MRC des Pays-d'en-Haut

Des légumes contre l’isolement et l’insécurité alimentaire

Le 9 septembre 2016

Jardins communautaires, collectifs, solidaires… autant de façons, anciennes et nouvelles, de reprendre possession de la terre, autour de la culture de fruits et légumes. De plus en plus, et de mieux en mieux, des espaces autrefois laissés en plan sont désormais utilisés pour nourrir les populations partout au Québec.

Dans les Laurentides, les jardins sont en plein bouillonnement. Danièle Savoie, coordonnatrice en sécurité alimentaire au Conseil régional de développement social des Laurentides (CRDSL) explique la différence entre les types de jardins :

« On connaît les jardins communautaires depuis longtemps : chacun a un petit lopin qu’il cultive et les récoltes lui reviennent. Dans un jardin collectif, on cultive un grand bout de terre tous ensemble et les récoltes sont réparties entre tous ceux qui ont travaillé. À l’opposé, les jardins solidaires sont des endroits où les denrées ne vont pas nécessairement aux gens qui ont travaillé dans les jardins, mais bien à ceux qui sont dans le besoin, par le biais d’organismes en aide alimentaire ou de cuisines collectives. »

Un jardin collectif dans les Pays-d’en-Haut

Tous ces types de jardins existent dans la région des Laurentides. Dans la Municipalité régionale de comté (MRC) des Pays-d’en-Haut, un jardin collectif chapeauté par le Carrefour Jeunesse-Emploi (CJE) est né en 2012. Danièle Savoie a vu de près la naissance de ce lieu. Les 18-35 ans y sont invités à cultiver un espace où ils trouveront bien plus que des produits alimentaires. On y apprend la conception, l’entretien, la récolte et la transformation des fruits et légumes. Et pendant que poussent les carottes et les tomates, des liens d’attachement se tissent, tout naturellement, entre les jeunes et les intervenants.

Danièle Savoie a aidé les organisateurs à faire des liens avec la municipalité et à créer des protocoles de base qui pourront être suivis maintenant et dans le futur.

« Dans la MRC des Pays-d’en-Haut en particulier, il n’y a pas de producteur ni de transformation. Pour contrer les problèmes de sécurité alimentaire, l’idée, c’est d’aller voir si des commerces ou des hôtels gaspillent des denrées. Après vient la création du jardin. »

De la redistribution à la création

Le plus grand défi, selon Mme Savoie, est de s’adapter à différents environnements. Elle donne l’exemple de Mirabel, où il existe de nombreux producteurs maraîchers.

« Avant de produire plus, il faut aller voir : y a-t-il du gaspillage? Si oui, on peut redistribuer les denrées. »

Elle cite au passage les différentes initiatives mises en place dans la région pour contrer l’insécurité alimentaire : des jardins offrant de l’horti-thérapie à Saint-Jérôme, des jardins collectifs à Val-David, des plates-bandes potagères dans la ville de Rosemère…

« Il y a dans les Laurentides une réelle effervescence autour de tous les types de jardins », ce qui augure certainement bien pour l’avenir.