche

De fil en aiguille, la Pépinière a investi de nouveaux espaces où se réinventait la ville à l’image de ses citoyens. Des espaces de liberté inédits, sorte de zones franches où se mêlent, jeunes et moins jeunes, familles et aînés. Depuis sa création, la Pépinière compte déjà plus de 30 projets à son actif, aussi bien à Montréal qu’ailleurs dans la province. Des projets qui, pour la plupart, continuent de vivre de manière autonome grâce à l’implication des acteurs du milieu.

« Ce sont des lieux qui permettent de tisser des liens dans la communauté, qui incitent à la coopération, qui favorisent l’épanouissement de l’art et de la culture à l’air libre, le partage, l’éducation populaire. Des lieux bienveillants envers l’environnement, qui contribuent souvent à verdir la ville, qui favorisent l’émergence de l’économie locale, de l’entrepreneuriat, et qui participent à la vie de quartier. »

Tuteur de croissance

Au cours des ans, la Pépinière a développé une méthodologie pour créer de tels espaces collectifs, et d’en assurer la pérennité grâce aux acteurs locaux, aux citoyens, aux organismes ou aux institutions. Et, dans la foulée, l’organisme a appris comment s’y retrouver dans les dédales des administrations municipales et à quelles portes il faut frapper pour faire avancer son projet.

« La Pépinière est parvenue à un moment charnière de son existence, explique Jérôme Glad. D’organisme professionnel voué à l’émergence d’un mouvement de villes participatives, nous souhaitons maintenant favoriser l’émergence de plusieurs acteurs de changement qui veulent devenir des porteurs de projets et les accompagner au cours de l’élaboration de leurs premières initiatives. Nous sommes là pour aplanir les barrières administratives et leur offrir du soutien technique et financier en plus d’un programme d’accompagnement. Et Vivace est un des éléments clés pour la concrétisation de ces initiatives citoyennes en faveur d’une ville participative. »

Le nerf de la guerre

Vivace a été rendu possible grâce au soutien financier de Desjardins. Vice-président Services aux membres et clients – île de Montréal chez Desjardins, Michel Cantin est venu détailler l’enveloppe de 250 000 $, dont un montant de 240 000 $ qui provient du Fonds de 100 M$ du Mouvement Desjardins, et 10 000 $ de la Caisse d’économie solidaire.

Michel Cantin s’est dit impressionné par le nombre de projets que la Pépinière a pu réaliser en si peu de temps et s’est dit enchanté de pouvoir soutenir le projet Vivace qui rejoint les valeurs de Desjardins. « Nous avons à cœur l’enrichissement des communautés, a-t-il tenu à préciser. Et aussi l’enrichissement de la vie des gens, des personnes qui s’impliquent pour le bien-être de leur communauté. Soutenir Vivace, c’est soutenir l’émergence de nouveaux projets en transformation urbaine et donner un second souffle à des espaces mal utilisés. C’est, enfin, permettre à de bonnes idées citoyennes de se concrétiser dans le but d’accroître la vitalité des quartiers. »

De l’éphémère au permanent

Chargée du programme Vivace à la Pépinière, Laura Courbe a ensuite pris la parole pour décrire le fonctionnement en détail. Elle a expliqué que, en 2019, Vivace accompagnerait quatre projets choisis à la suite d’un processus de sélection. Des projets à vocation publique, au cœur de leurs quartiers, aussi bien estivaux qu’hivernaux, ou même quatre-saisons.

Pour le moment, Vivace a pour mission d’accompagner des groupes de personnes qui sont des résidents de la ville de Montréal. Ces porteurs de projets, qui doivent réunir au moins quatre personnes, peuvent être issus d’un organisme à but non lucratif ou d’un regroupement d’OBNL, d’une coopérative sans but lucratif, d’un comité de citoyen déjà formé ou en formation, ou encore d’une école ou une institution. « Pourquoi un minimum de quatre personnes ? C’est dans le but de mieux garantir la pérennité du projet, a-t-elle précisé. C’est pour s’assurer que tout le poids de l’accompagnement et des formations ne repose pas sur les épaules d’une seule personne. »

À vos formulaires !

Chaque projet retenu aura droit à un soutien financier de 5 000 $, montant qui pourra atteindre 20 000 $ grâce à l’obtention de financement complémentaire issu de la communauté. L’appel à projets, qui s’est ouvert le 16 janvier se terminera le 15 février à minuit. « Nous avons mis en ligne un formulaire de candidature, qui se trouve à la fin du document de présentation de l’appel à projets, et que nous avons souhaité assez concis pour avoir une idée générale de chaque projet. Notre objectif étant de réaliser une présélection de 10 projets, le 1er mars, pour ensuite les soumettre au jury chargé d’en choisir quatre le 15 mars prochain. D’ici là, les porteurs des 10 projets retenus auront tout loisir de préciser leurs intentions. »

« Les projets seront surtout jugés en fonction de votre vision, de votre perspective, précise Laura Courbe, de votre lecture des besoins du milieu, du caractère inclusif, équitable de votre démarche, de sa résilience. Et si votre projet est bien ancré dans la communauté et qu’il est là pour durer. »

Les participants ont ensuite pu, durant la dernière heure de la soirée, quérir de l’information aux tables organisées par la Pépinière, rencontrer les différents partenaires qui accompagnent l’organisme, dont des membres de la Fondation McConnell, et surtout établir entre eux des liens pour parfois compléter leur équipe de porteurs de projets. 100º vous tiendra au courant des 4 projets choisis par le jury.



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