Persévérance scolaire

Placer les saines habitudes de vie au cœur de la réussite éducative

Le 11 mai 2021

Devant les nombreux défis que doivent relever les équipes-écoles, la promotion des saines habitudes de vie auprès des élèves peut sembler être un enjeu d’importance secondaire, voire carrément un fardeau. Toutefois, ce que l’on associe parfois à une surcharge de travail s’avère plutôt un outil efficace pour atteindre différents objectifs liés à l’estime de soi, la motivation, la collaboration avec les parents ou la lutte contre l’intimidation. En effet, la promotion des saines habitudes de vie est un excellent moyen pour les écoles d’accomplir leur mission et de favoriser la réussite éducative.

À cet égard, je me réjouis du Plan de relance pour la réussite éducative : l’éducation au-delà de la pandémie 2021-20221 que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et la ministre déléguée, Isabelle Charest, ont présenté le 6 mai dernier. Car, bonne nouvelle, l’activité physique et l’alimentation sont au rendez-vous pour soutenir les élèves dans leurs apprentissages et leur développement. Parmi les intéressantes mesures mises de l’avant, voici celles qui ont retenu mon attention en matière de saines habitudes de vie :

  • services consacrés aux saines habitudes de vie dans les centres de formation professionnelle et d’éducation des adultes
  • soutien au déploiement de la mesure Aide alimentaire
  • activités parascolaires pour la santé, le bien-être et la réussite de tous
  • offre bonifiée de la mesure À l’école, on bouge!
  • soutien financier au Programme provincial de plein air en milieu scolaire
  • soutien à l’enseignement extérieur et à l’éducation par la nature
  • sorties éducatives en classe nature et en classe découverte pour chaque élève du primaire
  • bonification du volet Bien-être à l’école

Dommages collatéraux de la pandémie

Comme pour plusieurs d’entre vous, l’état de santé de nos jeunes m’inquiète. Je l’étais bien avant la pandémie et malheureusement, aujourd’hui, je le suis encore plus. Depuis quelques années, les données de surveillance nous montrent une augmentation de l’obésité, de maladies cardiovasculaires et métaboliques, comme le diabète de type 2, chez les enfants et les adolescent.e.s. Il s’agit de problèmes de santé qui étaient autrefois uniquement observées chez les adultes. En plus des impacts sur la santé physique, la prévalence de l’obésité entraîne également des impacts psychosociaux dévastateurs. Les enfants en surpoids sont davantage victimes d’intimidation ou de rejet à l’école. Voir la santé de trop d’enfants se détériorer de la sorte, c’est dramatique et c’est préoccupant tant socialement qu’économiquement.

Nous sommes plusieurs à répéter et à marteler l’importance de l’activité physique et de l’alimentation sur la santé physique et le développement des enfants. Ce sont des déterminants indispensables de la réussite éducative ! Au quotidien, ils ont un impact sur la capacité d’attention et de concentration à l’école. En plus, nous devons mettre les bouchées doubles pour résorber les écarts provoqués par la pandémie et rattraper le recul de la dernière année.

appel-de-projets-au-menu-des-ecoles

Une saine mission éducative

Le gouvernement, la société et chacun d’entre-nous avons un rôle à jouer. Si nous voulons être efficaces, il faudra oser mettre en place des mesures et des actions politiques susceptibles de modifier nos milieux de vie. Il faudra se mobiliser collectivement pour appuyer et réclamer des politiques et des changements de normes qui valoriseront la santé durable pour tous.

Le milieu scolaire nous fournit un levier d’action pour rejoindre l’ensemble des enfants, incluant les plus vulnérables. En raison de sa mission éducative, l’école se doit d’offrir un milieu exemplaire en matière d’environnements favorables à la santé. Ainsi, augmenter et maximiser les occasions pour les élèves d’être actifs au quotidien à, comme le propose le Plan de relance, contribue au développement des compétences sociales et des habiletés cognitives. Cela favorise la capacité d’attention, la concentration, la mémoire et un meilleur comportement en classe. D’autre part, assurer une saine alimentation à l’école permet aussi d’offrir à tous une chance égale de réussir.

Enchâsser la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école dans la Loi sur l’instruction publique

Depuis 2007, la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école prescrit aux écoles des lignes directrices pour favoriser les saines habitudes de vie. Il s’agit d’un ancrage essentiel pour assurer une cohérence entre les enseignements et l’environnement scolaire. Cependant, au fil du temps, nous avons observé un recul dans l’application de la Politique-cadre. C’est notamment le cas pour les aliments distribués dans le cadre de l’aide alimentaire. Car offrir aux enfants des aliments de faible qualité nutritive, même s’ils proviennent de dons, n’est pas sans conséquence pour la santé et l’acquisition de saines habitudes alimentaires. Même dans un contexte où l’on doit répondre aux besoins d’élèves en situation de précarité, il faut miser sur une offre alimentaire saine. Tous les enfants du Québec méritent d’avoir une chance égale de bien se nourrir.

Appel à la mobilisation

Bien sûr, je suis toujours atterrée de voir que, au Québec, des milliers d’enfants ne mangent pas à leur faim. Dans une société développée comme la nôtre, c’est inconcevable ! Mais de savoir que, dans certaines écoles, on donne encore aux enfants des aliments ultra-transformés, qui sont nuisibles à leur santé, je trouve que n’est pas une solution digne d’« un Québec fou de ses enfants ».

Cela dit, je pense que le Plan de relance pour la réussite éducative est un pas dans la bonne voie. Or, afin de pérenniser l’ensemble des interventions proposées et d’assurer son application, la Coalition Poids recommande d’enchâsser la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école dans la Loi sur l’instruction publique. Et nous avons besoin de vous ! La saine alimentation et l’activité physique sont des alliés importants pour les enseignant.e.s et l’ensemble de l’équipe-école, car les deux contribuent à rendre les élèves plus performants sur le plan académique et sont des vecteurs de motivation, d’appartenance et de persévérance scolaire. Travaillons ensemble pour que dans toutes les écoles du Québec, de la maternelle à l’université, nous puissions offrir des milieux de vie propices à l’acquisition et au maintien de saines habitudes de vie.

1 Dans le cadre de la consultation publique tenue plus tôt ce printemps, la Coalition Poids avait déposé un mémoire pour partager ses recommandations.