Petite enfance

Garderies en plein air: de multiples effets bénéfiques

Le 15 mai 2017

Depuis la publication, en 2005, de l'ouvrage Last Child in the Woods, par l'auteur américain Richard Louv, le «syndrome du manque de nature» (nature deficit disorder) et ses impacts néfastes sur la santé physique et psychologique des enfants ne peuvent plus être ignorés.

À contrario, les bienfaits du jeu libre en pleine nature sont si importants qu’ils pourraient bien nous convaincre de faire tomber les murs des garderies. Utopique au Québec? Pourtant, depuis plus de cinquante ans, les services de garde en plein air sont courants dans les pays scandinaves, où le climat n’est pas très différent du nôtre. Des pratiques inspirantes qui apportent un grand souffle d’air frais…

Vivre et grandir en plein air

Dans de nombreux services de garde des pays scandinaves et en Allemagne, les activités en plein air ne sont pas qu’une pause dans la journée. Beau temps mauvais temps, hiver comme été, les enfants de 3 à 6 ans passent leur journée entière à l’extérieur, repas et sieste compris. Ces garderies à ciel ouvert, situées en forêt, dans des parcs boisés ou de grands jardins en banlieue, privilégient le jeu libre et la découverte personnelle. Les enfants courent, crient, grimpent aux arbres, jouent dans la terre ou dans l’eau, cultivent des plantes ou coupent du bois, et bricolent avec ce qu’ils découvrent.

Dans les skovbørnehave, écoles maternelles dans les bois au Danemark, ou waldkindergarten, jardins d’enfants en forêt en Allemagne, il n’y a pas d’activités pour enseigner le nom des arbres ou des oiseaux. La pédagogie par la nature cultive une relation intégrale avec la nature qui fait d’abord appel aux sens et aux émotions pour stimuler la créativité de l’enfant, sa confiance en soi, son autonomie et son lien profond à l’univers qui l’entoure. Jouer dehors dans la nature est en soi une école de vie.

jouer dehors

La pédagogie par la nature en pleine expansion

Les premières garderies en plein air ont vu le jour au Danemark, dans les années 1950. À l’origine, ce ne sont pas des réflexions pédagogiques, mais bien un besoin urgent de places en services de garde qui ont favorisé leur création. Faute d’espaces disponibles rapidement, les Danois ont eu l’idée de créer des garderies à l’extérieur pour accueillir les enfants. Après seulement quelques mois, éducateurs et parents ont pu constater les nombreux bienfaits de ces journées au grand air pour le développement des tout-petits. Leurs observations ont donné naissance à la pédagogie par la nature qui a pris son essor dans les années 1970.

Aujourd’hui, on trouve des garderies et des maternelles en plein air partout au Danemark, en Suède, en Norvège et en Finlande et leur popularité ne cesse de gagner du terrain en Europe, particulièrement en Allemagne et en Suisse. La formule varie selon les établissements, mais tous misent sur les vertus du contact avec la nature comme espace de liberté et d’action, d’explorations et d’expériences sans limite.

Au Québec, quelques initiatives s’inspirent de ce modèle, entre autres à Limoilou et à Shawinigan, mais elles demeurent encore très marginales.

Des effets bénéfiques évidents

Pour les partisans de la pédagogie par la nature, les effets bénéfiques de la vie en plein air ne sont plus à démontrer. Les enfants ont besoin d’espace et de liberté pour grandir et jouer dehors quotidiennement leur offre des possibilités d’apprentissage qu’ils ne trouveront jamais entre quatre murs. En plus de favoriser le développement des habiletés motrices, d’améliorer la condition physique et de diminuer l’agitation, les enquêtes sur le terrain ont montré qu’en passant beaucoup de temps dehors, les enfants deviennent plus créatifs, développent une meilleure autonomie ainsi qu’une plus grande empathie envers la nature et les autres.

Plus les enfants sortent et jouent dans la nature, plus les effets positifs sont importants. Et la cerise sur le gâteau: les enfants qui fréquentent les garderies en plein air ont un meilleur système immunitaire et souffrent moins d’allergies que ceux qui fréquentent les garderies traditionnelles. Bref, des enfants en meilleure santé qui ne rechignent pas à jouer dehors. Et surtout, des enfants qui ont l’espace et l’environnement pour satisfaire leur curiosité naturelle et construire leur compréhension du monde.