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À Magog, l’école primaire Brassard-Saint-Patrice a su transformer le mois de février en un moment attendu de toutes et tous. Né il y a 15 ans, son carnaval d’hiver est devenu une véritable tradition : une occasion festive de tisser des liens, de faire bouger les élèves dehors et de semer la joie dans la communauté.
*** Cet article est publié dans le cadre d’un partenariat spécial entre 100o et la Faculté des sciences de l'activité physique de l'Université de Sherbrooke. Théo Lestage-Rousseau, chargé de cours et ambassadeur 100°, a invité les étudiant·es de son cours Élaboration et gestion de projet, offert au Baccalauréat en enseignement en éducation physique et à la santé, à rédiger des articles de presse « à la manière 100° » pour présenter un projet inspirant mis en œuvre dans un milieu scolaire, communautaire ou entrepreneurial et en lien avec l’activité physique et/ou les saines habitudes de vie. Deux articles ont été sélectionnés pour publication. Aujourd'hui, nous vous présentons l'article d'Élie Bourque.***
Tous les hivers, durant une journée bien spéciale, la cour de l’école Brassard-Saint-Patrice (pavillon Brassard) et le parc voisin des Braves prennent des allures de village animé. Éclats de rire, musique et effluves de chocolat chaud remplissent l’air glacé. Au centre de cette effervescence : le carnaval d’hiver, orchestré par Jean-Nicolas Dion, enseignant en éducation physique et à la santé.
Un événement rassembleur au cœur de l’hiver
Pourtant simple, le concept est très efficace : 24 équipes mixtes, formées d’élèves de la maternelle à la 2e année, s’affrontent dans une série d’ateliers ludiques animés par des élèves de 5e et 6e année, faisant partie du programme Santé globale (du pavillon Saint-Patrice).
Pendant deux heures (la première avant le dîner; la deuxième après), les jeunes participent à 12 activités différentes, allant des relais aux épreuves d’adresse, toujours dans une atmosphère festive et inclusive. Par exemple, un des ateliers consiste à transporter une boule de neige sur une cuillère sans la faire tomber, tandis qu’un autre propose un mini-parcours en raquettes, à franchir en équipe.
« Voir les plus vieux guider les plus jeunes, c’est ce qui rend ce carnaval magique », explique Jean-Nicolas Dion, visiblement fier de la portée éducative et humaine du projet.
Planifier et collaborer… le secret d’un carnaval réussi
Derrière cette journée se cache une organisation rigoureuse. Le projet est piloté par le comité des saines habitudes de vie de l’école et bénéficie d’un appui de la direction, du personnel et de plusieurs partenaires locaux.
Chaque détail est pensé : la formation des équipes mixtes, la répartition des ateliers, l’encadrement des élèves et la gestion de la sécurité. Des parents bénévoles, des enseignant·es et parfois même des stagiaires assurent le bon déroulement des activités. Les élèves de 5e et 6e année reçoivent d’ailleurs une courte formation en animation, leur apprenant à expliquer les règles, à encourager les plus jeunes et à assurer la sécurité dans chaque station. « Le soutien de l’équipe-école fait toute la différence », souligne Jean-Nicolas Dion.
Côté logistique, l’école peut compter sur l’appui de la municipalité de Magog, notamment pour la mise en place d’un feu de camp, et sur un commanditaire local, le Café Caffuccino, qui fournit le chocolat chaud. Le budget alloué au projet (environ 350 $) est modeste, mais bien optimisé et permet d’offrir une boisson réconfortante à tous les participant·es.
Des parents bénévoles s’impliquent aussi dans l’aventure en participant à la construction d’un impressionnant château de glace dans la cour, réalisé à partir de blocs colorés, moulés dans des contenants recyclés. Ce décor devient le cœur symbolique du carnaval.
Mobiliser les élèves par le plaisir et la responsabilisation
Ce qui distingue particulièrement le carnaval d’hiver de l’école Brassard-Saint-Patrice, c’est sa façon de mobiliser l’ensemble des élèves. En donnant un rôle clé aux élèves plus vieux, nommés capitaines, l’événement développe chez eux le leadership, le sens des responsabilités et l’empathie. Les plus jeunes, eux, profitent d’une journée où le jeu actif et le plaisir de bouger sont au rendez-vous. Les ateliers sont pensés pour être accessibles, dynamiques et valorisants, favorisant l’esprit d’équipe et la coopération plutôt que la performance.
Chaque édition du carnaval s’articule autour de la thématique des pays, une idée originale qui permet aux élèves de s’identifier à un groupe. Les vêtements colorés, la musique et la construction du château de glace contribuent également à créer une ambiance unique.
Météo capricieuse? Place à la créativité!
Comme tout événement qui se déroule à l’extérieur, le carnaval d’hiver n’échappe pas aux imprévus. Le principal défi est certainement la météo. « Certaines années, le manque de neige ou la pluie nous forcent à revoir complètement les ateliers , mais on s’adapte toujours. L’important, c’est de maintenir la magie de l’événement », raconte Jean-Nicolas Dion.
Lors d’une édition particulièrement pluvieuse, le comité organisateur a déplacé les activités dans le gymnase et dans les corridors, transformés pour l’occasion en stations de défis moteurs et de parcours d’adresse.
Cette capacité d’adaptation fait partie intégrante du succès du projet. Le comité organisateur a appris à réagir rapidement : modifier les activités, déplacer certaines stations ou encore impliquer davantage les stagiaires lorsque les parents bénévoles se font plus rares. Au fil des années, l’expérience acquise a permis de créer un modèle flexible, capable de s’adapter à la météo et au nombre de participant·es.
Des retombées positives, au-delà du carnaval d’hiver
Le carnaval de l’école Brassard-Saint-Patrice génère des retombées concrètes et durables pour la vie scolaire. D’abord, il renforce le sentiment d’appartenance à l’école : élèves, enseignant·es, parents et bénévoles se sentent partie prenante d’un projet porteur.
Ensuite, il contribue à la promotion des saines habitudes de vie, en démontrant que bouger dehors en hiver peut être à la fois accessible et amusant. Enfin, il favorise le développement global des élèves : les plus jeunes apprennent la coopération et la persévérance, tandis que les plus vieux découvrent le plaisir de guider et de soutenir les autres. « Au-delà du sport, c’est une journée qui cultive le respect, l’entraide et le plaisir d’être ensemble », résume Jean-Nicolas Dion.
Une source d’inspiration pour d’autres écoles
Alors que plusieurs écoles cherchent à redonner à l’hiver sa place dans la vie active des jeunes, l’exemple de l’école Brassard-Saint-Patrice démontre qu’il est possible de créer un événement rassembleur à faible coût, basé sur la collaboration et la créativité. Le secret ? Miser sur la simplicité, l’engagement collectif et la valeur éducative du jeu.
Chaque édition du carnaval d’hiver rappelle que la santé et le bien-être passent aussi par la joie de bouger, l’envie de s’amuser et le plaisir de relever des défis ensemble, peu importe la température. Tant qu’il y aura un peu de neige et des sourires sur les visages, le carnaval continuera de faire vivre cet esprit de bonheur collectif.
Rédaction : Élie Bourque, étudiant à l'Université de Sherbrooke
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