Agroalimentaire

Guide alimentaire canadien: des réponses à vos questions

Guide alimentaire canadien: des réponses à vos questions

Ressource

En janvier 2019, la refonte du Guide alimentaire canadien (GAC) a suscité bien des questions au sein des organismes qui œuvrent en saine alimentation. Pour y répondre, la Table québécoise sur la saine alimentation (TQSA) a formé un groupe de travail et produit un document qui fait le point sur la place du lait, du jus de fruits et des protéines végétales dans notre assiette.

Françoise Ruby

Françoise Ruby

JOURNALISTE | 100º

« Le Guide alimentaire canadien a vraiment fait peau neuve en 2019, rappelle la diététiste-nutritionniste Lucie Laurin, rédactrice du document et chargée de projet. On est passé d’un arc-en-ciel qui, en 2007, présentait un nombre de portions pour quatre groupes d’aliments, à une assiette qui met l’accent sur les proportions et présente trois catégories d’aliments. »
 
Pour clarifier et vulgariser ces quatre points, Lucie Laurin s’est basée sur les Lignes directrices canadiennes en matière d’alimentation. « Pour la TQSA, il ne s’agissait pas de refaire l’immense travail accompli par Santé Canada, mais plutôt d’aider ses membres et toutes les organisations dédiées à l’alimentation saine à mieux comprendre les messages clés du GAC. »

Les membres du groupe de travail* ont d’abord identifié quatre sujets majeurs dont l’interprétation était jugée problématique : le lait, les protéines végétales, les catégories d’aliments et les jus de fruits. Intitulé Foire aux questions – Guide alimentaire canadien 2019, le document de la TQSA répond aux 26 questions les plus fréquemment posées à propos de ces thématiques. En voici un aperçu.

produits laitiers

Où est le lait dans le Guide alimentaire canadien ?

Alors que les produits laitiers constituaient un groupe à part entière dans les versions précédentes du GAC, ils font maintenant partie de la catégorie « aliments protéinés ». « Devant ce changement majeur, bien des questions ont surgi, notamment sur la place du lait dans l’alimentation des enfants, relate Lucie Laurin. Mais le lait reste un choix sain pour eux, car il contient des nutriments importants pour leur croissance et le bon développement des os et des dents. »
 
Qu’en est-il de la place des boissons végétales dans l’alimentation des enfants ? Le GAC précise que si l’on vise à remplacer le lait comme aliment protéiné, seule la boisson de soya enrichie non sucrée est un bon substitut.

légumineuses

Les protéines végétales en vedette

La recommandation explicite de consommer plus d’aliments protéinés d’origine végétale constitue un tournant important du GAC. Mais recommande-t-il une alimentation sans aucune viande ? « Non, la viande rouge maigre et consommée en petite quantité a sa place, et les aliments protéinés d’origine animale faibles en gras ont une bonne valeur nutritive, souligne Lucie Laurin. La recommandation de manger plus d’aliments d’origine végétale repose sur le fait que leur consommation est associée à un plus faible risque de maladies cardiovasculaires. »
 
Autre avantage : manger plus de protéines végétales donne moins de place aux viandes hautement transformées (saucisses, jambon, corned-beef, bœuf séché), qui sont associées à un risque accru de cancer colorectal.

Guide alimentaire canadien

« Avec pas de portions »

Le fait que le GAC 2019 ne recommande plus de nombre et de grosseur de portions a surpris les intervenants en alimentation saine. « Les versions précédentes donnaient une grande importance aux portions, ce qui peut être déstabilisant, reconnaît Lucie Laurin. Le visuel du GAC permet de bien choisir les composantes et proportions du repas, mais il est maintenant recommandé de se baser sur sa faim pour déterminer les quantités à consommer. Il est ainsi beaucoup plus facile de s’adapter aux besoins de chacun. »
 
« Le GAC est devenu un véritable outil général de santé publique, poursuit-elle. Il recommande notamment de cuisiner plus souvent, de manger en bonne compagnie et d’être attentif aux signes de faim et de satiété, indique Lucie Laurin. Sur ce point, il est particulièrement important de bien accompagner les enfants, afin qu’ils adoptent des comportements alimentaires sains dès leur plus jeune âge. »

jus de fruits

Limiter les jus de fruits et les boissons sucrées

En raison des nouvelles données sur le sucre, la nouvelle version du GAC n’indique plus que le jus peut remplacer une portion de fruits. Ainsi, même si les sucres du jus sont naturels, ils sont considérés comme des sucres libres dont la consommation est à limiter. De plus, le jus ne contient pas les fibres du fruit, qui contribuent notamment à la satiété. Le GAC recommande donc de manger des fruits et de boire de l’eau.
 
Les boissons sucrées et les jus de fruits ne doivent donc pas être consommés sur une base régulière. Toutefois, lors d’occasions spéciales, il vaut mieux opter pour un jus pur à 100 % qui contient une certaine valeur nutritive qu’une boisson sucrée qui ne contient que du sucre.

repas à l'école

Et les boîtes à lunch ?

Il pourrait être tentant, pour encourager les saines habitudes de vie, d’interdire certains aliments dans les boîtes à lunch des enfants, mais ce n’est pas une pratique recommandée, car elle peut entraîner une stigmatisation et avoir des effets négatifs sur le développement de comportements alimentaires sains.
 
« La sensibilisation est préférable à l’interdiction, souligne la chargée de projet. Le rôle du milieu scolaire est plutôt de s’assurer que les aliments servis à l’école sont nutritifs, et que l’équipe-école transmet des messages cohérents au sujet des saines habitudes alimentaires. Sensibiliser les enfants à travers des activités éducatives est une bonne façon de sensibiliser leurs parents. »
Source : Foire aux questions – Guide alimentaire canadien 2019
 
* Le groupe de travail sur le Guide alimentaire canadien est composé de nutritionnistes et de professionnels œuvrant au ministère de la Famille, au ministère de la Santé et des Services sociaux, au ministère de l’Éducation, à l’Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec et dans des organismes de promotion de la saine alimentation (AQCPE, Fondation Olo, Les ateliers cinq épices, Tablée des chefs et Fondation Tremplin santé).

épicerie

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