Milieu scolaire / Éducation

Persévérance scolaire: prévenir le décrochage des jeunes en alliant technologie et alimentation locale

Persévérance scolaire: prévenir le décrochage des jeunes en alliant technologie et alimentation locale

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Par le soutien qu’il apporte aux communautés locales, que ce soit via ses appels de projets ou les parcours Impulsion, 100° est fier d’encourager l’émergence d’initiatives innovantes aux quatre coins du Québec. Cette semaine, zoom sur un projet qui conjugue avec brio l’enseignement des sciences, l’initiation à l’agriculture et la réinsertion sociale: le programme AgriLab de l’école secondaire La Passerelle, dans le quartier Rivière-des-Prairies à Montréal.

Geneviève Rajotte Sauriol

Geneviève Rajotte Sauriol

RÉDACTRICE ET CONSULTANTE EN COMMUNICATION RESPONSABLE

alimentation locale école

Qu’obtient-on lorsqu’on combine jardinage, robot et imprimante 3D ? « Le cours de science le plus hot que j’ai jamais eu ! », lance un élève de Julie Rivest, enseignante en sciences et technologies à l’école La Passerelle. Les jeunes de sa classe ont en effet assemblé FarmBot, un robot qui arrose des laitues, en plus d’imprimer des pots destinés aux fines herbes qu’ils font eux-mêmes pousser.

La Passerelle est une école secondaire qui accueille des garçons de 13 à 17 ans placés sous la Loi sur la protection de la jeunesse et des jeunes contrevenants. Trois enseignants passionnés et dévoués, dont Julie Rivest, ont mis sur pied Agrilab, un incroyable projet multidisciplinaire autour de l’alimentation locale et de la techno, dans lequel la direction a tout de suite embarqué.

Il n’y a pas que dans le cours de science que les jeunes de l’école La Passerelle touchent à l’agriculture. En français, les élèves rédigent des fiches sur la provenance des légumes et la façon de les cuisiner. Dans leur atelier de menuiserie, ils construisent des bacs à jardinage et en arts, ils s’affairent à la promotion du projet.

Côté cuisine, l’approvisionnement en aliments québécois de La Passerelle frôle désormais les 90 % grâce à des partenariats établis avec des fournisseurs locaux, ainsi que par la production du jardin de l’école. Celui-ci est entretenu en partie par les jeunes, qui y cultivent pas moins de 40 variétés de fruits et légumes. Une serre hydroponique devrait venir compléter le tout et assurer une plus grande autonomie alimentaire tout au long de l’année.

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Des bénéfices sur la santé physique et mentale

« Les jeunes trouvaient qu’ils mangeaient toujours la même chose, raconte Danielle Richard, enseignante en cuisine. Alors on a commencé par intégrer une collation santé et locale par semaine, en plus d’une salade découverte par mois. On est dans un milieu défavorisé : les élèves ont parfois peu d’argent et de connaissances pour cuisine, et peu d’ouverture face aux nouveaux aliments. On travaille donc sur tous ces aspects avec eux, du jardinage à la cuisine, en passant par la provenance des aliments et les saines habitudes de vie. » 

« Plusieurs des garçons ici sont aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de graves troubles de comportement, ajoute cette enseignante passionnée, qui ne compte pas ses heures de travail. On constate à quel point le jardinage peut avoir des effets bénéfiques sur eux. Ça peut être grâce au contact physique des mains dans la terre, au fait de se concentrer sur une tâche minutieuse comme planter des graines une par une, ou juste au fait de passer du temps dehors dans le jardin. Le jardinage a un effet sur le côté moteur et cognitif, ça stimule l’émerveillement. »

« En ajoutant à ça le volet technologie, on motive nos élèves à poursuivre leurs études, parce que c’est vraiment un domaine qui les intéresse. Puis, c’est rare que des jeunes d’un milieu défavorisé ont accès à une technologie de pointe, ils se sentent privilégiés ! », explique sa collègue Julie Rivest. Avec Agrilab, non seulement ils développent des connaissances, mais ils vivent aussi des réussites.

Un trio d'enseignant engagés: Pascal Tremblay, Danielle Richard et Julie Rivest,.

Une porte d’entrée vers la sortie

La Passerelle prépare aussi les jeunes à leur entrée sur le marché du travail. Tout un défi, car n’y entre (ni sort) pas qui veut ! C’est pourquoi Danielle Richard a mis sur pied un magasin supervisé. Les semis, les pots de fines herbes et les bacs de jardinage y sont mis en vente, à côté de conserves cuisinées à partir des légumes invendus d’un fermier de famille partenaire.

Les garçons peuvent ainsi faire un stage qui inclut le service à la clientèle, l’utilisation de la caisse et le facing, le tout supervisé par le Carrefour jeunesse-emploi. Décidément, le projet Farmbot a réussi à mobiliser toute une communauté !

pousses en pot

Petit jardin deviendra grand

Si les deux enseignantes avaient un conseil à donner aux écoles qui souhaitent se lancer dans une aventure de jardinage, de techno et/ou d’approvisionnement de proximité, ce serait de commencer petit, au lieu de se lancer tout de suite dans un immense projet.

« Ça peut être avec une classe test ou avec une salade par mois. C’est moins décourageant et ça permet d’avoir des bases solides pour ensuite rêver plus grand. »
L’exemple de La Passerelle risque de convaincre n’importe quelle école qu’il n’y a pas de limite à étendre l’alimentation locale à toutes les sphères de la vie scolaire !

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