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Essor du glanage au Québec: l’union fait la force

Essor du glanage au Québec: l’union fait la force

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Au Québec, le glanage n’en est plus à ses balbutiements. C’est un véritable mouvement qui ne cesse de s’étendre. Et qui dit glanage dit aussi partage des récoltes. D’ailleurs, les personnes qui portent de tels projets ont à cœur le sens du partage sous toutes ses formes. Des personnes qui se sont regroupées au sein d’une communauté de pratique vivante et généreuse.

Glanage
© Les Butineurs

Qu’est-ce que le glanage ?

Pratique vieille comme le monde (ou presque), le glanage consiste à ramasser les fruits et légumes abandonnés dans les champs, et qui autrement se perdraient. À partir de ce principe, les différentes initiatives fonctionnent à peu près ainsi : les fruits et légumes récoltés sont partagés entre le producteur ou la productrice, les bénévoles-cueilleurs et des organismes communautaires.

Cette forme solidaire de glanage agit donc à la fois sur la sécurité alimentaire, le gaspillage alimentaire, la santé et la consommation locale. Ce n’est pas pour rien qu’une trentaine d’initiatives sont aujourd’hui répertoriées au Québec !

Glanage
© Les Fruits partagés - Moisson Rimouski-Neigette

S’unir pour grandir

En 2020, les porteurs et porteuses des initiatives Les Fruits défendus de Montréal, Meilleur après de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Les Fruits partagés de Rimouski et Des Chenaux Récolte se sont rencontrés une première fois. L’idée : partager les bonnes pratiques et s’entraider face aux défis. Car, si organiser des activités de récolte peut avoir l’air simple, il faut penser au financement, au transport, aux listes de contacts, au matériel, à la transformation, etc.

La Communauté de pratique des initiatives de glanage du Québec est alors née, avec comme mission de partager les bonnes pratiques pour accompagner les initiatives et les intégrer aux écosystèmes territoriaux. Trois ans plus tard, cette Communauté regroupe pas moins de 34 projets d’un bout à l’autre de la province.

Jescika Lavergne, coordonnatrice de Cultive le partage en Mauricie, a joint la communauté de pratique en 2021. « Je me suis surtout impliquée pour structurer la communauté. Nous avons par exemple instauré des rencontres mensuelles et des outils de communication comme Slack. Le fait que je ne sois pas au champ nous donne plus de stabilité, parce qu’il y a malheureusement beaucoup de roulement dans notre milieu. Ça me permet aussi d’accueillir les nouvelles personnes. »

Et de nouvelles personnes, il y en a régulièrement. « Le fait que le mouvement grossisse, ça motive tout le mouvement et ça donne envie aux gens de continuer, ajoute Jescika. Nous accueillons à bras ouvert les personnes qui souhaitent démarrer un projet ou tout simplement s’informer. Avec le temps, on a créé des outils qu’on n’hésite pas à partager, histoire d’accélérer la mise en place d’initiatives. L’expérience des uns et des unes sert aux autres. »

Parmi les initiatives structurées via la communauté de pratique, on en compte une nouvelle pour la MRC de la Côte-de-Beaupré et une autre avec Moisson Maskoutaine (Montérégie-Est). Cette dernière vient de la volonté d’une citoyenne issue du milieu agricole, et qui voyait tout le gaspillage qui pouvait être évité dans les champs.

« En discutant avec elle, on l’a convaincue de ne pas porter le projet à bout de bras toute seule, raconte Jescika. On l’a orientée vers la TIR-SHV et le CIUSSS, et ils ont trouvé un chargé de projet. C’est finalement la banque alimentaire qui a pris les rênes de l’initiative, pour laquelle cette citoyenne engagée est aujourd’hui bénévole. »

Glanage
© Marie-Michelle Savard - ShawiRécolte

Et ça porte fruit !

Un total de 145 tonnes de denrées qui ont été récoltées en 2023, selon une compilation à laquelle 20 projets ont participé. Ce sont autant de fruits et légumes qui auraient été gaspillés, mais qui ont pu servir à nourrir des familles. Au-delà des aliments, le glanage touche beaucoup de gens. Plus précisément 179 productrices et producteurs agricoles, 288 organismes en sécurité alimentaire et 6 300 cueilleurs et cueilleuses.

Jescika Lavergne conclut en disant que : « Le fait qu’on se soit structuré ainsi fait en sorte que le Québec est le leader du glanage solidaire au Canada. En témoignent la belle couverture médiatique que nous suscitons et le fait que des gens continuent de nous contacter pour démarrer un projet chez eux. »

Qu’est-ce que la suite réserve à la Communauté de pratique des initiatives de glanage du Québec ? D’abord un guide de démarrage d’initiative de glanage, afin de faciliter davantage la multiplication des projets sur le territoire. Puis des représentations politiques pour assurer la pérennité du mouvement, qui ne peut pas se passer de subventions.

Vous faites du glanage dans votre région, mais n’appartenez pas encore à la Communauté de pratique des initiatives de glanage du Québec ? Rejoignez le groupe Facebook ou écrivez à glanagequebec@gmail.com.

Glanage
© Marie-Michelle Savard - ShawiRécolte

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