Petite enfance / Milieu de garde

Verdir les cours de garderie pour des enfants en santé!

Verdir les cours de garderie pour des enfants en santé!

Ressource

Une étude expérimentale finlandaise vient d’ajouter une nouvelle pierre à l’édifice des bénéfices de la nature sur la santé des enfants. En résumé : le système immunitaire des bambins de trois à cinq ans tend à mieux se réguler lorsqu’ils ont l’occasion d’être en contact avec des plantes de sous-bois, de la verdure et de la terre. Et ce, même dans un espace naturel aussi réduit qu’une cour de garderie.

Explications : déjà, des douzaines d’études dans le monde ont observé que les enfants qui grandissent en milieu rural, et qui sont en contact régulier avec la nature, courent moins de risques de souffrir de maladies auto-immunes et d’allergies que les enfants élevés en milieux urbains. Il semblerait, en effet, qu’une hygiène de tous les instants, combinée à un mode de vie urbain limitant les contacts avec la nature, réduise considérablement la diversité des microbes qui peuplent l’organisme. Et que l’homogénéité de cette population microbienne serait susceptible d’induire des dérèglements du système immunitaire pouvant notamment prédisposer aux allergies, au diabète ou à la maladie cœliaque.

L’étude expérimentale finlandaise a montré, pour sa part, que les enfants élevés en milieux de garde dont on avait aménagé la cour avec des plantes, de l’herbe et de la terre, pour qu’ils y jouent quotidiennement, présentaient une plus grande diversité microbienne, au bout de seulement un mois. Les chercheurs ont en outre pu mesurer des changements dans leur formule sanguine, en particulier une diminution des taux d’interleukine-17A associés aux maladies auto-immunes. D’autre part, leur microbiote intestinal était devenu très similaire à celui des enfants qui fréquentent régulièrement la forêt.

Un système immunitaire aguerri

Le principe peut paraître contre-intuitif, mais l’exposition régulière à une grande diversité de microbes, loin de constituer une menace pour la santé, contribue à équilibrer le système immunitaire. Et puisque la biodiversité est synonyme de diversité microbienne, le contact avec la nature ne peut qu’être bénéfique à la santé. C’est la raison pour laquelle les chercheurs plaident pour que tous les enfants puissent jouer dans des flaques d’eau, de la boue, et mettre les mains dans la terre. Des activités qui, au surplus, vont accroître la motricité et la capacité de concentration de ces enfants avec le temps. À la condition que, bien sûr, tous soient vaccinés contre le tétanos…
 
Les chercheurs soulignent, enfin, que des cadres de vie agréables qui améliorent le bien-être des enfants peuvent facilement être aménagés, et surtout à faible coût. De plus, conséquents avec les résultats de leur étude, ils proposent que le verdissement soit également étendu aux activités quotidiennes de toutes et tous. Par exemple, avec l’aménagement de cours vertes au voisinage des bâtiments, et que pourraient fréquenter aussi bien les enfants que les adultes. Des mini-forêts urbaines dans lesquelles on laisserait les feuilles mortes s’accumuler, comme dans les vraies, pour laisser la biodiversité effectuer son travail. Et veiller sur notre santé.