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5 étapes pour mettre en place un jardin scolaire

Le 19 novembre 2018

Les jardins pédagogiques ont le vent dans les voiles depuis quelques années au Québec. Toutefois, les porteurs de telles initiatives doivent faire preuve de motivation et de ténacité pour parvenir à leurs fins, tout en franchissant les étapes du projet une à la fois. 

Voici le cheminement recommandé par Karine Lévesque, auteure du récent livre De l’école au jardin – Guide de jardinage pédagogique en milieu scolaire.

1. Définir l’objectif du projet et la clientèle visée

Il est essentiel de bien définir par écrit et en équipe les objectifs du projet et de préciser sa mission première, par exemple : augmenter la motivation scolaire des élèves, animer des classes extérieures, développer le lien école-communauté, etc.

Ce travail préalable permet de convaincre l’établissement scolaire de la valeur d’un jardin pédagogique, mais aussi d’inciter les élus municipaux et les organismes communautaires à appuyer le projet. Ce document facilite également la rédaction des demandes de subvention.

2. Choisir le bon emplacement

Voici les points qu’il faut considérer prioritairement quand vient le temps de déterminer l’emplacement d’un jardin :

  • le terrain et le sol : culture en sol ou hors sol ? Terrain plat ou en relief ?
  • le soleil : privilégier l’orientation vers le sud ;
  • l’eau : s’assurer que l’accès à l’eau est facile ;
  • le vent : favoriser une orientation nord-sud ou prévoir une haie de framboisiers ou de petits arbres fruitiers ;
  • les arbres: prévoir un espacement de 5 m entre le potager et les arbres.

3. Trouver les bons partenaires

Pour faciliter la mise en place d’un jardin pédagogique, vous aurez besoin de partenaires pour vous soutenir sur le plan éducatif, technique ou financier. Un partenariat varié permet de non seulement s’entourer de personnes qualifiées qui pourront apporter d’autres idées, mais aussi de libérer l’enseignant qui gère le projet de certaines tâches.

Les organismes œuvrant en agriculture urbaine comme les écoquartiers ou ceux qui favorisent la réussite éducative et la pré-employabilité sont de bons partenaires potentiels, car ils seront sensibles aux objectifs et à la mission du projet. Les élus municipaux peuvent également être sollicités.

4. La sélection des variétés et le choix des semences

Le choix des variétés sera déterminé par les différents objectifs du projet.

  • Pour un jardin à caractère éducatif, privilégier les variétés colorées, étranges et impressionnantes, qui susciteront de l’émerveillement.
  • Pour un jardin productif, privilégier des variétés qui permettent plusieurs récoltes durant l’été, par exemple la betterave, la carotte et les laitues.
  • En ce qui concerne les semences, il faut choisir entre des semences conventionnelles et biologiques, un peu plus coûteuses.

5. Bien établir son budget

Le budget varie bien sûr en fonction du type de jardin pédagogique souhaité. Le démarrage du projet peut inclure les dépenses suivantes (prix indicatifs seulement) :

  • Analyse du sol : entre 500 $ et 2000 $
  • Location d’outils (détourbeuse, rotoculteur) : 200 $ par jour
  • Compost pour amender la terre : 1000 $
  • Achat d’outils (brouette, grelinette, arrosoir, pelle ronde, pelle carrée, bêche, genouillères, sécateur, etc.) : 1000 $
  • arbres fruitiers : 1300 $
  • matériel de semis et semences : 1000 $

Les coûts d’un jardin scolaire peuvent être minimes si l’on fait appel à des dons, si on récupère des matériaux et du bois ou encore si l’on recrute de la main-d’œuvre bénévole (parents, grands-parents, voisins, etc.).

Ces conseils sont tirés du livre De l’école au jardin – Guide de jardinage pédagogique en milieu scolaire, écrit par Karine Lévesque et publié aux éditions Écosociété.