Ressource
L’année qui vient de s’écouler aura été foisonnante de nouveautés en matière d’innovation sociale, voire de changements de paradigmes. Dans ce flot d’informations, certaines initiatives se démarquent à titre de tendances susceptibles d’imposer leur marque dans les prochaines années. L’équipe 100º vous propose donc un petit retour en arrière afin de mieux regarder vers l’avenir.
Le bambou est-il plus écologique que le plastique?
Depuis l’interdiction de certains objets à usage unique faits de plastique, on a rapidement vu apparaître, pour les remplacer, des ustensiles en bambou. Un matériau beaucoup plus noble et qui, bien sûr, est parfaitement biodégradable, contrairement au plastique. Une vertu qui ne permet toutefois pas de conclure que ces ustensiles en bambou sont meilleurs pour l’environnement que leurs contreparties tirées des hydrocarbures. Il faut d’abord savoir que la transformation du bambou, pour en faire des objets, exige des ressources et de l’énergie. Par ailleurs, si la culture de cette plante est facilitée par le fait qu’elle demande peu d’eau et d’intrants, comme des engrais et des pesticides, il ne faut pas non plus qu’elle entraîne de la déforestation. Autrement dit, le vrai problème ici, c’est le concept d’objets à usage unique. Peu importe les matériaux qui le composent, il est tout simplement insensé de jeter un ustensile qui pourrait aisément servir des dizaines et des dizaines de fois.
Source : La Presse
La neige: rebut ou ressource?
Au Québec, nous entretenons un rapport amour-haine avec la neige. On se désole quand elle ne couvre pas les pentes de ski en hiver, mais, dès que les flocons s’accumulent sur la chaussée, on s’empresse de les faire disparaître, souvent dans des dépôts à neige où, parfois, un seul été ne suffit pas à tout faire fondre. Mais, dans certains pays, comme la Suède, la Norvège ou le Japon, on conserve de la neige dans de grandes fosses où circulent des tuyaux caloriporteurs, ce qui permet, durant l’été, de récupérer tout ce froid et l’utiliser pour climatiser des édifices, des hôpitaux et même des aéroports. Une manière efficace de diminuer la consommation d’énergie et de rentabiliser les opérations de déneigement. À elles seules, les villes de Montréal et de Québec évacuent dans un hiver plus de 20 millions de mètres cubes de neige pour une facture de 300 millions de dollars. Quand on songe que, pour la plus grande part, nos hôpitaux ne sont même pas climatisés…
Source : Le Devoir
Des mycoprotéines bientôt dans votre assiette?
On sait que la production de protéines bovines engendre un impact environnemental démesuré. Pour donner un ordre de grandeur, il faut 15 000 litres d’eau douce pour produire un seul kilo de steak. Plusieurs se tournent donc vers les protéines végétales, comme les haricots, les lentilles, alors que certains, moins nombreux, optent pour l’entomophagie : qui fournit des protéines animales, mais tirées des insectes. Toutefois, moins connues sont les protéines fongiques. Elles sont produites dans le mycélium de ce que l’on appelle couramment les champignons. En effet, le mycélium possède la capacité de décomposer une grande variété de substrats, qu’ils soient solides ou liquides. Donc, à partir de résidus végétaux, dans une logique d’économie circulaire, de lutte au gaspillage et de sécurité alimentaire. En moyenne, la biomasse fongique se compose de 46 % de protéines, de 3 % de lipides et de 23 % de glucides. Voilà donc une ressource alimentaire riche en protéines et pauvre en lipides. À suivre…
Source : La Terre de chez nous
Union européenne: les énergies vertes dominent
Depuis le début du Pacte vert pour l’Europe, en 2019, la part des énergies renouvelables (hydraulique, éolien, solaire) est passée à 47 % de la production d’électricité, en hausse de 13 %, contre 29 % pour les combustibles fossiles, soit une diminution de 10 % en moins de 6 ans! Selon les données disponibles, la production d’énergie solaire a connu une croissance remarquable, depuis 2019, ce qui aurait permis aux 27 pays de l’Union européenne d’épargner 59 milliards d’euros en importations de combustibles fossiles. Voilà un exemple éloquent. Celui d’une transition énergétique qui connaît un succès auquel peu de gens s’attendaient en 2019. La preuve que c’est réalisable, même si d’autres, comme nos voisins, préfèrent miser sur le fossile, en harmonie avec leur vision passéiste…
Source : Le Devoir
Forêts urbaines: la règle 3-30-300 pour des villes plus vertes
Les arbres rendent de nombreux services environnementaux qui sont essentiels à la résilience de nos villes. Ils contribuent aussi, par leur présence, au maintien d’environnements propices à la santé physique et mentale des citadin·es. Mais combien en faut-il ? Et où doivent-ils se retrouver ? Pour le savoir, il suffirait d’appliquer la règle 3-30-300.
Source : 100º
Des politiques de santé publique qui donnent des résultats en 5 ans
La prévention est le parent pauvre du domaine de santé, car les politiciens hésitent souvent à consentir des investissements susceptibles de n’apporter des bienfaits qu’une génération plus tard. Or, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le cas des maladies chroniques, les décideurs ont la possibilité d’effectuer des « choix à effet rapide ». Car ces « maladies non transmissibles » sont généralement imputables à des facteurs de risque (par exemple: tabac, alcool, mauvaise alimentation, inactivité physique) sur lesquels on peut agir rapidement afin d’améliorer l’état de santé de la population et donc diminuer la pression sur le système de santé. L’OMS a ainsi identifié 25 mesures de santé publique, dont le « rapport coût-efficacité optimal » peut déjà se mesurer en un seul cycle politique. Raison de plus pour agir dès maintenant.
Source : Organisation mondiale de la santé
Consultation citoyenne: et si on écoutait les enfants?
La consultation des enfants, dans l’élaboration de projets qui les concernent, est un concept méconnu. Il peut pourtant avoir un impact considérable sur leur présent et leur futur. Pour mieux comprendre l’intérêt et le fonctionnement de ce processus, 100° en discute avec Caroline Schindler, agente de développement – Vie démocratique chez Concertation Montréal.
Source : 100º
L’impact environnemental des véhicules autonomes
Se basant sur l’économie de services plutôt que l’économie de produits, certains constructeurs automobiles ont commencé à miser sur des véhicules automobiles autonomes surnommés robotaxis. Plus besoin d’investir dans une coûteuse automobile privée, garée 95 % de son temps, si on peut héler un robotaxi avec son téléphone. Une proposition certes alléchante, mais qui, en réalité, risque d’augmenter le nombre de kilomètres parcourus par personne. En effet, c’est très pratique de pouvoir se déplacer du point A au point B sans avoir à interrompre ses activités. Mais, ces robotaxis vont eux-mêmes parcourir de nombreux kilomètres en roulant à vide pour aller cueillir un client, ou en « orbitant » autour d’une zone en attente d’un appel. Sans oublier que cette approche risque de contribuer à l’étalement urbain. Bref, mieux vaut construire de meilleures villes que de meilleures voitures.
Source : SmartCitiesDive
L’écofiscalité au service du verdissement
La municipalité de Saint-Amable a connu un boom immobilier qui a transformé son territoire. En trois décennies, sa population a presque triplé. Et trop souvent, les maisons semblent avoir poussé plus rapidement que les arbres. Si bien que les îlots de chaleur se sont multipliés. Or, l’un des meilleurs moyens d’atténuer ce phénomène, c’est de planter des arbres feuillus. Ce que la ville a entrepris de faire sur ses propres terrains. Et pour inciter les propriétaires de maisons à faire de même, Saint-Amable a instauré une nouvelle taxe de 200 $ applicable aux propriétés qui n’auront pas planté de feuillus sur le terrain devant leur résidence. Une mesure incitative qui sensibilise, puisque, déjà, sur les deux tiers des terrains visés, on voit pousser au moins un arbre à feuilles.
Source : La Presse
La réalité augmentée pour conférer un sixième sens aux cyclistes
L’adage est bien connu: on n’arrête pas le progrès. Et bien que ses avancées soient parfois plus lentes que prévu, rien ne pourra stopper la multiplication des véhicules autonomes sur nos routes. La question se pose donc de savoir comment pourront interagir les cyclistes en présence de véhicules sans conducteur, et donc privés de la possibilité d’échanger un regard pour en connaître les intentions. Pour le moment, des chercheurs de l’Université de Glasgow ont développé l’outil CycleARcade afin de permettre aux cyclistes, qui roulent dans des environnements réels, d’interagir avec des véhicules autonomes simulés grâce à des casques de réalité augmentée. Contrairement aux simulateurs traditionnels, qui utilisent des vélos stationnaires entourés d’écrans d’ordinateur pour imiter les situations du monde réel, CycleARcade permet aux cyclistes de tester en toute sécurité des scénarios immersifs qui pourraient être dangereux sur de vraies routes avec de vraies voitures. À suivre…
Source : University of Glasgow
Les effets de l’urbanisme sur la santé mentale
On réalise, depuis quelques décennies, le rôle que peuvent jouer les aménagements urbains pour favoriser le bien-être et l’adoption de saines habitudes de vie. En revanche, les facteurs qui facilitent le lien social, l’un des pivots de la santé mentale, sont demeurés un peu sous le radar. Bien sûr, les sociologues urbains, depuis les années 1980, connaissent, par exemple, le concept de « tiers-lieux », qui désigne ces endroits de rencontres informelles, qui ne sont ni la maison ni le travail, et qui favorisent le développement des communautés. Or, de plus en plus nombreuses sont les personnes qui étudient ces environnements bâtis propres à la consolidation d’interactions sociales significatives, qu’elles soient brèves ou très personnelles. Bien sûr, il n’existe pas d’approche unique en la matière, mais on s’affaire désormais à découvrir les diverses stratégies qui augmentent les chances d’interactions pour assurer le mieux-être de toutes et tous.
Source : National Geographic
Royaume-Uni: près de la moitié des jeunes rêve d’un monde sans Internet
Selon une étude récente, 70 % des jeunes rapportent mal se sentir après avoir passé du temps sur les médias sociaux. Et la moitié d’entre eux soutiendraient la mise en place d’un couvre-feu numérique qui restreindrait leur accès à certains sites ou application après 22 h. Plus étonnant, 46 % des jeunes répondants trouveraient préférable de vivre dans un monde sans Internet ! Bien que, dans certaines sphères de la société britannique, cette idée de couvre-feu numérique commence à circuler, d’autres personnes doutent de son efficacité réelle, puisqu’elle ne protège pas les jeunes contre les risques associés à l’utilisation d’Internet durant la journée. Cela dit, le mérite de cette étude est de nous apprendre que les jeunes sont bel et bien au courant des risques que comporte la vie numérique et qu’ils pourraient certainement bénéficier d’une aide avisée.
Source : The Guardian
L’IA pour détecter les îlots de chaleur urbains
On sait que plusieurs facteurs sont propices à la formation d’îlots de chaleur en milieu urbain (ICU) : circulation automobile, concentration de bâtiments, absence de végétation, matériaux de construction inadéquats, revêtement des sols… Pour bien mesurer leurs impacts à l’échelle d’une ville, on doit recourir à des images thermiques prises par satellites ou par drones. Des techniques efficaces, mais complexes et coûteuses à déployer. Or, le finissant à la maîtrise en géographie à l’UQAM, Ali Tarhini, a développé un modèle d’apprentissage profond, appelé U-Net, qui permet de prédire efficacement la distribution spatiale des ICU à partir de simples images optiques. Grâce à certains indices tirés de ces images, l’IA peut ensuite de les corréler à des variations de température de surface. Bref, voilà bientôt un nouvel outil à la disposition des planificateurs pour les aider à mieux combattre les ICU.
Source : Actualités UQAM
Taxer les boissons sucrées fait diminuer leur consommation
C’est le constat d’une nouvelle étude, financée par Cœur + AVC, et portant sur les impacts de la toute première taxe imposée sur les boissons sucrées au Canada. En effet, Terre-Neuve-et-Labrador est à l’avant-garde dans le domaine. Et, un an après l’entrée en vigueur de cette taxe, on mesurait une diminution des ventes de boissons sucrées de 12 %. L’une des chercheures souligne même : « La probabilité que les gens consomment une boisson sucrée taxée au cours d’une semaine donnée a diminué de 24 %, ce qui est un résultat encourageant ». Toutefois, pour garantir l’efficacité de cette mesure, il faudrait aussi taxer certaines boissons sucrées qui en sont exemptées, comme le lait au chocolat et les cafés aromatisés, dont la probabilité que la population en consomme augmente dans ces conditions de 52 %. En outre, souligne l’équipe de recherche, il faut veiller à ce que la population ait accès à des options plus saines, comme l’eau, surtout les personnes à plus faible revenu et en situation d’insécurité alimentaire.
Source : Cœur + AVC
Les coupons nourriciers: pour que tout le monde puisse manger sain et local!
Pour plusieurs ménages en situation de vulnérabilité, l’accès à des aliments sains, frais et locaux demeure un défi. C’est pour répondre à cet enjeu que l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ), en collaboration avec le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) – affilié à l’Institut national d’agriculture biologique (INAB) du Cégep de Victoriaville –, a lancé cet été un projet pilote de coupons nourriciers.
Source : 100º
Changements climatiques: la Cour internationale de justice tranche
Le droit international impose aux États des obligations en matière de protection du système climatique. Ce qui rend possible « l’octroi d’une réparation intégrale aux États lésés » par ceux qui négligent de réduire et de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ont conclu à l’unanimité les 15 juges de la Cour internationale de justice (CIJ). Un jugement qui vise tout particulièrement les pays développés, premiers responsables du changement climatique et dont les effets se font le plus cruellement sentir dans les États qui, typiquement, émettent peu de GES. À ce chapitre, la CIJ pointe du doigt les généreuses subventions octroyées à l’industrie des énergies fossiles. Une pratique irresponsable. Et c’est sans compter les prochaines générations qui ne nous pardonneront sans doute pas de vivre éhontément à crédit en hypothéquant leur avenir.
Source : La Presse
L’impact de la « marchabilité » sur les niveaux d’activité physique de la population
Jusqu’à maintenant, les études menées pour savoir si les environnements bâtis favorables à la marche ont le potentiel d’accroître l’activité physique n’ont pas apporté de résultats concluants. Par exemple, il est possible que les personnes plus actives choisissent leur milieu de vie en conséquence. Afin de départager ces nuances, des chercheurs ont étudié une cohorte américaine de plus de 2 millions de personnes utilisant un téléphone intelligent pour mesurer leurs changements comportementaux au cours de 248 266 journées d’activité physique, à travers 7 447 déménagements dans 1 609 villes. Les résultats de cette « expérience naturelle » montrent qu’une augmentation (ou une diminution) de la « marchabilité» est associée à une augmentation (ou une diminution) significative de l’activité physique après un déménagement. Autrement dit, l’auto-sélection résidentielle n’est pas un facteur déterminant. Ce qui apporte des preuves solides démontrant l’importance des impacts de l’environnement bâti sur la santé de la population. Au-delà des choix personnels, compte aussi la responsabilité collective.
Source : Nature
Nouvelle tendance: le temps passé sur les réseaux sociaux est en baisse
Qui l’eût cru ? L’économie de l’attention semble tituber pour la première fois. Selon des données compilées dans plus de 50 pays auprès de 250 000 personnes, le temps passé sur les réseaux sociaux dans leur ensemble a reculé d’environ 10 % entre 2022 et 2024. Ce fléchissement serait encore plus marqué chez les adolescents et les jeunes adultes, qui s’y adonnent désormais moins longtemps, moins souvent, moins intensément. Une lassitude qui s’expliquerait par des fils d’actualité saturés de publicités, des recommandations envahies de contenus automatisés et des avalanches de vidéos générées par l’IA. Seule l’Amérique du Nord échappe à cette désaffection. Cela dit, si les réseaux sociaux perdent du terrain, les écrans demeurent omniprésents. C’est simplement que leurs utilisateurs en diversifient les usages.
Source : WeDemain