Transport actif

PPassage : un nouvel outil pour améliorer la marchabilité des villes

Le 7 décembre 2018

La Société Logique a dévoilé cette semaine PPassage, un tout nouvel outil d’évaluation des obstacles et des caractéristiques favorables à la marche et au transport actif. Un outil qui permet de cartographier de manière objective les rues dans leurs moindres détails.

PPassage, c’est d’abord une plateforme web qui permet, entre autres, de faire l’analyse des données, de réaliser des croisements d’indicateurs, de télécharger des cartes, de gérer des projets, des requêtes, etc. Une plateforme qui se double d’ailleurs d’un portail de données ouvertes pour démocratiser l’ensemble des informations qui seront collectées sur le terrain. Le but de PPassage, une première en son genre, est donc de réaliser des portraits fiables et complets de l’environnement des piétons afin de servir d’outil d’aide à la décision, et ce, aussi bien dans toutes les villes du Québec que, à terme, dans celles du reste de la planète!

PPassage, repose sur l’utilisation de plus d’une centaine d’indicateurs qui permettent d’identifier aussi bien les obstacles au sol ou en hauteur, que le mobilier urbain, les entrées de service, les voies cyclables, les largeurs des trottoirs, les éléments de signalisations, etc. Ils sont regroupés en fonction de 5 catégories :

  • traverses et coins de rue aux intersections;
  • corridors piétons aux tronçons de rues;
  • voies cyclables et accès physiques au transport collectif;
  • fonctions urbaines et bâtiments;
  • ambiance, paysage et sécurité urbaine.

Le travail de terrain

Afin de guider les futures interventions sur le domaine public en faveur de la mobilité durable, il est essentiel de recueillir des données quantitatives et objectives directement sur le terrain. Grâce à une application mobile à l’interface conviviale, l’utilisateur peut caractériser un tronçon de rue ou une intersection à l’aide de la centaine d’indicateurs de PPassage, en plus de précisément géolocaliser l’endroit examiné.

Bien entendu, pour assurer la qualité et l’uniformité des prises de données, tous les utilisateurs doivent suivre une formation offerte par la Société Logique qui, épisodiquement, va effectuer des exercices de contrôle sur les données enregistrées. PPassage est donc conçu pour des utilisateurs avertis. Cependant, tous peuvent contribuer à identifier des lieux de passage qu’ils jugent problématiques et les signaler en suivant la démarche décrite dans le guide J’identifie, j’agis, produit par le Centre d’écologie urbaine de Montréal. Éventuellement, tous ces endroits jugés non sécuritaires par les citoyens deviendront des lieux de PPassage.



La genèse de PPassage

Sophie Lanctôt, directrice générale de la Société Logique, était fière de présenter l’outil PPassage voué à l’amélioration la marchabilité des rues pour tous les piétons. Elle a tenu à rappeler que ce dévoilement représentait, pour son organisme, l’aboutissement d’une aventure qui s’est échelonnée sur quatre années. Mais l’origine de PPassage remonte encore plus loin dans le temps. Et pour en retracer la genèse, Sophie Lanctôt a donc cédé la parole à Sophie Paquin, urbaniste et professeur à l’UQAM, qui est aussi considérée comme la «mère biologique» de PPassage.

En effet, l’histoire commence en 2007, lorsque Sophie Paquin, qui travaille alors à la DSP Montréal, tombe sur des études américaines qui établissaient des corrélations entre la marchabilité des quartiers et la santé des populations. C’est à ce moment que commence la gestation de l’audit de potentiel piétonnier actif sécuritaire (PPas). Il s’agit littéralement d’une grille d’observation systématique et standardisée permettant d’analyser les divers aspects de l’aménagement physique d’un secteur donné et d’évaluer sa capacité à favoriser ou non la pratique de la marche.

« Toutefois, précise Sophie Paquin, l’audit PPas ne comptait, à l’époque, que très peu d’indicateurs en matière d’accessibilité universelle. Et c’est donc en 2016 que la Société Logique a pris la relève dans le but de développer un module d’accessibilité universelle, ce qui a finalement donné naissance à PPassage. »

Sophie Lanctôt a quant à elle précisé que la Société Logique a alors pris la gouverne de l’audit PPas avec le soutien de l’Office des personnes handicapées du Québec : « Nous étions placés devant deux défis: l’ajout de critères d’accessibilité universelle et la modernisation de la base de données. Aujourd’hui, le projet arrive à terme. Et c’est Martine Laurin, consultante en aménagement chez Société Logique, qui a piloté le dossier PPassage, dont elle est incidemment la « mère adoptive ».»

Martine Laurin a expliqué que le travail a d’abord consisté à traduire, en différents indicateurs et en balises, les grands principes de l’accessibilité universelle que la Société Logique a développés en collaboration avec le Comité consultatif en accessibilité universelle de la Direction des transports de la ville de Montréal. « Par la suite, a-t-elle expliqué, nous avons réalisé des tests terrain dans différents milieux de vie pour ajuster la méthode et valider les différents indicateurs. Une fois en possession de tous ces critères, nous avons développé une interface conviviale pour réaliser la cueillette d’informations à l’aide d’appareils mobiles. PPassage permet donc de réaliser des portraits et des diagnostics fiables et complets sur les environnements piétonniers en vue de répondre aux besoins variés de tous. »