Mobilité durable

Le centre-ville de Montréal misera sur le transport actif et collectif

Le 8 octobre 2019

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L’arrondissement Ville-Marie, qui est au cœur de la métropole, vient de dévoiler un Plan local de déplacement qui, en misant résolument sur les transports actifs et collectifs, établit les lignes directrices d’une mobilité durable.

Fruit d’un vaste exercice de consultation auprès de la population et des parties prenantes au dossier, le Plan local de déplacement (PLD) de l’arrondissement Ville-Marie vise 3 objectifs majeurs : la réduction des gaz à effet de serre (GES), l’atteinte de la Vision Zéro et des milieux de vie à échelle humaine.

La mobilité à échelle humaine

Ce PLD se décline en fonction de 3 grandes orientations qui visent à intervenir : sur les modes de transport, auprès des acteurs et dans les lieux d’exception. Mais c’est véritablement la première des 3 grandes orientations qui donne le ton du PLD. Ses 6 objectifs en matière de mode de transports sont très éloquents : 

  • • Optimiser les cheminements piétons
  • • Poursuivre le développement du réseau cyclable
  • • Accompagner les acteurs du réseau cyclable
  • • Contenir le transit automobile et optimiser le stationnement
  • • Favoriser l’intermodalité et bonifier l’offre multimodale
  • • Minimiser l’impact négatif du camionnage sur la qualité de vie

Chacun de ces objectifs repose sur un état de la situation que l’on vise à améliorer par des actions concrètes ou qui prendront, le cas échéant, la forme de mesures transitoires et évolutives. Déjà, le jour où le PLD était dévoilé, entraient en vigueur les nouvelles limites de vitesse qui passent de 40 à 30 km/h dans les rues du centre-ville et de 50 à 40 km/h sur les artères.

Par ailleurs, la mairesse Valérie Plante annonçait, le même jour, l’aménagement d’une centaine de saillies de trottoir au cours de la prochaine année. Ces saillies de trottoir permettent d’accroître la visibilité des piétons et d’empêcher le stationnement des véhicules dans les 5 premiers mètres d’une intersection : ce qui est probablement le règlement le plus méconnu des automobilistes et le moins bien respecté.

Toutefois, cette mesure vise d’abord la sécurité des piétons. Et elle est d’autant plus justifiée que le « Rapport diagnostic », présenté en complément du PLD, révèle justement que 76 % des accidents survenus dans l’arrondissement, de 2012 à 2014, ont eu lieu à une intersection. 

Du REV à la réalité

Le PLD s’inscrit bien sûr dans la foulée du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et les outils de planification de la Ville de Montréal : le Plan Mobilité durable, le Plan d’urbanisme et le Plan de transport. Si bien que certaines des mesures envisagées sont déjà partiellement concrétisées. C’est le cas par exemple du Réseau Express Vélo (REV).

Et récemment, l’arrondissement annonçait le lancement du projet pilote Colibri. Il s’agit d’un centre de transbordement, aménagé à l’Îlot Voyageur, pour que les poids lourds viennent décharger leur marchandise qui sera ensuite acheminée à bon port à l’aide de petits véhicules à zéro émission, comme, par exemple, les vélos cargos électriques. Déjà adopté par les grandes villes européennes, ce système de transport de marchandises intermodal permet de faire d’une pierre deux coups : diminuer les GES et minimiser l’impact négatif du camionnage sur la qualité de vie.

Parions que si l’arrondissement Ville-Marie se donne les moyens de ses ambitions pour réaliser son PLD, alors il sera en mesure de répondre aux vœux de Valérie Plante qui est de créer « une mosaïque de milieux de vie à échelle humaine campée dans un contexte de métropole nord-américaine prospère ».



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