Éducation alimentaire

Apprendre la coopération aux enfants… en cuisinant!

Apprendre la coopération aux enfants… en cuisinant!

Ressource

Des ateliers culinaires éducatifs sont offerts aux enfants de votre milieu ? C’est tant mieux ! Il est reconnu que cuisiner avec les petits dès leur jeune âge favorise le développement de saines habitudes de vie. Des vertus pédagogiques sont également observées dans plusieurs domaines d’apprentissage, notamment la lecture et les mathématiques. Mais saviez-vous qu’on peut aussi utiliser la cuisine pour enseigner les compétences sociales ?

Si vous œuvrez dans un milieu de la petite enfance ou avec des enfants d’âge scolaire primaire, sachez qu’il existe différentes stratégies pour encourager le travail d’équipe et la coopération en cuisine éducative. En voici un aperçu !

équipement pour atelier culinaire
Crédit photo: Les Ateliers cinq épices

Comment les ateliers culinaires favorisent-ils la coopération chez les enfants?

La coopération est une compétence transversale du Programme de formation de l’école québécoise. Selon le gouvernement du Québec, elle offre aux élèves « l’occasion d’apprendre à planifier et à réaliser une action avec d’autres, d’apprendre la discussion en groupe et la concertation dans l’action en vue d’un objectif commun, avec tout ce que cela implique d’adaptation à la situation, de reconnaissance de l’apport de chacun, de sens de l’organisation et de sens du partage ».

Dans un atelier culinaire, la recette constitue un objectif commun très concret pour les enfants. Et il va sans dire que la motivation par le ventre peut être très forte !

Des exemples de collaboration en cuisine

  • Se répartir les tâches : un enfant mesure le sucre, un autre coupe les fruits.
  • S’organiser en équipe : les enfants réalisent les étapes une par une, de manière structurée.
  • S’entraider : une personne tient la cuillère à mesurer, l’autre y verse l’huile.
  • Se parler et s’écouter : lors de la préparation des muffins, les enfants discutent de la meilleure façon de verser la pâte dans les moules : en utilisant deux cuillères ? En versant directement à partir du bol ? En optant pour une cuillère à crème glacée ?

Aussi, si les enfants n’effectuent pas tous la même tâche lors de l’atelier, ils réalisent qu’ils apportent chacun leur grain de sel au projet commun. Et lorsqu’ils dégustent ensemble le fruit de leur travail, ils goûtent à la commensalité, un aspect essentiel des saines habitudes alimentaires.

commensalité à l'école
Crédit photo: Les Ateliers cinq épices

Comment adapter le niveau de coopération en cuisine selon l’âge des enfants?

Les quelques conseils ci-dessous pourront vous aider à concevoir des ateliers culinaires collaboratifs adaptés à l’âge et au niveau d’apprentissage de vos petits cuistots.

  • Petite enfance : Les enfants accomplissent souvent la même tâche et cuisinent leur propre portion. Cela permet de simplifier la planification et l’animation de l’atelier. Pour cette tranche d’âge, le cadre de référence Gazelle et Potiron recommande d’ailleurs de préparer des portions individuelles. L’apprentissage de la coopération passe alors surtout par la mise en commun des ressources. Par exemple, en attendant leur tour pour mesurer la farine, les enfants partagent un contenant et un espace de travail, autour d’une même table.
  • Élèves du primaire : Les ateliers culinaires axés sur la coopération fonctionnent bien en divisant les groupes en petites équipes. On peut planifier l’organisation du travail en fonction de l’âge des élèves et de leur niveau d’autonomie. Les plus jeunes expérimenteront des notions simples de collaboration, comme mélanger une salade de fruits à tour de rôle, en comptant trois coups chacun. Les élèves plus âgés seront appelés à réaliser des tâches plus complexes, comme organiser les étapes d’une recette.
enfants qui coopèrent lors d'un atelier culinaire
Crédit photo: Les Ateliers cinq épices

Intégrer des rôles dans les ateliers culinaires pour mieux coopérer

Introduire des rôles spécifiques peut enrichir sensiblement l’expérience de cuisine en groupe. De plus, pour les recettes qui paraissent faciles d’emblée pour les cuistots plus expérimentés, accroître l’autonomie à l’aide d’un système de rôles permet d’ajouter un niveau de difficulté.

Vous pouvez débuter par l’intégration de quelques rôles, ponctuellement. « Aujourd’hui, tu seras responsable d’aller chercher les ingrédients. » Pour les élèves du 2e ou 3e cycle qui sont familiers avec la lecture d’une recette autant qu’avec le matériel culinaire utilisé, et qui participent d’une manière récurrente aux ateliers, il peut être très intéressant d’instaurer un système de rôles plus structuré. Comme dans un mini-restaurant, chaque membre de l’équipe a un poste défini. Parmi ces rôles, les options sont nombreuses : être celui ou celle qui lit la recette, qui s’occupe de la mise en place (comme couper les légumes), qui se charge d’aller chercher et rapporter les ingrédients, qui fait l’entretien ménager, qui assure le service, etc. Libre à vous de monter les brigades de votre choix !

L’essentiel est de bien expliquer chacun des rôles aux élèves. L’utilisation de repères visuels est bien utile, comme des affiches dans le local ou des étiquettes d’identification des rôles, portées par les élèves. Selon la capacité d’adaptation du groupe, il est possible de conserver les mêmes rôles pour quelques ateliers, ou de faire une rotation pour maximiser l’expérimentation de fonctions différentes.

D’autres éléments sont à considérer avant d’intégrer un tel système : la maturité des élèves ainsi que l’intérêt et la motivation des différentes personnes concernées (animateur·rices, personnel enseignant, adultes responsables, élèves).

atelier culinaire dans une école
Crédit photo: Les Ateliers cinq épices

D’autres ingrédients d’une bonne collaboration lors d’ateliers culinaires

  • Il est indispensable de tenir compte de l’organisation spatiale des lieux. Si le local a un seul grand îlot central ou, à l’inverse, s’il comporte plusieurs petites tables, l’organisation du travail d’équipe pourrait être différente.
  • En cas de situation problématique, il est tout indiqué d’amener les élèves à trouver des solutions ensemble.
  • Un bon défi pour l’animateur·rice est de veiller à ce que tous les enfants participent activement, tout en évitant de s’immiscer dans leurs décisions.
  • Après l’atelier, si le temps le permet, proposer un retour sur le déroulement est très formateur. Vous pouvez questionner les équipes et inviter les élèves à s’exprimer sur ce qui a bien fonctionné ou sur ce qui pourrait être amélioré. Ce moment d’échange amène les jeunes à développer une pratique réflexive.

Bref, la cuisine est un excellent terrain de jeu pour expérimenter différents aspects de la coopération avec les enfants : écouter, communiquer, s’organiser, partager, respecter les autres. En plus, la source de motivation est tellement efficace, car après tout, il s’agit du plaisir de manger !

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