En rafale

Rétrospective 2020 : nos coups de cœur de l’actualité

Le 18 décembre 2020

C’est devenu une tradition pour 100º de jeter un dernier coup d’œil sur l’année qui vient de s’écouler. Et bien que, en 2020, l’actualité a largement été dominée par la COVID-19, l’équipe de rédaction vous propose, dans cette rétrospective, un florilège des nouvelles, d’ici et d’ailleurs, qui nous ont inspirés, charmés ou même enchantés. Chacune à leur manière, ces petites histoires font la preuve qu’avec de l’audace, de l’ingéniosité et du courage, oui, il est possible de changer le monde !

Mention spéciale

La ville d’Oslo a presque atteint l’idéal de la Vision Zéro

En 2019, la capitale de la Norvège n’a eu à déplorer le décès d’aucun piéton et d’aucun cycliste. Seul un automobiliste a trouvé la mort en emboutissant accidentellement une clôture. Ce bilan exceptionnel est largement attribuable aux efforts que mène la municipalité pour diminuer l’utilisation de la voiture. Une bonne partie de son centre-ville est même interdite aux automobiles privées. En plus d’accroître la sécurité des usagers de la chaussée, de favoriser le transport actif et de diminuer considérablement la congestion automobile, les mesures prises par la ville s’inscrivent aussi dans le cadre d’une stratégie de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Cette année, la ville souhaite atteindre une réduction de 36 % par rapport aux seuils de 1990. Et en 2022, de 50 % pour viser finalement, en 2030, 95 %. Autrement dit, la Vision Zéro rapproche aussi Oslo du Zéro Émission.
Source : SmartCitiesDive

Cure de jouvence

Erion Veliaj, ce maire de Tirana qui gouverne grâce au pouvoir des enfants

Élu en 2015, alors qu’il était seulement âgé de 35 ans, Erion Veliaj s’est rapidement fait remarquer en piétonnisant le square Skanderberg, un immense rond-point automobile de 40 000 m2 au centre-ville. Ce faisant, il venait de créer le plus grand parc urbain destiné aux enfants en Europe de l’Est. Dans une entrevue qu’il a accordée à l’organisme Institute for Transportation & Development Policy, il revient sur les leçons qu’il a pu tirer de son premier coup d’éclat. Car en matière de verdissement, surtout lorsque de tels projets se font aux dépens de l’automobile, il est crucial, selon lui, d’identifier les membres de la communauté qui vont leur apporter un soutien indéfectible. C’est ainsi qu’il a misé sur les enfants, sachant qu’il pouvait compter sur une avant-garde révolutionnaire, à l’échelle domestique, plus apte à convaincre les parents que des politiciens ne peuvent le faire !
Source : Institute for Transportation & Development Policy

Exemplaire unique

Milan : le « Don Quichotte des libraires » qui défie le géant Amazon

Luca Ambrogio Santini, au guidon de vélo cargo rouge, fait véritablement figure de chevalier errant, lui qui sillonne certains quartiers de Milan pour aller porter les livres commandés par ses clients. Son service, appelé LibriSottoCasa (livres sur le pas de la porte) est né d’une implacable nécessité. En effet, pendant 20 ans, Luca Ambrogio Santini a été propriétaire d’une librairie. Mais, en 2013, victime de la concurrence en ligne des géants de la distribution, il a dû mettre la clé à la porte de son établissement. C’est alors qu’il a découvert qu’il pouvait demander un permis pour continuer ses activités en tant que vendeur ambulant. Il est d’ailleurs la première personne de la ville qui se soit prévalue d’un tel permis pour vendre des livres… Et ce pugnace libraire itinérant est bien résolu à poursuivre son combat auprès de ses quelque 2 000 collègues qui ont créé leur propre plateforme en ligne, un peu comme chez nous Les libraires. Ce Don Quichotte des temps modernes souligne, malicieusement, qu’il offre très souvent un service plus rapide qu’Amazon !
Source : The Guardian

Mention spéciale

Belgique : comment la ville de Gand s’est-elle affranchie de la voiture

En une décennie à peine, le visage de cette ville d’environ 250 000 habitants a radicalement changé. Comment ? Grâce à un ambitieux plan de mobilité, résolument axé sur les transports actifs et collectifs. Les autorités municipales, qui souhaitaient, entre autres, faire passer la part des déplacements à vélo de 24 %, en 2012, à 35 % en 2030 ont d’ailleurs atteint cet objectif en 2019 ! Une des stratégies employées a été d’isoler entre eux les 6 quartiers qui entourent le centre-ville (le seul où les voitures sont exclues). Pour les piétons, les cyclistes et le transport collectif, ces frontières sont invisibles. Par contre, les voitures, pour passer d’un quartier à l’autre, doivent d’abord en sortir puis emprunter la route périphérique qui les ceinture tous. Autrement dit, impossible de traverser la ville de Gand en voiture : il faut en faire le tour. Une ville, d’ailleurs, qui vaut le détour…
Source : TreeHugger

Valeur ajoutée

Vienne : une prime à la culture pour les adeptes du transport actif

La capitale autrichienne va bientôt lancer une application mobile pour justement contribuer à la mobilité durable. Grâce à un système de traçage, l’application déterminera le mode de transport de l’utilisateur et l’étendue de son trajet pour ensuite calculer les économies de CO2 réalisées en comparaison de l’auto solo. Chaque fois qu’un piéton, un cycliste ou un usager du transport collectif aura évité d’émettre 20 kg de CO2, il recevra un « jeton culture » échangeable contre une entrée dans un des quatre types d’établissements qui participent à ce projet pilote : musée, salle d’exposition, salle de concert et théâtre. Selon les estimations, quinze jours de transport actif devraient suffire pour mériter un jeton culture. D’une durée de 6 mois, ce projet sera testé auprès de 1 000 participants. Et si l’expérience est concluante, les « jetons culture » pourront profiter à l’ensemble de la population dès l’automne 2020.
Source : Journal Métro

L’union fait la force


Abitibi-Témiscamingue : un projet pilote de compostage thermophile fermé !

Elles portent les noms méconnus de Landrienne, La Corne, Saint-Marc-de-Figuery et Saint-Félix-de-Dalquier. Ces quatre petites municipalités ont décidé d’unir leurs forces pour tester un système de compostage thermophile fermé dans le cadre de leurs collectes porte-à-porte de matière organique. L’utilisation de cette technologie, à l’échelle municipale, constitue une première et a entre autres pour objectif de répondre aux enjeux particuliers que pose le froid durant la saison hivernale. Le projet, financé grâce à une enveloppe de 465 000 $ provenant de la Fédération canadienne des municipalités et du gouvernement du Canada, dans le cadre du Fonds vert municipal, fera l’objet d’une étude au cours des 12 prochains mois afin de tester sa viabilité à long terme. Et si la technologie montre son efficacité en territoire nordique, toutes les informations recueillies seront par la suite partagées aux autres municipalités du Québec.
Source : ICI Radio-Canada

Regard participatif

« Ramaillages » : quand solidarité et autonomie alimentaire font bon ménage

En Gaspésie, le phénomène de la néoruralité gagne en importance. Le mot décrit la réalité de personnes qui vont s’implanter sur le territoire ou, qui après l’avoir quitté, y retournent. Moïse Marcoux Chabot, avec « Ramaillages », signe une exceptionnelle série documentaire qui se porte à la rencontre de ces nouveaux Gaspésiens, amoureux du territoire, soucieux de sa protection, et qui, tous à leur manière, œuvrent à l’autonomie alimentaire de la région. Des gens qui adoptent des méthodes agriculturales à échelle humaine, respectueuses de l’environnement et qui s’efforcent de mettre en valeur aussi bien les savoir-faire traditionnels que de transmettre les nouvelles connaissances. Des gens convaincus que chaque petit effort individuel enrichit la collectivité. Qui cultivent les initiatives locales pour retisser les liens de la communauté et ramailler le filet social.
Source : ONF

Modérer les transports

La téléportation comme indice de satisfaction des navetteurs

On doit cette idée à la série de science-fiction Patrouille du Cosmos (Star Trek). C’est assurément le mode de transport par excellence puisqu’il permet d’aller instantanément du point A au point B sans aucun effort. À la condition d’accepter que les atomes de notre corps soient dissociés au point de départ puis réassemblés à l’arrivée. Des chercheurs ont eu l’idée de proposer cette option, hypothétique bien sûr, à des automobilistes, des usagers du transport collectif, des cyclistes et des piétons. Près des trois quarts des automobilistes ont affirmé qu’ils troqueraient volontiers leur voiture pour la téléportation. Dans le cas des usagers du transport collectif, ce sont les deux tiers. Par contre, les piétons (28 %) et les cyclistes (35 %) ont montré beaucoup moins d’enthousiasme à tenter l’expérience, notamment parce que leur mode de déplacement leur procure beaucoup plus de satisfaction que les autres usagers de la route. Ne dit-on pas que dans un voyage, ce n’est pas la destination qui compte, mais toujours le chemin parcouru, y compris les détours ?
Source : TreeHugger

La main à la pâte

Les Cuisines Solidaires : des millions de repas cuisinés pour les banques alimentaires

La Tablée des Chefs et ses partenaires lançaient, dès le début du grand confinement, une mobilisation d’envergure afin de soutenir les Banques alimentaires du Québec (BAQ). En effet, en raison de la crise sanitaire, les activités des organismes communautaires étaient durement touchées. Certains ont même dû fermer leurs portes, ce qui compliquait le quotidien d’un nombre grandissant de personnes et de familles qui dépendaient de cette aide. Mais, rapidement, des chefs réputés répondaient à l’appel de Jean-François Archambault, directeur général et fondateur de La Tablée des Chefs. Plusieurs d’entre eux ont rallumé leurs fourneaux et mobilisé leurs brigades. Des établissements prestigieux dans le domaine de l’hôtellerie ont en outre prêté leurs cuisines. Et pour ajouter à cette coalition arc-en-ciel, de nombreux acteurs du domaine de l’alimentation ont fourni des centaines de tonnes de nourriture tandis que des institutions et des fondations ont apporté leur soutien financier pour que la solidarité soit au menu. Et l’objectif initial de 800 000 repas a vite été dépassé pour allègrement franchir le cap des 2 millions. Une initiative qui a valu à Jean-François Archambault le prix coup de cœur UPA 2020.
Source : La Tablée des Chefs

Pèlerinage urbain

Visite des 20 plus belles ruelles vertes de Montréal

Le projet était un peu fou, mais après plus d’une année, le chroniqueur Gilles Beaudry a finalement arpenté les 443 ruelles vertes existantes de l’île. Pour établir son palmarès, il les a notées en vertu de deux grands types de caractéristiques : naturelles et socioculturelles. Car au-delà du verdissement, de l’agriculture urbaine et de la biodiversité, les ruelles vertes sont des lieux de rencontre et de socialisation où l’on est susceptible de retrouver des bibliothèques libre-service, des œuvres décoratives qui témoignent de la créativité de leurs utilisateurs, ainsi que des bancs, des tables, des babillards et des aires de jeux. Bien sûr, le randonneur ne prétend pas que sa liste soit parfaitement objective – d’ailleurs les 20 ruelles primées ne sont pas classées entre elles par ordre de mérite. Bref, voilà autant de coups de cœur qui méritent le détour dans cet inspirant photoreportage !
Source : Mes Quartiers

Précision du temps

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Plaidoyer pour le plein air, peu importe les conditions météorologiques

Professeur de linguistique écologique à l’Université de Gloucestershire, Arran Stibbe souhaite réformer la terminologie utilisée dans les bulletins météorologiques. Il déplore que le beau temps soit invariablement associé à la présence du soleil et de la chaleur. Pourquoi, demande-t-il, ne parle-t-on jamais de la pluie en termes élogieux pour souligner à quel point elle est rafraîchissante, revigorante et source de vie ? Cette obsession d’un ciel sans nuage, sans une goutte de pluie, fausse, selon lui, notre rapport à l’environnement. Comme si le plein air ne pouvait s’apprécier que d’une seule manière : par beau temps. Or, plaide-t-il, il n’y a pas de mauvais temps. Les différentes conditions météorologiques sont autant d’habits qui parent nos paysages et qui nous permettent de les vivre en autant de manières. Les enfants, surtout, doivent apprendre à jouer dehors, peu importe la température. Arran Stibbe invite d’ailleurs parents et enseignants à consulter son plaidoyer (en anglais) pour lancer la discussion et changer notre vocabulaire comme notre comportement à l’égard de la neige ou de la pluie.
Source : Treehugger

Résister à la tentation

La ville de Berkeley interdit les présentoirs de friandises aux comptoirs-caisses 

En 2014, Berkeley devenait la première ville américaine à imposer une taxe sur les boissons sucrées. Une mesure qui s’est d’ailleurs avérée efficace. De nouveau, cette municipalité californienne fait figure de pionnière en interdisant l’offre ostentatoire de bonbons, grignotines, ou boissons sucrées aux comptoirs-caisses. En éliminant ce que les Britanniques ont surnommé les « files de la culpabilité » (Guilt lanes), les autorités municipales souhaitent offrir des environnements qui seront nettement moins favorables aux achats impulsifs. Une étude, parue en 2018, démontrait d’ailleurs qu’une telle mesure, facile à implanter et à généraliser, serait susceptible de radicalement changer les mauvaises habitudes de consommation en évitant de nous soumettre à la tentation…
Source : CNN

Inusité

Royaume-Uni : un chargement de 30 tonnes de carottes déversé sur un campus universitaire

Fait divers attribuable à une erreur de GPS ? Non, il s’agit en réalité d’une performance préméditée par un étudiant en maîtrise aux Beaux-Arts, à l’Université Goldsmith. Intitulée « Grounding  », l’œuvre éphémère veut rappeler l’importance de renouer avec l’origine de nos aliments : la terre. C’est donc, une mise à la terre qui, reprenant le vocabulaire du génie électrique, invite à nous « connecter » avec la Nature. Mais cette performance prend surtout valeur de manifeste en dénonçant la superficialité des critères esthétiques qui prévalent dans le secteur de la distribution. Car toutes ces carottes, jugées « moches » ou dont le calibre ne correspond pas aux standards, ont été refusées et ne se rendront donc pas jusqu’à l’assiette des consommateurs. Pourtant, malgré leurs apparentes difformités, elles possèdent de toutes aussi bonnes qualités nutritionnelles. Ceci maintenant établit, que tous se rassurent, puisque lesdites carottes ont depuis été ramassées afin de servir de nourriture aux animaux.
Source : TreeHugger

Inspirant

Octroyer la citoyenneté aux pollinisateurs afin de mieux les protéger

Dans la petite ville de Curidabat, au Costa Rica, les abeilles, les papillons, les colibris et les chauves-souris nectarivores sont considérés comme des citoyens à part entière. C’est dire que leur bien-être doit être pris en compte chaque fois que la municipalité entérine ses décisions. Ainsi, avec une population de 175 000 habitants (humains), la ville compte 180 parcs qui, aux yeux des autorités, sont autant d’infrastructures qui rendent des services écosystémiques à l’ensemble de la population et, à ce titre, considérés comme des sanctuaires de biodiversité. Cette initiative, appelée Ciudad Dulce ou « ville sucrée », n’est pas sans faire écho à la figure tutélaire de Pachamama, la Terre-Mère qui, dans bien des cultures d’Amérique latine, est associée à la protection de la nature. On se prendrait presque à rêver que l’octroi de la citoyenneté aux pollinisateurs fasse aussi partie des mesures du Plan d’agriculture durable 2020-2030, dévoiler par le ministre de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation, et qui vise à accélérer l’adoption de pratiques agroenvironnementales. Peut-être un jour…
Source : ICI Radio-Canada