Milieu scolaire / Éducation

Approvisionnement scolaire: comment atteindre sa cible d’achat d’aliments québécois?

Approvisionnement scolaire: comment atteindre sa cible d’achat d’aliments québécois?

Ressource

Votre école a choisi de rallier le mouvement qui gagne en popularité dans les établissements scolaires et de se doter d’une cible d’achat d’aliments québécois, ou elle envisage de le faire prochainement? Comme dans toute chose, le changement peut parfois faire peur ou créer de la résistance, mais il est aussi un grand motivateur! En témoignent les écoles qui ont joint le mouvement en faveur de l’achat local et qui ne retourneraient pas en arrière.

Geneviève Rajotte Sauriol

Geneviève Rajotte Sauriol

RÉDACTRICE ET CONSULTANTE EN COMMUNICATION RESPONSABLE

Avant de vous lancer dans cette démarche structurante, vous avez tout avantage à vous référer à des guides et outils conçus par des organisations reconnues comme Équiterre et Aliments du Québec au menu.
 
Voici un petit aperçu des actions à mettre en branle pour assurer le succès de votre projet. Ne vous laissez surtout pas intimider par l’ampleur de la tâche : il s’agit d’une démarche de longue haleine qui se réalise graduellement, et qui ne peut donc pas se conclure en quelques semaines.

Comment créer un projet rassembleur ?

  1. Créer un comité de travail composé de différentes personnes gravitant autour de l’école (direction, personnel, parents, responsable ou fournisseur du service alimentaire, responsable du service de garde, membre du comité Saines habitudes de vie, nutritionniste, etc.) pour les consulter, partager une vision commune et mobiliser le plus d’acteurs possible autour de la démarche.
  2. Développer des partenariats dans la communauté avec, par exemple, la table de concertation agroalimentaire régionale, un organisme communautaire ou une coopérative de producteurs. Ces partenaires pourraient offrir une expertise qui complète vos ressources internes, aider à trouver des produits locaux, ou encore vous offrir du temps, de la formation et/ou du matériel.
  3. Sonder les usagers du service alimentaire, c’est-à-dire les élèves et leurs parents, pour connaître leurs idées, leurs priorités et leurs intérêts.
  4. Impliquer les élèves dans la préparation et la distribution des plats. Les jeunes peuvent s’impliquer dans le projet à titre de bénévoles, dans le cadre d’un cours ou en créant une entreprise d’économie sociale qui vend des collations.
  5. Inscrire l’alimentation locale dans le projet éducatif de l’école en l’intégrant en classe, dans les sorties scolaires et les activités parascolaires. Cela peut prendre la forme d’ateliers de cuisine et de nutrition, du démarrage d’un jardin ou de la construction d’une serre, d’une visite chez un producteur ou de projets multidisciplinaires sur la thématique de l’alimentation. Le tout améliorera la littératie alimentaire des élèves et peut même contrer le décrochage scolaire !
bar à salades

Comment atteindre sa cible d’achat d’aliments québécois?

  1. Déterminer de nouveaux critères au moment de changer de fournisseur de service alimentaire ou de grossiste pour mettre la proximité et la traçabilité à l’honneur. Choisissez un fournisseur qui partage vos valeurs ou alors, entamez une discussion avec votre fournisseur actuel sur les changements qu’il est possible d’apporter pour mettre plus d’aliments québécois au menu.
  2. Commencer par les collations. C’est un bon endroit où commencer, surtout si votre école n’offre pas de service alimentaire. En plus, les élèves peuvent être mis à contribution dans la préparation et la distribution. Et pourquoi pas une machine distributrice de collations saines du Québec ? 
  3. Adapter les recettes aux saisons pour mettre les produits locaux à l’honneur toute l’année. L’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et Aliments du Québec ont d’ailleurs développé un recueil de 120 recettes pour vous inspirer. 
  4. Offrir un menu flexible plutôt que fixe, afin de s’adapter aux saisons et de transformer les surplus d’un autre repas. Par exemple, proposer un potage aux légumes de saison plutôt qu’un potage de carottes. 
  5. Créer un comptoir à salade mettant en vedette les aliments du Québec. Les légumes oui, mais également les fruits et les protéines. Les élèves feront des choix et se serviront eux-mêmes. Les surplus pourront avoir une deuxième vie dans un autre plat !
  6. Faire des économies en augmentant le nombre de repas végétariens, en achetant moins de produits transformés, en privilégiant les circuits courts, en diminuant le gaspillage, en optant pour des fruits et légumes moches et en éliminant les contenants jetables. Vos économies pourront servir à vous procurer des produits locaux plus dispendieux. 
  7. Utiliser une partie du fonds de la Mesure alimentaire accordée aux écoles par le gouvernement du Québec pour acheter des aliments locaux.
cuisine institutionnelle

Pistes d’action pour faire rayonner et pérenniser votre démarche

  1. Participer au projet De la ferme à l’école d’Équiterre pour bénéficier entre autres de formations et d’accompagnement dans le démarrage, la consolidation et la pérennisation du projet.
  2. Obtenir la reconnaissance Aliments du Québec au menu pour profiter d’un accompagnement de l’équipe d’Aliments du Québec dans la quantification de votre part d’approvisionnement local, la recherche d’aliments québécois et le rayonnement de vos actions. Il est aussi possible de faire affaire avec un fournisseur de service alimentaire reconnu par l’organisme. 
  3. Faire rayonner le projet en se dotant d’un plan de communication et en multipliant les occasions d’en parler. Le lancement est un excellent moment pour convier les élus locaux et les médias. N’oubliez pas de documenter toutes les étapes avec des photos et des vidéos !
  4. S’inspirer des écoles audacieuses qui ont mis l’alimentation locale à leur sauce. 

Que vous rêviez gros ou que vous préfériez commencer par de petits pas, sachez qu’augmenter sa part d’achat local est à la portée de tous. Et gageons qu’une panoplie de bénéfices collatéraux inattendus vous surprendront!