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Transport actif vers l’école: effervescence en Outaouais

Le 16 octobre 2017

Depuis quelques années, le transport actif a le vent dans les voiles en Outaouais. De plus en plus de partenaires s’unissent pour redonner vie à une habitude qui était pourtant la norme chez les enfants il y a quelques décennies à peine: celle de se déplacer activement, tous les jours, pour se rendre à l’école.

Rassemblés par cet objectif de redonner aux jeunes le goût et la possibilité de marcher ou pédaler tous les jours vers l’école, les partenaires de la Table de concertation pour les saines habitudes de vie en Outaouais ont clairement indiqué cet objectif dans leur plan d’action 2017. Un volet actif a également été développé, en portant une attention particulière à la résolution des obstacles à l’utilisation quotidienne du transport actif par les élèves.

La responsable de la campagne, le service de police de la Ville et une membre du personnel de l’école se mobilisent à l’occasion du Défi Je suis capable ! pour féliciter les élèves arrivant en transport actif à l’école et pour sensibiliser les parents au syndrome de la porte (2017).

Une action concertée

Carl Clements, agent de planification, de programmation et de recherche à la Direction de la santé publique de l’Outaouais : « On voulait reconnaître et rassembler les beaux projets de la région, notamment en matière de promotion du cyclisme. On a voulu faire une approche arrimée et concertée. »

À la Table de concertation, un sous-comité a donc été créé pour aider les écoles intéressées à faciliter le transport actif chez leurs élèves

Carl Clements donne un exemple de la façon dont les projets pourront dorénavant prendre forme. « Disons qu’une école en milieu rural est intéressée par le programme Cycliste averti (NDLR : un programme d’éducation cycliste en milieu scolaire chapeauté par Vélo-Québec). Si le transport se fait majoritairement en auto parce qu’on est en campagne et que les distances sont importantes, le projet de la Caravane vélo pourrait venir en renfort avec sa remorque de 30 vélos pour les élèves de 5e et 6e année. »

transport actif vers l'ecole

Une animatrice de la formation Piéton averti enseigne aux élèves du 2e cycle du primaire la signalisation autour de l’école (2017).

Une réelle effervescence dans la région

« Ça fait longtemps que je travaille le dossier du transport actif, dit Carl Clements. Ça bouge beaucoup ces temps-ci ! D’une part, la ville de Gatineau veut redevenir la capitale du vélo, comme dans les années 80. Les budgets ont augmenté. Les élus sont derrière ça. D’autre part, il se passe des choses intéressantes dans le milieu rural. » Il cite en exemple la MRC Pontiac qui a été la première à soumettre une demande de candidature pour être reconnue « Vélo sympathique ».

Même son de cloche du côté de Marion Maurin, chargée de projets en transport durable et communication chez MOBI-O, un organisme sans but lucratif qui se consacre à la mobilité durable : « La Ville de Gatineau nous a mandatés pour superviser la continuité du projet “À l’école, à pied ou à vélo, je suis capable !” qui a été un réel succès l’an dernier », raconte-t-elle.

transport actif vers l'école

Une élève du primaire se voit recevoir son macaron, afin de la féliciter d’être venue en transport actif à l’école et de l’encourager à poursuivre cette bonne habitude (2016).

Un projet porteur

En plus d’agir sur la gouvernance du projet avec un comité consultatif, MOBI-O contribue également à des activités de formation, de mobilisation, de sensibilisation, de recrutement et d’accompagnement. Objectif : que davantage d’élèves du primaire se rendent à l’école à pied ou à vélo.

Les bienfaits du transport actif vers l’école sont multiples, rappelle Marion Maurin : « La concentration en classe, la socialisation, l’adoption de saines habitudes de vie, le sentiment de sécurité et d’appartenance et la diminution de la congestion autour de l’école ne sont pas à négliger. »

L’année dernière, grâce à « À l’école, à pied ou à vélo, je suis capable ! », 500 enfants ont été formés à devenir des piétons avertis et 2000 d’entre eux ont été sensibilisés aux bienfaits du transport actif. « On a observé un transfert modal de 36 % des jeunes, c’est-à-dire 36 % des jeunes qui venaient en auto avec leurs parents et qui maintenant optent pour le transport actif », se réjouit Marion Maurin.