Transport actif

Forum Vélosympathique: un mouvement en plein essor

Le 21 octobre 2019

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Le mouvement Vélosympathique a le vent dans les voiles et les communautés qui se prêtent à l’exercice, bien qu’il soit exigeant, en retirent de nombreux bénéfices. C’est ce qui ressort clairement de la 2e édition du forum Vélosympathique « Accélérer le mouvement », auquel une centaine d’élus et de professionnels du milieu municipal ont participé, la semaine dernière, dans le cadre enchanteur de la Ville de Bromont.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, fort de la toute nouvelle certification argent Vélosympathique obtenue cette année, était particulièrement fier que sa municipalité soit l’hôte de cet événement. D’autant plus que le thème « Accélérer le mouvement » fait écho au tout nouveau slogan de la Ville : Bromont inspire l’action. Il a d’ailleurs affirmé, en vantant le dynamisme de sa communauté, que Bromont carbure au mouvement !

Au fil des ans, a-t-il rappelé, l’aménagement de différentes infrastructures a fait en sorte de rendre possible, non seulement la pratique de 11 disciplines de vélo, mais aussi de favoriser le transport actif sur le territoire. Et nul doute, selon lui, que toutes les parties prenantes qui ont contribué à cet essor de concert avec les services municipaux, maintenant qu’ils ont reçu la certification argent, vont redoubler d’efforts pour obtenir l’or.

Des paroles que Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec, n’a pas hésité à reprendre à son compte. Reconnaissant toutefois que l’obtention d’une telle certification demeure exigeante, parce que sérieuse, elle a justement tenu à rappeler que son atteinte n’est pas une fin en soi. Il faut toujours continuer de pousser à la roue dans une démarche d’amélioration continue. Elle a ainsi vivement encouragé les communautés à toujours aller plus loin pour augmenter le nombre de personnes qui pratiquent le vélo en toute sécurité et en toute convivialité. Et d’en accélérer le mouvement, surtout dans la perspective de l’urgence climatique.

Des exemples concrets de réussites

Au cours de cette journée d’échanges où alternaient des conférences, un panel et des présentations de cas concrets, plusieurs intervenants ont certes fait allusion aux difficultés qu’ils ont rencontrées pour remplir le formulaire Vélosympathique… Mais, c’est avec un sentiment de fierté d’autant plus vif qu’ils ont détaillé les actions entreprises pour satisfaire ces exigences et relever ce premier défi avec succès. Car, toutes et tous n’entendent pas en demeurer là. Ils planchent déjà sur d’autres projets pour accélérer la cadence et décrocher une certification encore plus élevée. 

Ces échanges étaient d’autant plus riches d’enseignements qu’ils offraient des exemples et des pistes de solutions mises en œuvre par des municipalités aux caractéristiques et aux environnements très divers. Qu’il s’agisse de la petite ville de Saint-Lambert, en passant par l’arrondissement Rosemont–La-Petite-Patrie, ou encore Sainte-Julie, Drummondville, Sherbrooke ou Gatineau; les intervenants ont pris soin de décrire la réalité qui était la leur, les défis qu’ils devaient surmonter et les moyens envisagés pour y parvenir. Autant d’exemples de bons coups propres à inspirer et encourager d’autres municipalités, petites ou grandes.

Incidemment, on doit souligner la présence de Jeff Leiper, conseiller municipal à Ottawa, ville qui, depuis 2014, détient la certification Gold Bicycle City, octroyée par l’organisme Share The Road Ontario, le pendant de Vélo Québec. Et, tout comme ses collègues québécois, plutôt que de s’asseoir sur ses lauriers, Jeff a préféré décrire les prochains défis qu’entend relever sa ville. Notamment en matière de connectivité du réseau cyclable avec le nouveau parcours de train léger (Light Rail Transit) qui vient d’être inauguré. Et ce, a-t-il confié avec une absence de pudeur parfaitement assumée, dans le but de décrocher la certification platine… Rien de moins ! Comme quoi on devient vite accroc aux certifications vélo…

Un outil pour se dépasser

Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie, était la seconde médaillée d’argent de la journée à prendre la parole. Et, dans son allocution, elle a d’entrée de jeu souligné que, pour sa ville, la certification Vélosympathique n’était pas vue comme un concours, ou une reconnaissance, mais comme un outil pour faire encore plus, et encore mieux ! 

Avec humour, elle s’est d’ailleurs souvenue de sa « déception » lorsque, en 2016, Sainte-Julie a seulement décroché la certification bronze… Une déception qui a duré une seconde… En raison, a-t-elle expliqué, du solide rapport de rétroaction fourni par Vélo Québec, ce qui a permis à la Ville de mieux se structurer, mieux s’organiser. Si bien que, en 2018, Sainte-Julie méritait l’argent ! Et foi de sa mairesse, la ville entend bien répéter l’exploit de Gatineau qui détient déjà la certification or. Même si, bien sûr, il ne s’agit nullement d’un concours…

Le vélo comme mode de vie

Pour atteindre cet objectif, Suzanne Roy dit pouvoir compter sur des gens à la ville capables de créer et de faire les choses différemment, et dont elle salue le dévouement. Mais il est aussi essentiel, insiste-t-elle, d’obtenir le soutien des citoyens. Par delà les processus officiels de consultations publiques, elle estime crucial de favoriser la participation citoyenne afin de pousser plus loin les initiatives. 

Cela dit, de manière générale, pour ce qui touche de saines habitudes de vie, elle refuse de parler de dépenses, mais bien plutôt d’investissements. « Car, soutient-elle, investir dans notre réseau cyclable : c’est la santé de nos citoyens, c’est la qualité de l’environnement, c’est la sécurité pour tous, c’est la mobilité durable ! »

« Pour mettre de l’avant de nouveaux projets cyclables, estime Suzanne Roy, il faut planifier (plan d’action, plan directeur), il faut sensibiliser (organiser des événements rassembleurs), il faut informer (offrir trucs et conseils), il faut éduquer (les écoles entre autres) et il faut travailler en amont (parler aux gens). Enfin, et surtout, quand des travaux sont nécessaires, ne jamais refaire une rue à l’identique; mais lui ajouter trottoirs et pistes cyclables ! »

Et Suzanne Roy de conclure : « La certification Vélosympathique, c’est une fierté pour une communauté, ça la fait rayonner ! C’est sûr. Mais, aussi, ça donne du sens à ses actions et, surtout, c’est l’occasion de recevoir des conseils de professionnels pour faire encore plus et encore mieux. Vraiment, ça vaut la peine, ajoute-t-elle avec malice, de remplir le long formulaire de Vélosympathique ! »

Dernier tour de roue

Cette journée, riche en témoignages inspirants, s’est conclue par une intervention de la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, qui est, par surcroît, la députée locale. Elle a tenu à remercier tous les participants à événement pour leurs efforts dans la promotion du vélo. D’autant plus, a-t-elle souligné, que lui tient vraiment à cœur le transport actif, lequel demeure à ses yeux un des moyens les plus faciles de faire bouger les jeunes comme les moins jeunes. Elle a en outre vanté les atouts incroyables de sa magnifique région pour la pratique du vélo et la randonnée en pleine nature. 

Voilà un bel encouragement pour accélérer le mouvement !



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