Activité physique à l'école

4 exemples d’écoles qui bougent au profit de la réussite

Le 3 avril 2017

Faire bouger les élèves de son école sur une base quotidienne sans compromettre leurs apprentissages et leur réussite, est-ce possible ? Bien sûr !

Laissez-vous inspirer par quatre écoles qui ont réussi à mettre en place un environnement propice à l’apprentissage et à la réussite grâce à l’activité physique. S’il revient à chaque école d’identifier la formule qui lui convient le mieux en fonction des caractéristiques de ses élèves et de son environnement, reste que l’un des dénominateurs communs à la recette du succès est bien souvent la présence de porteurs convaincus et convaincants. Serez-vous l’un d’eux ?

De l’éducation physique à tous les jours

Depuis plus de 20 ans, l’école primaire Pierre-de-Coubertin, située dans un quartier défavorisé du nord-est de Montréal, offre aux élèves un audacieux programme pédagogique : consacrer le tiers du temps de leur grille-horaire à l’activité physique et aux cours d’éducation physique et à la santé. Ce choix nécessite d’amputer de 14 % le temps réservé à l’enseignement des autres disciplines obligatoires. Et le résultat est particulièrement positif : la moyenne des élèves de cette école figure parmi les plus élevées de sa commission scolaire, tandis que le taux d’absentéisme est très faible.

20 minutes d’activités physiques par jour pour tous

Depuis 2009, les élèves de l’Écollectif, une école primaire alternative de Sherbrooke, s’activent pendant 20 minutes tous les matins dans le cadre du projet « Je bouge ». Objectif du projet : que chaque élève s’active au moins 20 minutes par jour physiquement, en plus des 120 minutes hebdomadaires consacrées au cours d’éducation physique et à la santé.

Depuis l’implantation de ce projet, les enseignants ont observé que les élèves ont une meilleure capacité de mémorisation, des aptitudes d’attention et de concentration accrues, et respectent davantage les comportements souhaités en classe. Une étude scientifique réalisée par des chercheurs de la Faculté d’éducation physique et sportive de l’Université de Sherbrooke a également confirmé que les élèves de 1re et 2e années qui suivent ce programme d’activité physique 20 minutes tous les matins sont plus attentifs durant la journée que s’ils n’y avaient pas participé.

Le basketball contre le décrochage scolaire

Bien dans mes baskets (BdmB) est implanté à l’École secondaire Jeanne-Mance, située dans le quartier Plateau-Mont-Royal, à Montréal. Il s’agit d’un programme unique au Québec et au Canada, qui a la particularité d’utiliser le basketball comme outil d’intervention sociale. Il cible particulièrement les adolescent-es, présentant de multiples facteurs de risque de décrochage scolaire, de délinquance ou d’exclusion sociale .
Un bilan publié par la revue du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS) fait ressortir plusieurs impacts positifs du programme BdmB, par exemple :

  • La pratique sportive peut être une source de motivation à l’école et un levier important pour mobiliser les jeunes.
  • Chez certains jeunes, BdmB a agi comme facteur de protection contre des influences externes négatives.
  • Le partage d’expériences communes significatives, la valorisation du basketball et le climat de l’équipe sont les 3 facteurs déterminants du développement du sentiment d’appartenance au programme BdmB et à l’école.
  • Une des études rapporte que le programme BdmB a permis aux filles d’améliorer leur sentiment de compétence personnelle, ce qui a eu un effet positif sur leur persévérance scolaire et leurs aspirations professionnelles.

Comme BdmB exige une implication des participants dans la communauté, les adolescents de 4e secondaire enseignent les rudiments du basket dans 9 écoles primaires du quartier. Plus de 150 écoliers font partie des Mini Dragons chaque année. Les Dragons viennent une fois par semaine dans les écoles primaires et les Mini Dragons se rendent le samedi matin à l’école secondaire Jeanne-Mance.

Équiper sa classe de ballons d’exercice et de vélos stationnaires

Depuis 2012, toutes les classes de l’école primaire Jeanne-Sauvé, dans le quartier Orléans près d’Ottawa sont équipées de vélos stationnaires. Ainsi, lorsqu’un élève éprouve de la difficulté à se concentrer ou qu’il a besoin de se dégourdir les jambes, il peut enfourcher l’un des vélos stationnaires installés dans la classe. L’idée est d’abord venue de l’enseignant de 5e année, David Benay , mais la direction d’école l’a tellement aimée qu’elle a choisi d’équiper toutes les classes de vélos stationnaires.

Bien qu’aucune recherche n’ait été menée pour évaluer l’impact des vélos stationnaires sur les résultats scolaires, les enseignants, les élèves ainsi que leurs parents sont d’avis que cela favorise l’attention et la concentration en classe. Un constat qui s’avère amplement suffisant pour poursuivre cette initiative et explorer d’autres idées telles que l’ajout de ballons d’exercice et l’aménagement d’un coin yoga dans la classe.

 

NDLR : Ce texte est une adaptation de la fiche « Un mode de vie physiquement actif à l’école pour favoriser la réussite éducative », à l’origine publiée sur le portail Veille Action, aujourd’hui devenu 100°.