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Les activités de cuisine à l’école sont un vrai terrain de jeu pour les enfants… jusqu’à ce que la préparation de plats simples devienne trop facile pour certains d’entre eux. Pour accentuer le défi, il suffit parfois de quelques ajustements. Animateur·rices d’ateliers culinaires scolaires, voici une banque d’idées pour rehausser le niveau de complexité de vos animations et nourrir la curiosité insatiable des élèves.
Avec les groupes du préscolaire comme avec ceux du 3e cycle, cuisiner une recette facile est habituellement suffisant pour offrir une activité enrichissante et excitante. Salade, smoothie, soupe, muffins, trempette… Les propositions comprenant quelques étapes simples et des techniques de base font parfaitement l’affaire. Cela dit, il arrive de se buter à de jeunes cuistots pour qui les activités culinaires ont perdu de leur intérêt.
Dans ces cas, inutile de réinventer la roue ! Un soupçon de créativité peut aisément rallumer la flamme sans avoir à réviser sa programmation en profondeur. Tant pour les animateur·rices chevronnés que pour celles et ceux qui font face à des élèves plus expérimentés en cuisine, voici des trucs à conserver dans la poche de son tablier afin de pimenter ses ateliers.
Démotivation en cuisine : quels signes surveiller?
Bien que l’ennui puisse survenir chez n’importe quel public, la nécessité « d’ajouter du punch » aux séances de cuisine survient plus fréquemment chez les élèves qui :
- Participent à plusieurs ateliers chaque année;
- Prennent part à des activités culinaires depuis plusieurs années;
- Sont plus âgés, notamment ceux du 3e cycle;
- S’impliquent dans des projets spéciaux (ex. : volet international, concentration arts, programme sport-études, etc.).
Pour savoir s’il serait opportun d’accentuer le degré de difficulté de vos ateliers, rien ne vaut l’observation attentive des élèves en pleine action. Est-ce que ces enfants :
- Démontrent une nette progression depuis leurs débuts en cuisine ?
- Effectuent les manipulations plus vite ou terminent la recette plus rapidement que prévu ?
- Travaillent efficacement et font très peu d’erreurs ?
- Ne sont plus aussi enthousiastes qu’auparavant à leur arrivée aux ateliers ?
- Manifestent des signes de lassitude : endormis, manque d’intérêt, parlent entre eux, qualifient la recette de « bébéfafa », font des bêtises, etc. ?
Stratégies d’animation efficaces et peu coûteuses
Si vous constatez de tels signes, c’est le bon moment d’agir. Mais alors, que faire ? Il faut d’abord garder à l’esprit un point important : il n’est pas nécessaire de choisir des recettes plus complexes ou comportant plus d’ingrédients. Des enjeux de budget et de temps sont certainement à considérer, puisque ces ressources sont souvent limitées. Par souci logistique, plusieurs animateur·rices réalisent le même atelier avec tous les élèves, peu importe leur niveau scolaire. Dans ce contexte, planifier une recette différente pour un seul groupe est peu réaliste. Heureusement, plusieurs stratégies sont possibles, tout en gardant intact son programme initial.
1. Faire des élèves vos assistant·es culinaires
L’idée est d’alléger le travail de l’adulte responsable en confiant plus de tâches aux élèves. Et que dire du sentiment de fierté d’être adjoint·e du chef !
Ces exemples de préparatifs sont souvent faits par l’intervenant·e, avant l’activité. Ils peuvent aisément être assignés aux cuistots plus aguerris, en plus de la réalisation de la recette :
- Sortir le matériel nécessaire;
- Laver les fruits et les légumes; parer l’ananas; laver et essorer la laitue; peler le gingembre frais; retirer les noyaux des olives ou des dattes, etc.;
- Ouvrir les boîtes de conserve; bien rincer et égoutter les légumineuses, etc.;
- Fondre le beurre au four à micro-ondes; huiler les moules à muffins; préparer la purée de citrouille à partir d’une citrouille entière, etc.
Des élèves peuvent également seconder l’animateur·rice pendant l’atelier pour diverses tâches :
- Présenter un ingrédient ou une technique;
- Participer à la cuisson : sauter les oignons, préchauffer le four, mélanger la fondue au fromage, tourner les crêpes;
- Utiliser le mélangeur électrique de A à Z : verser la préparation dans le récipient, appuyer sur les boutons, réduire en purée jusqu’à la bonne consistance, verser dans des verres, racler l’excédent à l’aide d’une spatule.
À la fin de l’activité, on boucle le tout avec le nettoyage : passer le balai, donner un coup de main pour laver la vaisselle, ranger le matériel et les aliments, etc.
2. Leur accorder plus d’autonomie en cuisine
On peut également placer les jeunes cuistots dans un contexte où les adultes sont moins présents, par exemple, en faisant semblant qu’ils sont seuls à la maison :
- Jouer avec le matériel culinaire : sortir des intrus parmi l’équipement nécessaire, ou laisser les élèves trouver eux-mêmes les mesures et les accessoires requis dans les armoires ou bacs de rangement;
- Demander aux jeunes d’aller chercher eux-mêmes les aliments périssables dans le réfrigérateur, en tâchant d’aller les ranger le plus rapidement possible après utilisation;
- Lancer un concours du plan de travail le plus propre et le mieux organisé;
- Lire et réaliser la recette en équipe d’une manière complètement autonome, sans explication ou démonstration complémentaire de la part de l’animateur·rice.
3. Rehausser le niveau technique de vos ateliers
Une foule d’astuces permettent d’ajouter de la complexité, à même la recette initialement prévue :
- Intégrer des techniques plus avancées, comme utiliser une douille pour glacer des petits gâteaux, plier la pâte à l’aide d’une spatule, séparer un blanc d’œuf du jaune, couper des juliennes de carottes le plus finement possible, etc.;
- Utiliser des couteaux d’office ou de chef, et non des couteaux à beurre ou ceux conçus pour les enfants;
- Confectionner une version maison d’un ingrédient de la recette : pour un atelier pizza, plutôt que d’utiliser de la sauce du commerce, on en prépare une à partir de tomates, d’huile d’olive et d’ail; ou encore, pour réaliser une tartinade de tofu, on prépare soi-même une mayonnaise;
- Si le budget et le temps le permettent, ajouter une courte préparation qui complète la recette principale : pesto avec les pâtes maison, sauce au yogourt et fines herbes pour accompagner les röstis de pomme de terre, glaçage pour agrémenter les petits gâteaux au chocolat, etc.
4. Réinvestir les matières scolaires dans vos activités culinaires
Lorsqu’il est question d’appliquer concrètement les différents domaines d’apprentissage en cuisine, les options sont nombreuses ! Français, anglais, mathématique, sciences et même arts plastiques peuvent aisément se glisser dans une activité culinaire afin de proposer des défis supplémentaires :
- Couper des cubes de fruits en respectant le plus précisément possible une dimension donnée (ex. : 5 mm);
- Préparer des parfaits au yogourt en pratiquant les fractions : proportion de ¼ pour les fruits, ½ pour le yogourt et ¼ pour les céréales;
- Réaliser un atelier, en partie ou en totalité, en anglais;
- Glisser des fautes d’orthographe dans la recette, puis demander aux élèves de les repérer et de les corriger;
- Diviser ou multiplier les ingrédients;
- Dans les jours précédant l’atelier, faire une recherche sur un aliment de la recette et présenter celui-ci au groupe lors de l’atelier.
Dans tous les cas, l’expertise des enseignant·es est précieuse : ils sauront à tout coup faire des liens avec les notions vues en classe.
5. Encourager le travail d’équipe en cuisine
Amener les élèves à travailler harmonieusement en équipe, voilà une autre belle façon de relever le niveau :
- Appliquer les principes du travail en coopération en attribuant des rôles, comme dans une vraie brigade de restaurant;
- Diviser le groupe en plus petites équipes : pour la même recette, il y aura nécessairement plus de tâches à faire;
- Travailler non seulement en équipe… mais entre équipes ! Pour ce faire, répartir les étapes de la recette de base entre plusieurs équipes parmi le groupe : par exemple, l’équipe 1 peut réaliser les étapes 1 à 3 de la recette, puis l’équipe 2, les étapes 4 à 7. Les deux équipes doivent ensuite réunir leur travail afin de compléter la recette. Cette stratégie demande un niveau de coordination qui peut véritablement mettre au défi les élèves du primaire !
6. Stimuler la créativité des jeunes cuistots
C’est bien connu, la cuisine est un terrain fertile pour les esprits créatifs ! Emprunter l’avenue de la création permettra de captiver les artistes en herbe. Voici quelques idées :
- Réaliser un concours de présentation : les rouleaux printaniers les plus symétriques, le bol smoothie avec le meilleur agencement de couleurs, la pizza avec les garnitures disposées de la manière la plus amusante, etc.;
- Explorer la découpe créative de fruits : mangue en forme de rose, éventail de pomme, boules de melon, suprêmes d’agrumes, etc.;
- Organiser un combat des chefs : chaque équipe doit présenter un plat interprété à sa façon. Un panel de juges invités peut même être constitué pour noter les élèves sur le travail d’équipe, le respect du temps, la saveur et la présentation;
- Dresser les plats dans un style gastronomique;
- Inviter les élèves à choisir leurs propres compositions de saveurs pour une recette générique, de type barre tendre ou muffin : cardamome et abricot, cannelle et mangue, gingembre confit et muscade, etc.
7. Planifier un atelier culinaire: une vraie tâche de grands
Si possible, impliquer les élèves dans les tâches de planification est très formateur et renforce d’autres aspects de la littératie alimentaire. Bien qu’il vous faille prévoir du temps pour ces missions parallèles, les minutes que vous y consacrerez seront bien investies. Elles aident les enfants à comprendre et à apprivoiser leur futur statut de consommateur·rices.
- Avant le prochain atelier, demander aux élèves de dresser la liste d’épicerie en leur fournissant la recette et le nombre de groupes;
- Planifier une sortie avec les élèves pour faire l’achat des aliments;
- Dans certains milieux très structurés, des élèves peuvent même participer à la coordination et à la gestion des ateliers : construction des horaires, collecte d’informations sur les groupes participants, calculs pour les achats, etc.
En somme, adapter vos activités culinaires au profil de votre groupe est essentiel pour que le projet soit un succès et que tous les élèves y prennent plaisir. La table est remplie de possibilités pour stimuler le talent et la créativité de tous vos apprentis cuistots… des néophytes jusqu’aux plus expérimentés !
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