Éducation alimentaire

AgrÉcoles: quand la fleur semée par une école pollinise tout le Québec

AgrÉcoles: quand la fleur semée par une école pollinise tout le Québec

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En 2016, une école primaire de la Mauricie souhaitait reconnecter les élèves à la nature par l’alimentation locale. Dix ans plus tard, 9153 élèves de partout au Québec plongent les mains dans la terre et découvrent l’univers fascinant de l’agroalimentaire grâce à un programme unique signé AgrÉcoles.

Tout débute avec une boîte à lunch

L’histoire commence il y a dix ans, alors que Maryse Côté est directrice à l’école primaire Louis-de-France, située à Trois-Rivières. Constatant que les enfants ne connaissent pas la provenance des aliments qui composent leur boîte à lunch, elle imagine un projet pour transformer son école en univers agroalimentaire. Après une consultation auprès des parents, tout se met rapidement en branle : la communauté se mobilise, de nombreux bacs à jardin sont installés dans la cour, une cuisine est aménagée dans l’école – grâce à de multiples subventions et commandites de la part de partenaires visionnaires, dont 100o et De la ferme à la cafétéria Canada – et des activités pédagogiques sont conçues pour les élèves.

Rapidement, à l’école Louis-de-France, l’innovation agroalimentaire prend une ampleur impressionnante qui fait jaser au-delà de la Mauricie : une grande serre chauffée permet de cultiver des légumes à l’année; un bar à salades est offert aux enfants, qui transforment eux-mêmes leurs récoltes; une classe en plein air est créée, de même qu’un long sentier faisant le tour des bâtiments et des bacs à jardin.

Quelques années après l’étincelle de départ, le projet bénéficie d’une subvention majeure du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Pour chapeauter le tout et faire essaimer le concept au sein d’autres écoles, l’organisme AgrÉcoles est ensuite fondé.

On est alors en pleine pandémie. Le tout nouvel organisme, en étroite collaboration avec l’équipe-école de Louis-de-France, crée et teste l’entièreté des activités de son programme pédagogique : L’agroalimentaire s’invite à l’école. En 2022, le projet est suffisamment bien ficelé pour prendre son envol dans huit écoles pilotes à travers le Québec. Quatre ans plus tard, ce sont 45 agroécoles rassemblant près de 10 000 élèves qui jardinent, compostent, récoltent et cuisinent ensemble de manière régulière.

Aujourd’hui retraitée du milieu scolaire, Maryse Côté demeure présidente du conseil d’administration d’AgrÉcoles, qui emploie 23 personnes. « Dès le départ, j'ai sincèrement cru au potentiel d’AgrÉcoles pour rejoindre les enfants, mais aussi toute une collectivité, raconte-t-elle. Tout est parti d’une vision. Et ce qui a permis de la concrétiser, c'est d'abord sa pertinence, mais aussi l'appui d'une communauté. L'équipe-école, les parents et nos nombreux partenaires se sont rapidement mobilisés, ce qui a fait toute une différence. »

Maryse Côté
Maryse Côté (crédit photo : Julia Grenier)
équipe AgrÉcoles
Une partie de l'équipe d'AgrÉcoles

Semer pour grandir

Lorsqu’une école intègre le programme dans son établissement, elle s’engage dans une grande aventure qui mobilise l’ensemble des classes, de la maternelle à la sixième année. Avec huit thématiques allant des légumes aux aliments d’ailleurs en passant par les animaux de la ferme, les fleurs, ou encore les cultures ancestrales, les élèves intègrent une foule d’apprentissages tout en s’émerveillant. Des jardins sont bien sûr installés dans la cour, ainsi que des bacs de compostage. Finalement, une agroéducatrice ou un agroéducateur anime des activités pédagogiques dans chaque classe tout au long de l’année. Cet accompagnement dure trois ans, au cours desquels l’équipe-école devient progressivement autonome.   

Évidemment, on peut faire des mathématiques en cuisinant, des sciences en plantant un arbre ou de l’art plastique avec des matériaux trouvés dans la nature. Mais au-delà des compétences académiques, le programme permet d’incarner des valeurs citoyennes et de développer son savoir-être. Récolter le fruit de son travail rend fier. Faire preuve de patience et être en contact avec les beautés de la nature enrichit l’humain. Léguer aux suivants les plants semés cette année pour récolter, en septembre, les plants semés par d’autres avant nous met en lumière l’importance du partage et de l’entraide.

« Loin des écrans, près du vivant » est l’une des devises d’AgrÉcoles, qui outille également les familles à passer plus de temps dehors, à cuisiner et à s’émerveiller ensemble grâce à l’agroalimentaire. Pour ce faire, l’organisme diffuse le balado Semer pour grandir, une infolettre remplie d’astuces, des outils pédagogiques et des magazines que les élèves rapportent à la maison, en plus d’organiser du bénévolat pour l’entretien des jardins durant l’été.

AgrÉcoles en classe
Jenna Hould, agroéducatrice à l’école Villa-de-la-Jeunesse en Mauricie (crédit photo : Geneviève Rajotte Sauriol)

Et si l’agroalimentaire s’invitait dans chaque école?

Quand on demande à madame Maryse ce qu’elle souhaite pour la suite, elle n’hésite pas une seconde : « Mon rêve serait que le programme L’agroalimentaire s'invite à l'école soit intégré dans toutes les écoles du Québec et qu'il devienne une composante naturelle du cursus scolaire. Je suis convaincue qu'on tient là un outil puissant pour former les écocitoyens et écocitoyennes de demain. »

Dans l’avenir, de nombreuses nouveautés germeront, certaines étant déjà sur le point d’éclore. Des offres d’accompagnement pour les milieux de garde de la petite enfance seront bientôt disponibles, tout comme des activités agro-scientifiques à la carte, destinées aux écoles primaires souhaitant défricher de nouveaux terrains pour cultiver la curiosité.

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