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Alors que les élèves passent entre 50 et 70 % de leur temps en position assise, la récréation offre un temps d’arrêt nécessaire, voire crucial, à leur développement physique, social, émotionnel et cognitif. D’ailleurs, selon la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations Unies, elle est un droit, et non un privilège. Bien plus qu'une simple pause, elle devrait être considérée comme un temps de liberté, de créativité et d'apprentissage.
En milieu scolaire, la récréation représente un moment essentiel de détente et de ressourcement, bénéfique à la fois pour le corps et l'esprit des enfants. En leur permettant de se dépenser physiquement, elle contribue également à améliorer leur concentration et leur mémoire, ce qui favorise leur réussite éducative. D'un point de vue social, elle offre un cadre idéal pour tisser des liens d'amitié. Les bienfaits de ce rituel quotidien sont donc multiples et variés, pour le plus grand bonheur des élèves.
Les effets de la récréation sur les performances cognitives
La littérature scientifique le confirme et les écoles qui l'expérimentent le constatent : les enfants qui disposent de plus de temps de récréation sont en meilleure santé physique, se comportent mieux et sont prédisposés à avoir de meilleurs résultats académiques.
En plus de permettre aux jeunes d'être physiquement actifs et de libérer leur trop-plein d'énergie, les récréations ont des bienfaits reconnus sur la capacité de concentration des élèves, ainsi que sur leurs performances cognitives. Les études démontrent en effet que la mémoire et l'attention sont améliorées lorsque les apprentissages sont espacés par des pauses qui permettent de répartir l'effort.
Pour s’assurer que les élèves sont mieux disposés à apprendre, les récréations doivent être planifiées à intervalles réguliers, tout au long de la journée. Leur durée doit être suffisante pour permettre aux élèves de décompresser mentalement dans un environnement stimulant, sain et sécuritaire, favorable à la pratique d’activités physiques et propice au développement de relations harmonieuses.
Les bénéfices inestimables de la récréation sur la socialisation des élèves
Les récréations sont également des moments où les jeunes peuvent interagir avec leurs pairs, ce qui correspond à l'une des missions de l'école québécoise : socialiser pour apprendre à mieux vivre ensemble. Les habiletés qui y sont acquises – communication, négociation, partage, résolution de conflits, etc. – constituent la base d'un développement sain, tout en contribuant à rendre l'expérience scolaire agréable.
Une solution à la sédentarité et à la bougeotte des enfants
Les effets bénéfiques de la récréation sur la santé physique des jeunes ne sont plus à démontrer. Considérant que plus du tiers des élèves de 6 à 11 ans n’atteignent pas la recommandation d'un minimum de 60 minutes d'activités physiques par jour, la récréation permet aux enfants d’avoir un temps prévu à l’horaire pour s’engager dans un jeu libre et actif, ce qui les aide à demeurer en santé.
Puisqu'elle se déroule généralement à l'extérieur, la récréation favorise une liberté de mouvement qui stimule la dépense d'énergie. Elle est la solution toute désignée à la bougeotte. Il est par ailleurs prouvé que les enfants qui ont un trouble d'attention avec ou sans hyperactivité sont ceux qui en profitent le plus.
Plus de 40 pistes d’action pour ne pas manquer la récréation
Vous souhaitez en apprendre davantage sur le rôle essentiel de la récréation à l’école ? Le document Pour réussir à l’école, mieux vaut ne pas manquer la récréation propose une quarantaine de pistes d'action afin d’optimiser les périodes de récréation dans les écoles primaires. Ce guide a été élaboré en 2017 par la Commission scolaire de Montréal et la Direction régionale de santé publique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.
Ses autrices, Marylène Goudreault et Marie-Hélène Guimont*, ont consacré plusieurs années à analyser en détail l’influence des cours d'école sur le quotidien des élèves et le climat scolaire. Dans ce guide, elles invitent les acteurs des paliers local, régional et provincial à mettre en œuvre des politiques et des mesures concrètes pour offrir à tous les jeunes des récréations régulières et actives.
*Au moment de la rédaction de cet article, Marylène Goudreault était conseillère en promotion de la santé à la Direction régionale de santé publique du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal; Marie-Hélène Guimont était conseillère pédagogique en éducation physique et à la santé, à la Commission scolaire de Montréal.
Note de la rédaction : Ce texte est une mise à jour d’un article de Marie-Josée Cardinal, initialement paru le 31 août 2017.