Nouveau rapport

Pour une population québécoise physiquement active: nouvelles recommandations

Le 25 juin 2020

Le comité scientifique de Kino-Québec vient de publier l’avis Pour une population québécoise physiquement active : des recommandations / Savoir et agir, et plaide pour la pratique d’activités diversifiées.

Le document, qui s’appuie sur une imposante revue de la littérature scientifique, formule deux recommandations générales pour que l’ensemble de la population québécoise puisse retirer le maximum de bienfaits de la pratique d’activité physique :

  • Augmenter le niveau d’activité physique
  • Diversifier les activités physiques

« Mieux vaut faire un peu d’activité physique que de ne pas en faire du tout, et en faire davantage est encore mieux. » – Kino-Québec

Plus spécifiquement, les auteurs du document tiennent d’abord à souligner les lacunes des lignes directrices actuelles qui recommandent, entre autres, au moins 150 minutes d’activités physiques d’intensité moyenne ou élevée par semaine. Cet objectif, bien que souhaitable, risque d’être interprété comme étant un seuil minimal en deçà duquel une personne ne pourrait retirer aucun bénéfice.

Or, toute activité physique apporte des bienfaits. Et pas seulement pour la santé cardiovasculaire et le maintien d’un poids santé, comme on a souvent tendance à le résumer. En plus d’améliorer l’aptitude musculaire, la flexibilité, la motricité, la masse osseuse, ou encore la fonction immunitaire, pratiquer des activités physiques entraîne aussi des effets bénéfiques sur l’humeur, la santé psychologique, la gestion du stress, les fonctions cognitives, les habiletés sociales, etc. Cela contribue en outre à l’acquisition et au maintien de saines habitudes de vie : diminution des comportements sédentaires; alimentation équilibrée; consommation d’alcool modéré; sommeil de qualité; abandon du tabagisme.

Plaisir et diversité

Un autre aspect trop souvent négligé dans les lignes directrices actuelles touche aux expériences agréables et gratifiantes que l’on retire de la pratique d’activités physiques. Plus elles sont diversifiées, plus il est possible de les moduler en fonction de nos goûts et de nos intérêts tout en tirant profit des possibilités qu’offrent les différents environnements et les quatre saisons.

« Toutes les activités physiques procurent des effets bénéfiques, mais aucune ne peut offrir tous les bienfaits d’une pratique variée. » – Kino-Québec

Cette diversité vaut aussi pour l’intensité. Il serait erroné de croire qu’un fort volume d’activité modérée équivaut à une plus courte période d’activité élevée, car cette dernière apporte plus d’effets salutaires, notamment en matière de capacité aérobique. D’autre part, un même volume d’exercice aura un effet différent sur l’état de santé mesuré. Par exemple, ceux qui passent de l’inactivité physique à un peu d’activité physique vont en retirer de très grands bénéfices.

La relation dose-réponse

Les bénéfices que l’on retire des activités physiques en fonction des paramètres tels que la fréquence, l’intensité, la durée, le type et le volume, sont propres à chacun. Autrement dit, l’amplitude de la réponse physiologique varie d’un individu à l’autre. C’est ce que l’on appelle la relation dose-réponse. Cependant, avancent les auteurs de ce rapport, les effets bénéfiques, de façon générale, augmentent avec la pratique d’activités physiques.

« Les données scientifiques sont claires : la pratique d’activités physiques, si elle est adaptée, est salutaire pour tout le monde, et ce, peu importe la condition physique. » – Kino-Québec

L’examen de cette relation dose-réponse forme d’ailleurs la colonne vertébrale du document. Cette partie principale sert à détailler, outre l’amélioration de la santé physique, notamment cardiovasculaire et métabolique, ainsi que le contrôle du poids, les nombreux autres effets bénéfiques individuels et collectifs qui sont associés à la pratique d’activités physiques les plans de :

  • l’espérance de vie (en santé ou sans incapacité);
  • les composantes de la condition physique (aptitude aérobie, aptitude musculaire, flexibilité et composition corporelle);
  • la prévention primaire (santé cardiovasculaire et métabolique, cancers, santé cognitive, santé mentale, santé osseuse, santé respiratoire, et fonction immunitaire);
  • les saines habitudes de vie (réduction des comportements sédentaires, alimentation équilibrée, consommation d’alcool modérée, sommeil de qualité et abandon du tabagisme);
  • les retombées collectives, notamment sur le plan financier (coûts liés aux soins de santé, à l’absentéisme et à la baisse de productivité, etc.).

Du savoir à l’action

Kino-Québec offre de nombreuses pistes d’action pour aider la population à augmenter et diversifier sa pratique d’activités physiques. Son comité scientifique invite d’ailleurs les organisations des différents milieux concernés à réfléchir afin de créer, de maintenir et de rendre accessibles, pour tous les citoyens et citoyennes du Québec, des environnements favorables à la pratique d’activités physiques.

« Quand chaque personne aura la possibilité et le goût de faire plus d’activités physiques diversifiées répondant à ses besoins et à ses aptitudes, c’est la population du Québec qui en sortira gagnante. Un pari ambitieux, mais qui n’est pas impossible. » – Kino-Québec