Se sentir bien à l’école, peu importe la forme de son corps

Se sentir bien à l’école, peu importe la forme de son corps

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La Semaine de la prévention de la violence et de l’intimidation dans les écoles est une occasion privilégiée d’agir concrètement pour un climat scolaire positif et bienveillant. Parmi les pistes d’actions les plus porteuses : réduire les préjugés liés au poids et à l’apparence, et valoriser la diversité corporelle.

Réduire les préjugés liés au poids et à l’apparence : un point de départ essentiel

Nombreux sont les préjugés sur le poids et l’apparence qui circulent dans les corridors d’une école. Comparer, simplifier et catégoriser sont des réflexes humains. Il est donc normal d’entretenir un certain nombre de préjugés. Le problème, c’est que toutes ces idées préconçues peuvent affecter le sentiment de sécurité de plusieurs jeunes en influençant les comportements, en nourrissant la discrimination et en menant potentiellement à de l’intimidation.

L’objectif n’est donc pas de culpabiliser celles et ceux qui véhiculent des préjugés, mais plutôt d’amener ces jeunes à les identifier, à comprendre d’où ils viennent et à réfléchir à leurs impacts, dans une approche constructive.  

D’où viennent les préjugés liés au format corporel?

Les préjugés sur le poids et l’apparence sont souvent issus :

  • d’un manque de connaissances concernant les facteurs qui influencent réellement le poids et la santé d’une personne ;
  • des normes sociales de beauté et des idéologies véhiculées par les médias et la publicité, associant la minceur à la santé et à la réussite de manière trop simpliste ;
  • de nos expériences personnelles, nous laissant croire que ce qui est possible pour nous (ex. : avoir un corps athlétique) l’est aussi pour les autres.

En comprenant mieux l’origine des préjugés, on peut plus facilement recadrer l’information à la source. Par exemple, on peut :

  • fournir de l’information fiable sur les facteurs influençant le poids d’une personne, avec cette infographie, par exemple
  • amener les jeunes à développer un regard critique face aux standards de beauté, qui associent minceur ou corps sculpté à réussite, performance et discipline, en leur proposant un point de vue plus juste et nuancé 
  • mettre en lumière les différences interindividuelles.

Comment déconstruire les idées reçues sur le poids et l’apparence?

Pour éviter de tomber dans le piège du jugement face à un·e camarade, on encourage les jeunes à :

  • se rappeler que le poids et l’apparence d’une personne ne donnent pas d’information sur ses habitudes de vie ni sur sa santé ;
  • se dire que chaque personne mérite d’être traitée avec respect, peu importe son apparence ou la forme de son corps ;
  • tenter de mieux connaître une personne au lieu de se fier uniquement à leur première impression : s’intéresser plutôt à ses passe-temps, à ses préférences ou à ses aptitudes ;
  • trouver les éléments qu’on a en commun avec elle.

Enfin, on invite les jeunes à s’exposer à diverses perspectives afin que leur raisonnement ne soit pas basé seulement sur leur expérience personnelle ou sur ce qu’elles et ils connaissent déjà.

Voici quelques questions pour amorcer une discussion enrichissante avec les jeunes :

  • Penses-tu que l’apparence d’une personne te donne beaucoup d’information sur qui elle est réellement et sur comment elle se comporte ?
  • As-tu déjà jugé une personne en te basant sur son apparence
  • Qu’est-ce que cela a pu avoir comme effet ?

Avec l’atelier Les préjugés, c’est assez !, destiné aux élèves de 1re secondaire, les jeunes identifient la source des préjugés sur le poids et l’apparence et proposent des moyens de les réduire. Collectivement, ils bâtissent un arbre des solutions.

L’atelier Le poids et l’apparence : sans commentaire ! permet de discuter avec les élèves de 5e secondaire des raisons qui font en sorte que les commentaires sur le poids et l’apparence, même s’ils sont énoncés pour faire rire, peuvent nuire à la personne visée et aux personnes qui en sont témoins. Dans cet atelier, les élèves décortiquent quelques préjugés et fausses croyances qui se cachent derrière des commentaires fréquemment entendus.

Avant d’aborder ces sujets sensibles avec les jeunes, il est fort pertinent d’avoir une réflexion personnelle sur vos propres biais et croyances en lien avec le poids, l’apparence et la santé. Inutile de vous culpabiliser si vous prenez conscience que vous entretenez des préjugés. Faites plutôt preuve d’humilité et d’ouverture face aux nouvelles informations à votre disposition! Vous pouvez visionner cette capsule vidéo pour vous accompagner dans cette réflexion.

Crédit photo: ÉquiLibre

Valoriser la diversité corporelle: plus qu’un concept, une pratique

La diversité corporelle reflète la variété des corps qui existe naturellement dans la société – tailles, formes, capacités, âges, expressions de genre, cultures. La mettre de l’avant, c’est normaliser les différences et élargir les modèles proposés aux jeunes.

Les effets positifs d’une meilleure représentation de la diversité corporelle sont nombreux et bénéficient à tous les individus, peu importe leur apparence :

  • diminution de la pression à se conformer à un standard unique ;
  • augmentation du sentiment d’appartenance ;
  • attitudes plus bienveillantes envers soi-même et les autres ;
  • réduction des préjugés liés au poids.

Pour ce qui est des désavantages d’être exposé·e à la diversité corporelle, on les cherche encore !

L’atelier Célébrer la diversité corporelle, c’est naturel! vise à poser un regard critique sur les normes sociales de beauté avec les élèves de 4e secondaire. Cette activité les incite à réfléchir à ce que représente la diversité corporelle et à la nécessité de la représenter.

Pistes d’actions pour des écoles plus inclusives

Plusieurs écoles prônent des valeurs de diversité et d’ouverture aux différences. Mais comment faire vivre ces valeurs dans l’école, au-delà de simples mots sur un site Web ? Voici quelques pistes pour valoriser la diversité corporelle en milieu scolaire :

  1. Porter attention à ses paroles et attitudes
    Certains commentaires aident à normaliser la diversité corporelle. En voici un exemple : « Les corps sont tous différents, et c’est normal. Ici, on ne commente pas l’apparence des autres. » Chez les élèves, mais aussi auprès de nos collègues, développer le réflexe de valoriser leurs qualités, plutôt que leur apparence, contribue à créer une culture qui mise sur l’être plutôt que sur le paraître. 
  2. Adapter le matériel mis à la disposition des élèves
    Par exemple, en offrant un éventail de tailles d’uniformes sportifs et de costumes pour l’art dramatique, on envoie le message que tous les jeunes sont les bienvenus dans les équipes sportives et artistiques, peu importe leur gabarit. Chaque jeune peut ainsi révéler son plein potentiel, comme illustré dans cette bande dessinée. On doit aussi réfléchir au mobilier : les chaises dans les salles de classe sont-elles adaptées ? Qu’en est-il des fauteuils dans les espaces de détente ou à la bibliothèque ? 
  3. Choisir consciemment les images utilisées
    S’assurer qu’elles représentent une variété de silhouettes (forme, taille, capacité, etc.) en portant une attention particulière aux affichages dans les vestiaires et aux abords des gymnases. Pour vous aider, découvrez notre banque de photos libres de droits. 
  4. Présenter aux élèves des modèles inspirants
    Il peut s’agir d’athlètes, d’entrepreneur·euses ou d’artistes aux gabarits variés, afin de démontrer que la réussite n’est pas liée à un seul type de corps.

L’atelier Diversité et inégalités amène les élèves du cours Culture et citoyenneté québécoise de 5e secondaire à mieux comprendre les inégalités basées sur les caractéristiques physiques qui sont présentes dans la société. Les jeunes identifient une situation potentielle d’inégalité autour d’eux, puis proposent des actions pour y remédier et favoriser l’inclusion.

Des ressources pour cultiver une image corporelle positive

Plusieurs outils existent pour vous soutenir dans cette démarche. Vous pouvez notamment télécharger gratuitement les ateliers du programme Bien dans sa tête, bien dans sa peau - volet secondaire. Ceux-ci sont arrimés à plusieurs programmes et encadrements pédagogiques, comme le démontre ce tableau. D’ailleurs, plusieurs de ces ateliers permettent d’aborder les contenus obligatoires liés aux compétences personnelles et sociales. Une autre stratégie efficace pour créer un climat sain, sécuritaire et bienveillant dans les écoles!

*Crédit photo pour la photo en Une: ÉquiLibre

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