Pointe-aux-Trembles

Marche-ta-zone: un chemin tout tracé pour encourager la marche vers l’école

Le 30 août 2017

Depuis le printemps dernier, les élèves de l’école François-La Bernarde de Pointe-aux-Trembles, à Montréal, marchent avec plaisir et en toute sécurité jusqu’à l’école grâce au projet Marche-ta-zone. 

Comme le Petit Poucet, ils suivent un chemin balisé, non pas de petits cailloux, mais de pattes d’oiseaux qui leur indiquent le bon trajet à suivre. Le projet Marche-ta-zone est une initiative de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Pointe pour partir à l’école du bon pied et garder le pas.

Marcher pour se rendre à l’école, c’est tout simple et bon pour la santé. Pourtant, alors que le taux d’obésité et la sédentarité chez les jeunes sont de plus en plus préoccupants, de moins en moins d’enfants vont à l’école à pied. Déterminés à favoriser les déplacements actifs, particulièrement dans les secteurs de défavorisation, les membres du comité milieux de vie de la table de développement social du CDC de la Pointe ont eu l’idée de consulter les élèves du quartier et de les impliquer dans un projet créatif pour leur redonner le goût de la marche.

marcher vers l'ecoleRépondre aux préoccupations des jeunes

Le projet Marche-ta-zone est né il y a trois ans des préoccupations exprimées par les élèves des écoles primaires et secondaires rencontrés lors de cafés urbains. « Ce qui est ressorti, explique René Rivest, coordonnateur du comité milieux de vie, c’est un fort sentiment d’insécurité. Les enfants nous ont dit éviter certaines rues où ils se sentaient menacés. » Bien que la criminalité soit en réalité très peu présente dans le secteur, les membres du comité milieux de vie ont jugé essentiel de prendre en compte les perceptions des jeunes, afin qu’ils aient le sentiment de pouvoir marcher sans aucune crainte jusqu’à l’école.

René Rivest : « Avec la participation des jeunes, on a décidé de proposer des tracés de marche autour des écoles pour rendre ce déplacement le plus sécuritaire possible. »

Un tracé concerté avec les organismes et les jeunes

Le projet pilote a été lancé avec l’école François-La Bernarde, située dans un secteur de défavorisation. Trois trajets de 1115, 800 et 500 mètres ont alors été conçus avec la collaboration du comité de transport actif, des organismes du milieu et des élèves de l’école. « Pour faire le tracé de marchabilité, ajoute René Rivest, on a regardé les corridors scolaires existants, les tracés proposés par Vélo Québec et les audits de potentiel piétonnier actif sécuritaire (PPAS) réalisés par Tandem. On s’est également associés avec des urbanistes pour que ce soit bien pensé. »

Mais surtout, l’équipe d’animation de la CDC a formé un comité d’élèves à l’école François-La Bernarde pour concevoir le marquage au sol. Ces derniers sont allés voir ce qui se fait dans d’autres quartiers à Montréal et ont élaboré des propositions. Ils ont finalement opté pour des traces de pattes d’oiseaux pour marquer le parcours à tous les 5 ou 6 mètres.

René Rivest : « À la CDC de la Pointe, nos projets fonctionnent parce que ce sont des projets concertés. C’est la recette du succès de nos projets. »

enfants qui marchent

Tous en marche vers l’école…

Le 8 juin 2017 a eu lieu la grande marche d’inauguration du projet Marche-ta-zone, en compagnie de tous les élèves de l’école François-La Bernarde, des directions d’écoles du quartier, des intervenants des différents organismes impliqués, des parents des jeunes qui ont participé aux consultations jeunesse et de la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Tous ont retrouvé leur cœur d’enfant en marchant dans les traces d’oiseaux vers l’école. Le projet pilote a été développé grâce à des fonds de Québec en forme. Forts de leur succès, les responsables du projet Marche-ta-zone et la mairie de l’arrondissement entrevoient déjà étendre le projet à la grandeur du quartier. « Mon objectif, précise René Rivest, c’est que chaque année une école ait son tracé de marchabilité. » Une voie à suivre pour faire marcher les écoliers !

Vous aimeriez en savoir plus ? Découvrez notre dossier En marche pour des environnements piétonniers.