Image corporelle

La Semaine «Le poids? Sans commentaire»: valoriser les capacités du corps plutôt que son apparence

Le 24 novembre 2020

Une haltérophile, une jeune planchiste, un basketteur en fauteuil roulant, un homme qui pratique le yoga et une danseuse professionnelle : chacun de ces adeptes de l’activité physique a fait face à des préjugés défavorables et des commentaires blessants sur son apparence. Pourtant, un corps qui bouge est une source de plaisir et d’accomplissement, peu importe de quoi il a l’air, rappelle l’organisme ÉquiLibre à l’occasion de sa campagne annuelle*.

semaine poids sans commentaires

Le slogan de la campagne 2020 d’ÉquiLibre frappe dans le mille. La puissance, la rapidité, le plaisir font partie de l’essence du sport, pas l’apparence. « Mais un regard désapprobateur ou un commentaire désobligeant peut nuire à la confiance, à l’estime de soi et peut même amener, par exemple, une adolescente à décrocher du sport », explique Karah Stanworth-Belleville, nutritionniste et cheffe de projets chez ÉquiLibre.

« L’insatisfaction corporelle est un obstacle aux saines habitudes de vie. Elle peut mener au décrochage ou à la pratique excessive. »

L’ex-nageuse de haut niveau décrit le cercle vicieux causé par des commentaires négatifs sur le poids ou l’apparence en contexte d’activité physique. « Une étude a montré que les personnes qui vivent de la discrimination par rapport à leur poids, leur apparence, ont presque 60 % plus de chances d’être physiquement inactives que celles qui ne font pas face à des jugements, déplore-t-elle. Or, un corps qu’on accepte, qu’on aime, c’est justement un corps dont on va vouloir prendre soin. »

activité physique école

En finir avec le corps idéal, la norme unique

Cette année, l’ambassadrice de la campagne est la danseuse professionnelle Kim Gingras, parce que dans cette discipline, et plusieurs autres, l’apparence est survalorisée. Il y a deux revers à cette médaille du corps idéal, mais irréaliste.

« Seulement 5 % de la population a une apparence naturelle semblable à celle des mannequins dont les photos tapissent les médias. Au Québec, c’est plus d’un adolescent sur deux qui est insatisfait de son corps. »

D’une part, comme le souligne la vidéo de la campagne, des commentaires positifs peuvent renforcer certains messages et préjugés. La personne qui se fait complimenter pour avoir perdu du poids pourrait penser qu’elle n’était pas à sa place avant. Inversement, si une adolescente s’est toujours fait complimenter pour son apparence jugée « idéale » et que son corps change, elle pourrait ne plus se sentir à la hauteur des attentes qu’elle perçoit.

« Qu’ils soient positifs ou négatifs, qu’on les pense ou qu’on les dise, les commentaires sur le poids et l’apparence, peuvent nuire à l’estime de soi, à la confiance et au plaisir de bouger. »

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D’autre part, un intervenant sportif peut décourager un ou une jeune d’envisager de pratiquer son sport à un haut niveau, parce qu’il ou elle n’aurait pas le « bon corps », pour nager, pour faire du tennis ou de la gymnastique artistique. « La représentation de la diversité corporelle dans le sport est un élément essentiel pour faire changer la norme sociale », affirme Karah Stanworth-Belleville.

« Serena Williams au tennis et Simone Biles en gymnastique artistique sont arrivées au sommet même si elles se sont fait dire que leur corps ne correspondait supposément pas à la norme de leur sport. »

« Si on veut que les jeunes et les moins jeunes bougent, ce n’est pas à leur apparence qu’il faut porter attention, c’est à tout le reste, plaide l’ex-nageuse de haut niveau. Il y a tellement de choses à dire ! Les intervenants qui accompagnent les jeunes peuvent renforcer leur estime de soi en soulignant leurs efforts, leurs accomplissements, et ce qui les rend uniques, comme leur puissance, leur agilité, leur leadership. »

Des outils pour les intervenants

Dans le cadre cette campagne, ÉquiLibre a conçu un outil de réflexion spécifiquement destiné aux intervenants en activités physiques, en sports et en loisirs et aux enseignant.e.s en éducation physique et à la santé et des affiches.

Tout au long de la semaine, ÉquiLibre dévoilera  plusieurs contenus sur ses réseaux sociaux, dont des visuels issus d’un projet photo avec le photographe Félix Renaud et le #défiÉquiLibre sur TikTok.

« Notre campagne dure une semaine, mais c’est à longueur d’année qu’il faudrait porter attention aux messages que nous envoyons, sans nous en rendre compte, qu’on soit un intervenant ou un équipier », conclut Karah Stanworth-Belleville.

* Pour faire rayonner cette campagne de sensibilisation, ÉquiLibre s’est associé à six partenaires influents du milieu de l’activité physique : Fillactive, la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec, la Fondation Tremplin Santé, le Réseau des unités régionales loisir et sport du Québec, Sport’Aide et Sports Québec.

Photos de la campagne : Félix Renaud