Prévention en santé

Santé mentale des adolescents: 13 ressources pour vous aider

Le 8 juin 2021

Déjà inquiétante avant le début de la pandémie, la santé mentale des adolescents a été durement mise à l’épreuve au cours de la dernière année. Que vous soyez parent ou intervenant, n’hésitez pas à faire appel à des ressources spécialisées. Notre collaboratrice Marie-Pascale Deegan nous en présente ici quelques-unes auxquelles vous pouvez vous référer en toute sécurité.

Les adolescents se questionnent sur leur identité, accordent une importance accrue à l’appartenance au groupe, leurs réactions émotionnelles sont souvent vives… Il est normal qu’ils rencontrent des turbulences, tout au long de leur passage de l’enfance à l’âge adulte. Parfois, les épreuves qu’ils vivent sont de plus intenses. Quoi qu’ils traversent, les jeunes peuvent avoir besoin d’être accompagnés pour conserver ou retrouver leur équilibre, à travers celles-ci. Dans ces moments, il est de notre ressort, que ce soit comme parent ou comme intervenant, de les orienter vers des ressources en santé mentale ou en lien avec les défis auxquels ils font face, ou encore d’aller soi-même chercher du support pour bien épauler les adolescents auprès desquels on joue un rôle clé.

Ce n’est pas toujours facile de trouver des services fiables et adaptés aux besoins des jeunes, dans un réseau aussi vaste et complexe que celui de la santé et des services sociaux du Québec. Voici treize ressources incontournables pour les adolescents, leurs parents, leurs enseignants et tous les autres intervenants jeunesse, dans les moments plus difficiles :

1- Ligne Parents

Votre fils s’emmure dans sa chambre ? Votre fille ne pense plus qu’à son poids ? Plus rien n’allume votre grand passionné ? Vous êtes en confrontation avec votre jeune ou la communication est carrément rompue ? Les raisons pour lesquelles les parents peuvent être inquiets ou désorientés dans leur rôle sont aussi uniques que chaque appel que reçoivent les intervenants de la LigneParents. Ce sont des professionnels experts en relation parent-enfant bien au fait des usages excessifs que font les jeunes des écrans et médias sociaux, de l’anxiété et de la dépression qui touchent un nombre croissant de jeunes, des troubles alimentaires, de la démotivation de certains jeunes et du décrochage scolaire, des conflits et des enjeux liés à la consommation de drogues et d’alcool. Cependant, leur approche se veut individualisée et vise à outiller les parents pour qu’ils puissent jouer leur rôle avec confiance, en fonction de leur situation particulière.

Le service est gratuit, confidentiel, disponible 24 h sur 24 et, ce, tous les jours de l’année.

adolescente triste

2- Tel-Jeunes

Quel adulte ne se souvient pas des émois amoureux de sa jeunesse, d’avoir passé une éternité à choisir sa tenue pour aller rejoindre ses amis, d’avoir été mortifié par un bouton d’acné ou par une moquerie, somme toute inoffensive ? Parfois, les adolescents ont simplement besoin d’être écoutés ou légitimés quant à leurs choix, leurs opinions ou leurs réactions ou d’être soutenus dans leurs réflexions entourant leurs relations amoureuses, leur vie de famille ou leurs amitiés. Parfois, leurs insécurités et leurs doutes sont plus profonds, lorsqu’ils touchent par exemple leur identité de genre ou leur orientation sexuelle. Ils peuvent aussi être confrontés à de gros chagrins d’amour, à des abandons, à des violences ou à de l’intimidation dont les impacts peuvent être importants.

En cette période de crise sanitaire, économique, environnementale et, à différents égards, sociale, ils sont plus à risque d’être sédentaires, isolés, exposés à des stress familiaux, préoccupés par leur image dans les réseaux sociaux où se joue souvent une grande part de leur vie sociale, par l’école, par l’actualité et par bien d’autres sujets.

Heureusement, les ados peuvent compter sur une ressource exceptionnelle, entièrement vouée à leur offrir le meilleur accompagnement possible, quelle que soit la nature de leurs préoccupations.

En effet, Tel-Jeunes existe pour eux.

Les jeunes peuvent appeler, texter ou écrire à un professionnel pour de l’écoute, du soutien, de l’information. Les intervenants offrent un accompagnement de qualité dans la résolution de la situation présente du jeune, sans jugement.

C’est un service gratuit et confidentiel, disponible 24 h/24.

  • Téléphone 24 heures par jour, 7 jours par semaine : 1-800-263-2266
  • Texto tous les jours, entre 8 h et 22 h : 514-600-1002
  • Pour en savoir plus, visitez le site Internet de Tel-Jeunes
adolescente regarde un écran

3- Info-Social 811

De partout au Québec, on peut aussi joindre un autre service téléphonique gratuit et accessible en tout temps. Il s’agit du service Info-Social, mieux connu sous le nom du « 811 », en référence aux chiffres à composer pour y accéder.

En cas de problème ou de besoin, on peut rapidement parler à un professionnel en intervention psychosociale.

4- Les centres de crise

Un autre type ressource existe pour les personnes en situation de crise. Anxiété, solitude, rupture, dépendance, deuil… quelle que soit la situation ou le motif, les centres de crise peuvent offrir des services aux personnes qui vivent de la détresse ou sont aux prises avec une situation difficile: écoute et conseils téléphoniques, référence vers des services en santé mentale ou autres, s’il y a lieu. Certains centres de crise offrent aussi des rencontres en personne avec des intervenants compétents ou soutien ou même des services avec hébergement.

On trouve des centres de crise partout à travers le Québec. Notez toutefois que certains d’entre eux peuvent être réservés aux personnes de 18 ans et plus.

détresse liée au poids

5-  Le centre de prévention du suicide du Québec

Un jeune près de vous semble broyer des idées noires, présente des signes de grande préoccupation, de détresse émotionnelle ou de dépression ? Il éprouve des difficultés scolaires ou relationnelles ? Ses comportements ou son humeur ont changé subitement ou sont inhabituels ? Il parle de la mort, du suicide ou de son impuissance à poursuivre sa vie dans la souffrance ? Ce sont certains des indices qui méritent notre attention.

Lorsqu’ils songent au suicide, les adolescents peuvent montrer des signes précurseurs auxquels il est important d’être attentifs et de prendre au sérieux.

De partout au Québec, 24 heures par jour, 7 jours par semaine, le centre de prévention du suicide est là pour offrir de l’écoute et de l’accompagnement aux jeunes en détresse. Les proches ou les intervenants désirant être outillés en matière de prévention du suicide peuvent également recourir à ses services.

intimidation médias sociaux

6- Deuil Jeunesse : pour mieux vivre les épreuves liées aux deuils, séparations, abandons et adoptions

De nombreux jeunes à travers le Québec se trouvent confrontés à la mort d’êtres qui leur sont chers et à d’autres types de pertes importantes, notamment suite à la séparation de leurs parents. Accompagner un jeune dans une de ces situations soulève beaucoup de questions et d’émotions chez la plupart d’entre nous. Que faut-il lui dire ? À quelles réactions s’attendre de sa part ? Comment l’aider ?

Deuil jeunesse est un organisme à but non lucratif qui cumule maintenant plus de dix ans d’expertise en accompagnement des enfants, des jeunes, comme des adultes endeuillés dans leur enfance ou leur adolescence. Les jeunes peuvent y trouver le soutien professionnel nécessaire et des réponses à leurs questions afin de faire face à leur réalité de perte ou de deuil, de recréer un équilibre et de pouvoir encore mordre dans la vie. Les interventions offertes par Deuil Jeunesse peuvent être individuelles ou de groupe. Les parents, les professionnels et les autres intervenants dans la vie des jeunes peuvent également y être épaulés pour mieux accompagner les jeunes confrontés à un deuil ou une perte.

vapotage adolescents

7- Les ressources pour les problèmes de dépendance ou de jeu de hasard

Des ressources de qualité existent, partout au Québec, pour soutenir les jeunes aux prises avec des problèmes de dépendance, de l’usage problématique de l’Internet, à l’abus d’alcool, en passant par la dépendance au cannabis ou à d’autres drogues ou aux jeux de hasard. La dépendance ou l’usage excessif peut aussi être liée à d’autres types de substances ou de comportements.

Si vous êtes préoccupé par la consommation d’un jeune ou par ses pratiques de jeu de hasard et d’argent, vous pouvez consulter vous-même un des services d’aide et de référence pour y voir plus clair ou pour trouver des ressources. Vous pouvez aussi encourager le jeune à y faire appel s’il en ressent le besoin. Les services suivants sont gratuits, anonymes et confidentiels ou disponibles en tout temps.

Drogue : aide et référence

Jeu : aide et référence

8-  Le centre de prévention de la radicalisation menant à de la violence

La radicalisation pouvant mener à la violence n’est pas un problème de santé mentale. Cependant, lorsqu’un jeune près de nous entre dans un processus au cours duquel il adopte une cause, une idéologie ou une vision du monde qui l’amène à envisager ou à légitimer des comportements violents, cela peut susciter des inquiétudes.

Si un jeune de votre entourage semble se radicaliser ou s’il souffre de la radicalisation d’un de ses proches, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence peut lui être d’un précieux recours. Les membres des familles des jeunes dont les propos ou comportements suscitent des interrogations ou les intervenants qui veulent être rassurés ou éclairés sur l’attitude à adopter ou la marche à suivre peuvent aussi contacter l’organisme.

L’accueil téléphonique du centre de prévention de la radicalisation est ouvert, du lundi au vendredi, de 9 h à 20 h :

9- Services à l’école

Lorsqu’un jeune éprouve des difficultés sur le plan scolaire, sur le plan de ses relations sociales, mais également dans toute autre sphère de sa vie, que ce soit sur le plan familial ou de la santé, par exemple, il se peut que les ressources dont il a besoin se trouvent au sein même de son école.

En effet, les établissements scolaires offrent habituellement, au sein de leurs murs, une panoplie de services visant à favoriser le bien-être des jeunes qui les fréquentent et à leur assurer une bonne intégration dans leur milieu et dans leur cheminement scolaire.

Infirmières, intervenants sociaux, orthopédagogues et psychoéducateurs ne sont que des exemples des types de professionnels qui œuvrent dans les écoles québécoises.

Pour être orienté vers eux, il est possible de s’adresser aux enseignants ou aux directions des écoles qui sont habituellement heureux de pouvoir travailler en équipe avec les familles et les jeunes qui souhaitent être soutenus. Ils peuvent parfois aussi être contactés directement, en passant par la réception ou le bottin de ressources de l’école.

N’hésitez pas à communiquer avec l’équipe de l’école de votre jeune pour obtenir du soutien, en cas de besoin.

adolescente en therapie

10- Médecin de famille ou cliniques sans rendez-vous pour retrouver la santé ou être référé

Selon le Mouvement santé mentale Québec, la santé mentale est « un équilibre dynamique entre les différentes sphères de la vie : sociale, physique, spirituelle, économique, émotionnelle et mentale. » Ainsi, elle peut être influencée par une multitude de facteurs.

Quand ça ne va pas, les médecins peuvent être de bons alliés pour réfléchir aux différents éléments pouvant affecter le bien-être d’un jeune et, plus spécifiquement, pour évaluer si des facteurs liés à sa santé physique sont en cause. Lorsqu’on ne sait pas trop par où commencer pour répondre à une situation de détresse, consulter son pédiatre ou son médecin de famille peut être un bon point de départ.

Le médecin pourra référer le jeune à des ressources appropriées, par exemple en médecine de l’adolescence dans un centre hospitalier pédiatrique ou dans un organisme dont l’expertise correspond à ses besoins.

11- Accueil psychosocial du CLSC

Des services professionnels psychosociaux gratuits sont offerts au sein des CLSC à travers le Québec.

Selon la situation, il se peut que le CLSC puisse répondre rapidement aux besoins du jeune qui vit des difficultés, qu’il puisse les lui offrir, mais avec un certain délai plus ou moins long, ou qu’il réfère le jeune à d’autres organismes ou services.

Néanmoins, il est toujours possible de contacter l’accueil psychosocial du CLSC de sa région pour obtenir une première évaluation de sa situation, en personne ou par téléphone, selon le cas.

12- Professionnels de la santé mentale en pratique privée

Pour trouver un psychologue, un travailleur social ou un thérapeute conjugal et familial professionnel, en pratique privée, vous pouvez vous référer aux bottins de référence de leurs ordres professionnels.

Ces bottins, en ligne, permettent de trouver des professionnels répondant à des standards de qualité déterminés par les ordres professionnels, dans un cadre de loi bien précis, en fonction de différents critères : lieu de résidence, clientèles desservies, problématiques vécues, langues et autres.

Notez bien que ces services peuvent être dispendieux. Certains régimes d’assurance privés peuvent les couvrir, en totalité ou en partie, et certains professionnels offrent différents moyens pour offrir des tarifs réduits aux personnes ayant des contraintes financières, mais pas tous.

13- Le 911 ou l’urgence

Quand rien ne va plus, en cas d’urgence psychosociale, n’hésitez pas à téléphoner au 911 ou à accompagner les adolescents en grande détresse vers l’urgence d’un centre hospitalier de votre région.

À Montréal, on trouve deux grands centres de soins pédiatriques universitaires qui desservent les jeunes de moins de 18 ans.

On le crie sur tous les toits, de nombreux jeunes québécois sont en détresse. Selon le portrait des jeunes au Québec de la Fondation jeunes en tête[1], plus du tiers des adolescents âgés de 15 à 17 ans, soit 37,3 % d’entre eux, se situaient à un niveau élevé sur l’échelle de détresse psychologique[2]. Ce, dans l’édition de 2019, c’est-à-dire avant la pandémie de Covid-19. L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux observait, quelques mois après le début du confinement, qu’il avait déjà eu des effets sur la qualité de vie, les conditions de vie, les habitudes de vie et la vie scolaire des jeunes. Leur développement et leur santé mentale et physique en étaient affectés. De plus, leurs risques d’être sujets à des violences et abus étaient accrus[3]. L’explosion du nombre de consultations pour troubles alimentaires observée dans les derniers mois, au CHU Sainte-Justine, pourrait illustrer la poursuite de cette tendance[4].

Orienter les jeunes, particulièrement vulnérables en ces temps plus difficiles, vers des ressources en santé mentale (ou autres) appropriées à leurs besoins est certainement un pas important qu’on peut faire pour les soutenir.

Pour prévenir et soulager bien des maux, soyons nombreux à passer le mot !

 

[1] Nicole Gallant, Nathalie Vachon, Philippe Sirois-Gaudreau, Ysendre Cozic-Fournier et Katherine Labrecque, 2019, Portrait du bien-être des jeunes au Québec: Ensemble du Québec. Édition 2019, Québec: INRS et Fondation Jeunes en Tête.

[2] La Presse, La presse canadienne (2019). Plus du tiers des adolescents en détresse psychologique au Québec, Actualités, publié le 10 octobre 2019 :

https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2019-10-10/plus-du-tiers-des-adolescents-en-detresse-psychologique-au-quebec

[3] Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). COVID-19 et le confinement chez les jeunes : conséquences, moyens pour mitiger son impact et pistes pour prioriser les services. Québec, Qc : INESSS; 2020. 41 p. : https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/COVID-19/COVID-19_INESSS_Confinement_chez_les_jeunes.pdf

[4] Radio-Canada, Mathieu Gobeil (2021). Santé mentale : la force des ados pour soigner leurs maux, Santé, publié le 2021-04-24 | Mis à jour le 2021-04-26. : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1787346/sante-mentale-jeunes-ados-pandemie-confinement-ecole-anxiete-depression