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Semaines de la mobilité: 3 nouveaux outils en faveur d’un Montréal qui marche

Semaines de la mobilité: 3 nouveaux outils en faveur d’un Montréal qui marche
François Grenier

François Grenier

JOURNALISTE | 100º

Trois nouveaux outils destinés aux décideurs, aux organismes et aux citoyens, pour la création d’aménagements favorables aux piétons et aux cyclistes, ont été dévoilés lors d’un événement de clôture des Semaines de la mobilité.

Dans son mot d’ouverture, Marianne Giguère, conseillère associée au développement durable et aux transports actifs, a rappelé que l’atteinte des objectifs de la Vision Zéro passait par un changement de paradigme, non seulement au chapitre de la manière dont on conçoit la ville, mais aussi dans la façon de se comporter en ville. Et qu’un tel changement n’était possible qu’avec la participation de tous les acteurs du milieu.

Réaffirmant la volonté de la Ville de revoir le partage de la rue, de diversifier l’offre de transport, d’en accroître l’équité et de veiller à la sécurité de tous les usagers, Marianne Giguère a tenu à souligner l’importance des contributions de tous les groupes et organismes qui œuvrent en matière de mobilité durable, tout en se réjouissant du dévoilement des trois nouveaux outils à l’occasion de cet événement.

Le bon diagnostic pour le bon correctif

Sophie Paquin, professeure au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, a d’abord présenté les grandes lignes d’un nouveau rapport : Étudier nos rues du point de vue des piétons. Ce rapport, chapeauté par la Direction régionale de santé publique (DRSP) et le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), en collaboration avec plusieurs organisations montréalaises, détaille, dans un premier temps, les caractéristiques des trottoirs, des rues et des intersections de 10 territoires de l’île pour ensuite proposer des pistes d’amélioration afin de faciliter la marche et la rendre plus sécuritaire.

Ce rapport est le fruit de la mobilisation de plusieurs organismes qui ont utilisé l’Audit de potentiel piétonnier actif sécuritaire (Audit PPAS) pour caractériser plus de 200 intersections et une centaine de tronçons de rue. Outre les enjeux de santé, de sécurité et d’environnement reliés à la marche, l’accent a également été mis sur deux autres problématiques ; le vieillissement de la population et l’inclusivité. « On doit noter, a souligné Sophie Paquin, que le rapport se compose d’un deuxième volet adoptant une démarche d’urbanisme participatif afin de mieux connaître les perceptions des usagers. »

Piétons et cyclistes, à vos calepins !

Au tour ensuite de Maëlle Plouganou, du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM), de présenter le nouvel outil : J’identifie, j’agis. Publié à l’intention des piétons et des cyclistes, ce guide  vise à les soutenir dans leurs démarches pour documenter et signaler les aménagements qui, à leurs yeux, menacent leur sécurité, afin de réclamer ensuite les améliorations nécessaires. Il a été produit en collaboration avec la Société canadienne du cancer et Vélo Québec.

Le CEUM, a expliqué Maëlle Plouganou, qui souhaitait contribuer de manière originale à l’amélioration du bilan routier, est parti du principe selon lequel les citoyens sont les mieux placés pour identifier les besoins et les problèmes de leur milieu de vie. Et que pour obtenir un changement, il est essentiel d’interpeler les bonnes personnes et de se doter des outils qui permettent de réaliser un suivi du dossier.

La cohabitation des piétons et des vélos

Enfin, Sophie Lanctôt, directrice générale de Société Logique, est venue expliquer la démarche qui sous-tend le projet : Vers une proposition consensuelle pour des aménagements favorables aux piétons et aux cyclistes.D’entrée de jeu, elle a souligné que, parfois, certains aménagements créés en fonction des cyclistes peuvent nuire aux piétons. Mais plutôt que de mettre en opposition les besoins respectifs des deux groupes, l’organisme Société Logique a plutôt choisi d’établir un dialogue entre eux pour mettre en lumière leurs besoins communs. Autrement dit, d’arriver à des consensus sur des critères d’aménagements qui vont conduire à l’élimination des zones de conflits potentiels entre usagers.

Ce projet, réalisé grâce au soutien financier du Service de la diversité sociale et des sports de la Ville de Montréal, a permis de réaliser une première ébauche dont la force réside dans la collaboration entre les différents acteurs. Deux éléments nouveaux ressortent de cet exercice participatif :

  • La lisibilité : Tous les groupes d’usagers doivent être en mesure de comprendre rapidement et intuitivement le parcours qu’ils doivent emprunter et le comportement qu’ils doivent adopter dans telle ou telle situation.
  • La place du parc : Lieu de destination, il est aussi utilisé pour le transit des piétons et des cyclistes et doit donc aussi être aménagé en tenant compte de la continuité des parcours (chaîne de déplacement).

Le mot de la fin

Jeanne Robin, de Vivre en Ville et Piétons Québec, est venue conclure cette série de présentations en se disant enchantée de constater l’ampleur de cette mobilisation en faveur des piétons et des cyclistes. Elle a rappelé que, pendant longtemps, le piéton est demeuré le parent pauvre en matière d’aménagement. Pourtant, la marche est le mode de transport le plus universel, a-t-elle souligné. Celui que l’on pratique le plus souvent tout au long de sa vie. C’est pourquoi on doit se réjouir de l’aboutissement de ces trois projets qui vont contribuer à faire de Montréal une ville en marche.