SYSTÈMES ALIMENTAIRES

Gaspillage alimentaire: plus de 40 tonnes de nourriture perdues chaque seconde dans le monde!

Le 31 mai 2018

La Fondation Louis Bonduelle a récemment publié un livre électronique qui fournit une foule d’informations sur la situation du gaspillage et des pertes alimentaires au niveau planétaire. Survol d’un enjeu mondial qui engendre des coûts directs et indirects faramineux.

En 14 pages bien illustrées, cette publication numérique fait le tour de la question, dont l’ampleur menace, à l’horizon 2050, la disponibilité des aliments et la préservation des ressources à l’échelle mondiale. Les nombreuses informations fournies peuvent de plus être approfondies en un clic, grâce aux nombreux liens inclus dans ce document interactif.

Des chiffres astronomiques

Comme le montre l’illustration ci-dessous, les conséquences environnementales du gaspillage et des pertes alimentaires sont énormes. Pas étonnant, puisque 1,3 milliard de tonnes de denrées connaissent ce sort, soit 1 tiers des aliments destinés à la consommation humaine.

Quelques autres chiffres en rafale :

  • 750 milliards de dollars par an = coûts directs.
  • 99 milliards de dollars par an  = coûts en dépense d’énergie
  • 3,3 milliards  d’équivalents CO2 par an = émissions de gaz à effet de serre.
  • 100 US $ = coût annuel du gaspillage dans les foyers belges
  • De 1365 $ à 2275 US $ = coût annuel du gaspillage dans les foyers américains
  • 137 kg = quantité annuelle d’aliments gaspillés par personne en France, excluant les pertes induites lors de la production agricole et celles générées par les industries agroalimentaires.

Objectif mondial de réduction du gaspillage : – 50 % d’ici 2030

La synthèse de la Fondation Louis Bonduelle met aussi l’accent sur les mobilisations nationales et internationales en cours pour enrayer cette tendance aux conséquences désastreuses. Ainsi, tant aux États-Unis qu’au Canada et dans l’Union européenne, on vise une diminution de 50 % des pertes et du gaspillage alimentaire d’ici 2030.

« La Terre comptera 2,3 milliards d’habitants en plus d’ici 2050 et l’augmentation des productions ne suffira pas si le taux de gaspillage se maintient au niveau actuel. » Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

De façon générale, ce sont les consommateurs qui contribuent le plus au gaspillage alimentaire. Voilà pourquoi le Parlement européen appelle les gouvernements à prendre diverses mesures, par exemple au chapitre de l’étiquetage des aliments, afin de :

  • sensibiliser les consommateurs pour que ceux-ci comprennent la signification des mentions « À consommer de préférence avant le » (date de durabilité minimale1) et « à consommer jusqu’au » (date limite de consommation)2;
  • évaluer les bénéfices potentiels du retrait de certaines dates sur les produits qui ne présentent aucun risque pour la santé et l’environnement.
Escouade antigaspillage du verger Wilmont

Des initiatives locales, nationales et internationales

Devant l’urgence d’agir, plusieurs initiatives ont vu le jour. Parmi les projets d’envergure, la Fondation Louis Bonduelle mentionne GreenCook qui, depuis 2010, réunit une douzaine d’associations, de collectivités et d’entreprises de 5 pays européens autour de la réduction du gaspillage alimentaire.

Autre exemple : en France, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a notamment produit des infographies qui ne manquent pas d’originalité dans le cadre d’une campagne de sensibilisation.

Ce qui attend notre planète ne ressemble toutefois pas à un conte de fées, mais bien à un chantier d’envergure qu’il faudra financer et mener à bien.

Pour télécharger le livre Comment éviter le gaspillage alimentaire

Note. La Fondation Louis Bonduelle, qui suit de près le dossier du gaspillage alimentaire, a également produit les documents suivants :

1. Équivalent de la mention «Meilleur avant» au Canada.
2. Le Conseil national zéro déchet du Canada vient tout juste de publier une proposition de stratégie qui inclut également une clarification de ces termes dans le but de réduire le gaspillage