Milieu scolaire / Éducation

Sécurité routière autour des écoles secondaires: place aux jeunes!

Sécurité routière autour des écoles secondaires: place aux jeunes!
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

« J’identifie, J’agis dans ma communauté » est un nouvel outil qui vise à développer le pouvoir d’agir des jeunes sur leur milieu de vie, notamment au voisinage de leur école.

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal CEUM vient de publier une fiche pratique qui fait suite à un projet pilote mené, en 2019, à l’école Monseigneur-Richard, dans l’arrondissement de Verdun, et auquel ont participé des élèves de 2e secondaire. Le défi qu’ils devaient relever : briser le cercle de la dégradation de la sécurité routière aux abords de leur école.

Cette problématique est complexe, car il s’agit littéralement d’une boucle de rétroaction négative. Elle fonctionne de la manière suivante : inquiets de la dangerosité des rues, les parents prennent la décision de reconduire leurs enfants en voiture, ce qui accroît le nombre de véhicules et donc les risques d’accident. Si bien que de moins en moins d’élèves se rendent à l’école en transport actif.

Or, au-delà de la perception, il y a des chiffres qui ne trompent pas. Citant une enquête du quotidien La Presse, le CEUM rappelle que, de 2012 à 2018, les zones scolaires ont été le théâtre de 6 038 collisions, un terme que certains préfèrent utiliser à la place d’accidents. Autrement dit, en moyenne au Québec, on dénombre chaque jour 6 collisions en zone scolaire.

Un bel exemple d’urbanisme tactique

Partant du fait que ce sont les jeunes qui utilisent les trottoirs, les pistes cyclables, les rues, les terrains de jeu et les espaces de détente de leur école, le CEUM a donc eu l’idée de les consulter. D’élaborer une démarche afin de recueillir leurs avis et de les accompagner afin qu’ils proposent des solutions. La raison d’être de « J’identifie, J’agis dans ma communauté » est de permettre aux adolescents de façonner leur milieu de vie par l’entremise d’un processus d’urbanisme participatif.

En plus de sensibiliser les jeunes aux notions liées à la sécurité routière et aux déplacements actifs, cette démarche favorise leur passage à l’action. Elle permet de développer leur pouvoir d’agir en les rendant « acteurs » de leur propre sécurité. Et, selon le principe de l’urbanisme tactique, de mettre en place des aménagements éphémères par et pour les jeunes.

À noter que si le projet « J’identifie, J’agis dans ma communauté » vise les jeunes de 12 à 17 ans, les adultes aussi sont bien placés pour identifier les besoins et les problèmes de leur milieu de vie. C’est pourquoi le CEUM a créé, il y a quelques années, le site J’identifie, J’agis pour inciter les citadins à passer à l’action.