Monde municipal

6 arguments pour convaincre vos élus d’investir dans les parcs et espaces verts

Le 18 mai 2017

Vous souhaitez convaincre vos élus municipaux d’investir davantage dans des parcs et des espaces verts ? Voici 6 arguments auxquels ils ne resteront certainement pas insensibles.

Avant tout, il faut savoir que, en dépit de tous les bénéfices qu’on leur reconnaît, la contribution économique des parcs et des espaces verts est très souvent sous-évaluée.

On sait bien sûr que ces milieux encouragent l’activité physique, qu’ils atténuent les impacts du stress et on connaît assez bien leurs coûts de création et d’entretien. Mais le fait qu’on ne puisse pas chiffrer avec assurance les retombées économiques des parcs et espaces verts entraîne, le plus souvent, un sous-investissement dans ce type d’infrastructure, et ce, malgré une très forte demande sociale.

1 – Réduction des coûts de traitement des eaux pluviales

Les parcs et les espaces verts offrent des surfaces d’absorption des eaux de pluie très utiles aux villes. En raison des changements climatiques, les épisodes de crues éclairs sont de plus en plus nombreux et ont des impacts majeurs sur les systèmes d’égouts pluviaux. Les espaces verts jouent donc un rôle essentiel de rétention et de filtration. Ceci diminue les quantités d’eaux circulant dans le réseau d’évacuation et des usines de traitement, en plus de ralentir leur écoulement. On peut également mentionner que le ralentissement de l’écoulement des eaux de pluie diminue la quantité de matière en suspension qu’elles entraînent avec elles.

2 – Augmentation de l’attractivité et des recettes foncières

Les espaces verts augmentent l’attractivité des villes, tant sur le plan démographique que touristique, ce qui bien sûr renforce leur dynamisme économique. Dans cette même optique, des espaces verts bien entretenus contribuent à la qualité perçue des quartiers. D’ailleurs, les citadins préfèrent une haute densité de petits espaces de verdure plutôt que l’inverse. Cela explique que la présence de parcs et d’espaces verts augmente la valeur foncière des propriétés, du moins celles qui leur sont contiguës ou voisines. Ainsi, en deçà de 400 à 500 m d’un parc, on observe une plus-value de 6 à 8 % de la valeur des habitations. Tous ces phénomènes se traduisent par une hausse des recettes fiscales pour les municipalités, donc des revenus supplémentaires.

3 – Augmentation des avantages politiques

Les espaces verts sont politiquement rentables en raison de la grande demande sociale dont ils sont l’objet, particulièrement en ville. Bien aménagés, ces espaces sont appréciés des jeunes familles, des personnes âgées, des sportifs, et même des personnes qui ne les fréquentent pas directement. Le simple fait de les voir de loin ou même de circuler tout près de tels espaces est amplement suffisant pour en ressentir quelques bienfaits et surtout en être satisfait. En répondant à la demande exprimée par le public pour les parcs et les espaces verts de proximité, que soit pour leur valeur d’usage direct, ou indirect, les élus locaux peuvent aisément marquer des points auprès de leurs électeurs.

4 – Amélioration de la qualité de l’air

En plus de leur valeur esthétique, les arbres peuvent rendre des services écologiques inestimables puisque : ils réduisent la pollution atmosphérique en piégeant les particules fines ; ils séquestrent le CO2 ; ils retiennent les métaux lourds et ils diminuent les concentrations d’ozone. Ne dit-on pas, à juste titre, que les parcs sont les poumons des villes ?

5 – Réduction des îlots de chaleur

En ville, les parcs et les espaces verts assurent une régulation naturelle des températures, ce qui contribue à réduire les effets très néfastes des îlots de chaleur sur la santé humaine. D’autre part, la diminution de l’absorption de chaleur dans la trame urbaine se traduit par une réduction de la demande en énergie à des fins de climatisation. Pour les institutions, les entreprises et les particuliers, cela peut générer d’importantes économies.

6 – Réduction des dépenses en santé

La réduction des coûts de santé associée à la présence de parcs et espaces verts est bien documentée. Toutefois, pour les élus municipaux du Québec1, ces retombées indirectes sont trop lointaines pour servir d’argument en faveur du verdissement des villes. Cela dit, la lutte contre les îlots de chaleur peut aider à réduire les effets accablants des périodes de canicule sur plusieurs maladies chroniques, et par le fait même, diminuer les coûts qu’elles engendrent.

On a aussi démontré que, en augmentant la surface consacrée aux espaces verts, on diminuait les coûts de santé associés à des maladies comme l’asthme et l’hypertension. Enfin, une municipalité qui implante des superficies adéquates de parcs et espaces verts sur l’ensemble de son territoire contribue à réduire les inégalités sociales et de santé, particulièrement en matière d’inactivité physique. Ce n’est pas négligeable quand on connaît tous les impacts sur la santé attribuables au manque d’activité physique…

Voilà donc 6 arguments faisant bien la preuve que l’aménagement d’espaces verts en milieu urbain est bénéfique à la fois pour la santé des citoyens, la santé environnementale et la santé économique d’une ville. Parlez-en à vos élus !

1Par contre, des villes comme Toronto ou New York, qui paient pour les soins de santé, investissent massivement dans le verdissement urbain depuis plus de 10 ans.

Dans les dernières années, plusieurs projets ont vu le jour afin d’aider les autorités municipales à prendre en compte les parcs et les espaces verts dans leur stratégie de planification urbaine de façon à tirer le maximum de ces investissements au bénéfice de la société tout entière.

Pour en savoir plus sur leur valeur :

Les espaces verts urbains. Lieux de santé publique, vecteurs d’activité économique. Rapport ASTERER pour le compte de l’Union nationale des entreprises du paysage. Mai 2016. 55 p.

Pour en savoir plus sur des outils d’aide à la décision :

Projet Espaces, Alliance québécoise du loisir public

Projet Verdir un milieu de vie, Vivre en Ville

Projet Quartiers verts, actifs et en santé, Centre écologie urbaine de Montréal