Milieu scolaire / Éducation

Classes en plein air: nouvelle étude sur les pratiques enseignantes au Québec

Classes en plein air: nouvelle étude sur les pratiques enseignantes au Québec

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La pédagogie en plein air ne cesse, depuis quelques années, de gagner en popularité au Québec. Une pratique qui, au départ, était souvent le fruit d’initiatives isolées, menées par des pionnières, et qui avec le temps a essaimé pour en venir à se normaliser. Si bien que, plus récemment, la recherche s’est intéressée à ces nouveaux contextes d’apprentissage et aux bienfaits qu’ils procurent aux enfants.

François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

La nouvelle Chaire de recherche sur l’éducation en plein air (CRÉPA), de l’Université de Sherbrooke, de concert avec la Chaire de recherche Kino-Québec sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif en contexte scolaire, vient donc de publier un rapport de recherche, Pratiques enseignantes en plein air en contexte scolaire au Québec : au-delà de la pandémie de COVID-19.
 
Cette étude poursuivait deux objectifs : faire le portrait des effets perçus de l’éducation en plein air sur la pratique d’activités physiques et sur les apprentissages des élèves en contexte de pandémie, et, en second lieu, décrire des pratiques enseignantes en plein air. L’enquête repose sur un questionnaire en ligne rempli par un millier de personnes enseignantes de l’éducation au préscolaire, du primaire et du secondaire, ainsi que sur quelque 130 entretiens réalisés au cours de l’année scolaire 2020-2021.

Classe en plein air

Effets perçus de l’éducation en plein air

Les personnes enseignantes sondées rapportent que l’éducation en plein air génère des effets positifs sur la motivation des élèves, sur leur bien-être ainsi que sur leurs apprentissages. Ces mêmes personnes estiment en outre que les jeunes sont moins sédentaires qu’en classe et qu’ils ont tendance à être plus physiquement actifs.
 
Parmi les témoignages rapportés, les personnes enseignantes relèvent que l’aspect concret de ces activités de plein air semble conférer un caractère plus marquant aux apprentissages des jeunes. Un peu comme si les concepts, souvent abstraits en classe, s’incarnaient plus facilement dans la réalité, sur le terrain. Ce qui n’est sans doute pas étranger au fait que, en classe extérieure, les élèves sont visiblement plus actifs, tant sur les plans physiques que cognitifs.

Classe en plein air

Pratiques enseignantes

La pédagogie en plein air, c’est plus qu’un changement de décor. C’est surtout un changement de paradigme qui place les élèves au cœur des apprentissages. Et selon le contexte, certains apprentissages s’y prêtent tout particulièrement bien, par exemple en éducation au préscolaire, en arts, en éducation physique et à la santé, en français, en mathématiques, en sciences et technologie, et en univers social.
 
Les raisons principales invoquées par enseignant·es qui optent pour l’enseignement en plein air reposent d’abord sur le souci de pousser les jeunes à renouer avec la nature, de profiter de contextes concrets pour favoriser leurs apprentissages et de bénéficier d’un plus grand espace. Ce dernier facteur est sans doute à mettre en relation avec le contexte de la COVID-19, laquelle a bel et bien entraîné une hausse du nombre de personnes enseignantes ayant recours à l’éducation en plein air.  
 
Cela dit, si la pandémie a en quelque sorte servi de révélateur et démontré la pertinence de l’éducation en plein air, la pratique en elle-même devrait perdurer bien au-delà de la fin des mesures sanitaires. En effet, si parmi les répondants, 23,3 % d’entre eux disent que la pandémie est la principale raison les ayant poussés à opter pour l’éducation en plein air, 84 % d’entre eux affirment vouloir conserver cette approche pédagogique après la levée de l’urgence sanitaire.

Classe plein air

Les défis à l’éducation en plein air

Renouer avec la nature est certes un objectif louable. Surtout quand mère Nature coopère. Par contre, lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises, cela compromet évidemment certains des bienfaits de l’enseignement en plein air. Et c’est le principal défi que doivent relever les enseignant·es, avec les enjeux reliés à l’organisation matérielle, la gestion des élèves et l’accès à des milieux en plein air à proximité.
 
Tous ces défis peuvent être relevés, d’autant mieux que les directions d’école se montrent davantage ouvertes à l’endroit de ces pratiques pédagogiques. Avec un peu d’imagination et d’ingéniosité, les écoles seront en mesure de résoudre la plupart de ces problèmes d’organisation et de gestion. Quant aux conditions météorologiques, prenons exemple sur les Scandinaves selon lesquels i n’y a pas de mauvais temps, seulement des gens mal habillés.

Demain, les classes plein air

Cette recherche de la CRÉPA pave la voie à de nouvelles études qui vont permettre de mieux comprendre les besoins des personnes enseignantes, de mesurer les bénéfices que les jeunes en retirent et, surtout, d’optimiser cette approche pédagogique. Dans quelles situations d’apprentissage l’éducation en plein air apporte-t-elle une valeur ajoutée ? Comment rendre complémentaires l’éducation en plein air et l’apprentissage en classe ? Quelles sont les pratiques d’enseignement qui s’adaptent le mieux aux défis de l’éducation en plein air ?
 
Les classes extérieures sont manifestement promises à de beaux jours, avec ou sans pluie. Et le potentiel de cette approche pédagogique, qui a déjà fait ses preuves, doit encore être exploré, défriché. Il faut encore apprendre comment apprendre dehors. Pour le bien de nos enfants comme aussi celui de leurs enseignant·es !

Classe en plein air

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